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J’ai vécu le grand bal de Noël Harry Potter à votre place

Valser autour de la Coupe de feu.

Par
Hugo Meunier
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J’ai fait une rechute.

Je pensais pourtant avoir eu ma leçon avec l’expérience Bridgerton.

Visiblement masochiste, je me suis laissé entraîner jeudi soir au bal Harry Potter, autre évènement immersif approuvé par Wizarding World et organisé par la compagnie Fever, également derrière les concerts aux chandelles dont les promos inondent vos fils Facebook.

C’était surtout une occasion de vivre un moment de qualité avec ma fille Simone, fan finie d’Harry Potter, qui a écouté les films aussi souvent que mon boss Philippe a vu Cougar BDSM 6 et Real Milf Motel Fun 3.

J’y suis retourné avec la même gang que la fois précédente, vous vous souvenez, la famille de mon ami Ben du secondaire, celui qui a huit enfants et qui est surnommé le « Starbuck des Basses-Laurentides ».

Bref, je vais vous raconter tout ça.

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Mais d’abord, un avertissement : ce compte-rendu renfermera – sans surprise – plusieurs jeux de mots vaseux en lien avec l’univers d’Harry Potter.

Installez-vous donc confortablement, imaginez le petit jingle du début de film dans vos oreilles et ALOHOMORA! (Ça, c’est le sort pour ouvrir une porte verrouillée. Oui, ça va être ça tout le long.)

La vie est courte, il ne faut pas avoir peur du RIDICULOUS pour lire ça (ok, je me calme).

Place au bal!

Le froid est mordant un peu avant 21 h en face du Salon 1861, une église reconvertie du sud-ouest de la ville, revampée pour l’occasion à la sauce Rowling (sans gras – ou gars – trans, évidemment).

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À travers les accoutrements d’hiver de la file grelottante, on perçoit des capes et autres artéfacts de Poudlard dépasser.

Simone porte des vêtements aux couleurs de Serpentard et a en main sa baguette (magique pour vrai) qui fait de la lumière. J’ai pour ma part commandé une cape sur Amazon, grâce à laquelle je personnifie fièrement la version Wish de Lucius Malefoy, moins les cheveux et la prestance et avec une barbe. J’ai aussi une baguette homemade, gracieuseté de Simone.

« Je me sens assez petite… », lâche sur ses gardes ma fille, seule enfant au milieu d’adulescent.e.s nostalgiques.

L’événement s’adresse aux douze ans et plus. Simone n’en a que dix ans, mais hop! Une petite shot de Polynectar et le tour est joué.

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Pendant qu’on se les gèle en attendant les autres, deux jeunes filles avec des manteaux de fourrure coupent la file en agitant leur billet Premium au nez de l’employé. Non, La Ronde, nos hôpitaux et nos écoles n’ont pas le monopole d’un système à deux vitesses (oui, c’est un texte engagé).

En même temps, pour 130 $ la passe Premium, on peut bien leur laisser ce privilège, ça et un sac cadeau rempli de gogosses qui finiront leur vie ensevelies sous la poussière au fond d’un tiroir dans le temps de crier Stupéfix!

Déjà que l’événement n’est pas à la portée du commun des moldu.e.s. Une entrée standard pour un adulte est d’environ 90 $ (ou trois gallions d’or et des poussières de mornilles si vous passez à la banque Gringotts). Pour les enfants, c’est 70 $.

Une somme qui donne furieusement envie de s’auto-envoyer le sort Oubliette en pleine face.

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Nos ami.e.s arrivent enfin, la plupart sapé.e.s pour l’occasion. Anne-Marie, Mélyna et Gabrielle ont mis de belles robes, Xavier et Ben ont fait un effort notable, Maïka se contente d’une attelle après s’est pété la gueule dans une compétition et Alexis (le chum de Gab) en jette avec son manteau de fourrure style Viktor Krump débarquant dans la grande salle avec l’oeil du tigre, talonné de ses camarades de Durmstrang. Il sent un peu le weed aussi. Soirée magique jusqu’au bout.

On pénètre donc parmi une foule compacte dans l’église à travers une jolie arche en sapin, rehaussée d’un hibou. Un dur rappel que je n’ai jamais reçu la moindre lettre d’admission de ce rapace de malheur pour étudier à Poudlard. En même temps, je me console en me disant que le Choixpeau m’aurait certainement envoyé dans la maison de Serdaigle, ou pire, avec les Poufsouffle, qui doivent se lever la nuit dans leur dortoir pour haïr Harry Potter et ses deux ami.e.s téteux de profs (sauf Rogue).

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Après le vestiaire, on débouche à l’étage supérieur, sorte de mezzanine ceinturant une grande salle où se déroulera le bal. Mais pas tout de suite. Là, on nous invite d’abord à faire le tour des quelques kiosques de merch Harry Potter. Bas de Noël à 32 $, Chocogrenouille à 11 $, coton ouaté à 100 $, baguette magique à 60 $ : les gens flânent une petite demi-heure dans ce marché aux puces ésotérique. « Faut financer J.K. Rowling! », raille mon filleul Xavier, qui n’est pas dupe.

Au moins, la décoration est à couper le souffle et l’organisation a mis le paquet pour reconstruire la grande salle de Poudlard, en lien avec le bal de Noël d’Harry Potter 4 (avant la fin du tournoi et la mort d’Edward Cullen, tué par le loup-garou musclé. Me semble).

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Simone a un sourire estampé dans le visage, et c’est pas mal tout ce qui compte au fond.

