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Avec ses cheveux bouclés, son sourire angélique et sa silhouette élancée, Lévi Doré dégage une bienveillance juvénile de « bon petit garçon ». Celui qui fait ses devoirs le soir et qui prend ses vitamines le lendemain matin.
Une power pose corpo-LinkedIn, deux casques de réalité virtuelle et un éclairage néon bon marché dans une salle de conférence de l’hôtel WelcomInns de Boucherville suffisent toutefois pour transformer l’ex-Chouchou en jeune tech bro carnassier sur le plateau de tournage de Futuro, le nouveau long métrage d’Alec Pronovost. Aussi efficace qu’impressionnant :
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« [Le personnage de] Vincent, c’est un p’tit enfoiré. Un genre de Mark Zuckerberg de la Rive-Sud de Montréal avec un petit côté Kevin. Il est très arrogant. Très frondeur », illustre Lévi Doré.
Futuro raconte l’histoire de deux jeunes entrepreneurs qui se rendent dans un congrès pour y présenter une expérience de réalité virtuelle qui saurait prédire l’avenir de ses utilisateurs. En plus de Lévi Doré, on y retrouvera Louis Carrière, Étienne Galloy, Sophie Cadieux et un paquet d’autres visages habitués de nous faire rire. Pour sa dernière journée de tournage, l’équipe a ouvert ses portes à URBANIA pour parler de nouvelles technologies, de l’éternelle quête du succès, et d’indépendance créative.
« Sur les réseaux sociaux, on a l’impression que tout le monde vit une vie de rêve », confie Étienne Galloy, qui porte aussi le chapeau de coproducteur du film avec Alec Pronovost et Laura Michaud. « On est bombardés de discours sur comment devenir riche en moins de 24 heures. Futuro est une comédie dramatique, mais le sujet est sérieux et, surtout, pertinent. C’est le fun à incarner à l’écran. »
Le film aborde d’ailleurs des thématiques similaires à celles de sa série sur les boissons énergisantes, notamment l’éternelle course au succès. « C’est quelque chose qui interpelle tout le monde, moi y compris. C’est une pression qu’on se met au quotidien. Je mentirais si je te disais que ça ne m’aide pas à avancer, mais, malgré ce que font miroiter les algorithmes, la valeur humaine ne se résume pas qu’à ça », philosophe Pronovost.
Doré vante la collégialité et l’esprit de famille qui règne sur le plateau : « C’est pas juste professionnel. On est amis aussi. Je joue au hockey avec Alec. Pis Sophie Cadieux jouait ma mère dans Chouchou. Tout est interconnecté. »
« On était une petite équipe très solidaire, avec beaucoup d’entraide. Je pense que la camaraderie va transparaître », affirme Louis Carrière, qu’Alec Pronovost a découvert en 2018 pendant un match d’impro. « Alec a le don de transformer une équipe de travail en gang de chums. On se sent protégés par cette atmosphère-là. »
Sur le plateau, ce qui se dégage, c’est avant tout cette vision très personnelle du succès qu’incarne l’équipe dirigée par Pronovost, où plaisir et fierté du travail bien fait triomphent sur toute forme de réussite mesurable.
Tout comme Romain F. Dubois l’a fait pour son court-métrage primé à Cannes Skinny Bottines, Alec Pronovost n’a pas attendu que des institutions le financent pour aller de l’avant avec son projet.
« C’est un autre chemin qu’on a pris. Ça donne plus de souplesse dans l’exécution. On est pas bloqués par les institutions. On a pas à répondre à personne. C’est la qualité du projet qui nous guide », explique le réalisateur.
« Un des excellents conseils qu’il m’a donnés, c’est de prendre toute l’aide disponible. Tout ce qui m’est offert. Que c’est pas tout seul que je vais tout faire arriver », raconte Pronovost.
Futuro prendra l’affiche quelque part en 2027, sans doute après avoir fait le tour des festivals. Allez-y pour les blagues de tech bros et le heel turn de Lévi Doré, mais restez pour ce regard frais et sans compromis d’une bande de jeunes créateurs sur les maux de notre époque.
« C’est assez différent de ce qu’on a l’habitude de voir. C’est pas une comédie classique », promet Louis Carrière.
Je le crois sur parole ; cette différence, on la sent déjà.
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Projet indépendant autoproduit, distribué par Entract Films (qui agit aussi comme producteur exécutif), le scénario profite de la touche pince-sans-rire et délirante d’Alec Pronovost, malgré des moyens plutôt humbles. On y retrouve le petit côté « monde parallèle » qui avait fait de J’adore le jus l’ovni télévisuel le plus rafraîchissant de 2024.
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À 32 ans seulement, le scénariste et réalisateur affiche une feuille de route fort enviable. Fraîchement adoubé de son premier Bye Bye, il compte aussi à son CV les séries Agence Brainsto, Complètement Lycée et la réalisation du très populaire Club Soly. Il s’est aussi bâti une réputation enviable auprès des comédiens avec qui il travaille. Louis Carrière, Lévi Doré et Étienne Galloy ont tous affirmé qu’il était la raison principale pour laquelle ils avaient accepté de se joindre au projet.
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Pronovost et Galloy s’entendent pour dire que l’autoproduction est devenue une variable à prendre en compte dans le processus créatif. Qu’elle porte une culture à l’identité forte et originale. « Pour nous, c’était essentiel de conserver un certain contrôle créatif sur nos projets. Parfois, avec les contraintes actuelles, on essaie surtout de plaire aux institutions pour obtenir des enveloppes budgétaires. Alec le dit lui-même : si nous avions travaillé avec une plus grosse boîte de production, on nous aurait probablement obligés à passer par le processus classique de la SODEC et de Téléfilm. Nous, on a décidé de foncer. De le faire nous-mêmes et de se débrouiller », affirme Galloy.
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Historiquement, il y a plusieurs parallèles à faire entre la quête du succès dans le monde des affaires et au cinéma. Notamment, que le talent et l’argent y sont la plupart du temps réunis à travers le compromis créatif, ce que l’équipe a refusé de faire, optant plutôt pour la débrouillardise et la collaboration. Éric K. Boulianne, un autre vétéran du cinéma indépendant québécois, a d’ailleurs servi de mentor pour le projet.
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