Dobby et la Coupe de feu

Une longue file s’allonge au bar, situé à l’ombre de l’orgue grandiose. Les cocktails sont bien sûr thématiques. On commande une bièraubeurre pour les enfants, j’opte pour « Le médaillon de Salazar Serpentard », un drink vert fluo à 14 $.

Pour tuer le temps, on peut télécharger des questions Trivia sur des codes QR éparpillés dans la pièce. Des questions niaiseuses pour probablement 99,9 % des gens présents.

« Qui accompagne Hermione au bal? »

Duuuuhhhh!

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Yo, l’organisation, vous vous adressez à des fanatiques qui sont capables de te réciter en ordre alphabétique le signe astrologique de tous les Weasley…

Des passionné.e.s comme Camille Lussier, qui a mis le paquet en se pointant avec son costume de Dobby, l’elfe de maison. « C’est un trip entre amis très nostalgique. On s’est liés d’amitié lors d’un quiz au Randolph. C’est fou comment Harry Potter crée des liens! », s’enthousiasme Camille alias Dobby, qui n’a vraisemblablement aucune idée de l’assassinat qui l’attend dans trois films aux mains de Bellatrix Lestrange.

Oh! Qu’entends-je? Des trompettes?!?

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Au milieu de la salle de bal, quelqu’un allume la Coupe de feu, marquant le début du bal. La musique du cours de danse de la professeure McGonagall envahit la pièce, pendant que deux employé.e.s (comédien.ne.s?) déguisé.e.s montrent l’exemple.

« On va danser! », lance Alexis AKA Viktor Krum, qui lance le bal.

Une flamme bleutée scintille au milieu de la Coupe de feu, trônant à une extrémité de la piste de danse. Celle-ci est encerclée par des armoiries des quatre maisons, devant lesquelles les sorciers et sorcières peuvent aller s’immortaliser selon leurs allégeances.

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À travers quelques chorégraphies, un semblant d’histoire semble se profiler, in english only. Il y a bien sûr des séances en français, mais notre organisatrice en cheffe, Gabrielle, a lu les petits caractères en diagonale en achetant les billets.

« Je comprends pareil », me rassure Simone, génie linguistique de la famille.

Le scénario n’est pas sorcier (ho-ho) non plus et se résume en : allez mettre vos noms dans la Coupe de feu pour être choisi au tournoi des trois sorciers, dansez parce que vous êtes ici pour ça et achetez des bretzels ou des queues de castor à 11 $. « Pour un gars qui vient de fumer, le trip de bouffe n’est pas bon… », analyse Alexis, avant de tirer Gabrielle sur le plancher de danse pour valser un brin.

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Des employé.e.s/comédien.ne.s (non, ça ne sera jamais clair) sympathiques improvisent des leçons de danse on the spot. Simone et Maïka en profitent et s’amusent comme des enfants qui veillent tard même s’il y a de l’école le lendemain.

Après une heure, on est allé.e.s au bout de la portion valse de la soirée.

Dobby et ses ami.e.s s’amusent, au moins. L’une d’entre eux, Frédérique, vient justement de sortir un premier balado entièrement consacré au sorcier orphelin balafré.

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22 h 30, j’ai hâte que ça finisse. Plus qu’une demi-heure avant d’utiliser le Portoloin jusque dans mon lit. Ma fille et Maïka sont disparues. J’imagine qu’elles ont trouvé la cape d’invisibilité pour aller espionner Hagrid en train de faire des choses toujours un peu louches.

Anne-Marie pige dans les patates frites à 6 $ de Xavier sur le bord du dance floor. « J’aimais mieux Bridgerton, il y avait plus de trucs à faire. En plus de ça, il n’y a pas de vin ici », commente-t-elle à chaud à défaut d’être chaudaille.

Pour Xavier, qui se tape les films sur une base régulière en avion en se rendant à ses compétitions de patin (il est bon de même), la soirée se déroule sous le signe de la nostalgie, comme il s’y attendait.

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En retrait, le pauvre Ben utilise la baguette magique de Simone pour extirper un souvenir de sa tête sans même le déposer dans la pensive. « Je veux effacer cette soirée de ma mémoire », résume-t-il, de très mauvaise foi.

Après la désormais célèbre split d’Alexis au milieu de la haie d’honneur, la valse prend le bord et le plancher de danse se transforme en Fuzzy de Laval en 2002. « Lumos! », s’exclame la salle d’une seule voix pour faire « magiquement » alterner les couleurs des projecteurs selon les maisons d’Harry Potter.

Lil Nas X, Ellie Goulding, Dua Lupa et même Corrine des Trois Accords : le party est pogné pour écouler les dernières minutes de la soirée.

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Lorsqu’un train s’ébranle autour du plancher de danse, je combats l’envie de lancer des « Avada Kedavra » sur tout ce qui bouge (sauf ma fille).

Ce projet très Serpentard est interrompu par l’annonce des champions, tel que décidé (mouin) par la Coupe de feu.

Pour l’ensemble de son œuvre, Alexis est choisi pour représenter la maison de Serpentard. Dobby et un mangemort aussi, ce qui n’a pas de bon sens quand on y pense.

La soirée se termine sur le coup de 23 h. Après les accolades d’adieux avec la gang à Ben, je reprends la route avec Simone, qui n’arrête pas de parler en se trouvant full bonne de se coucher tard.

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J’agrippe subtilement d’une main ma baguette magique sur la banquette arrière, avant de la pointer sur ma fille : « Silencio! »

Pendant que Simone dort dans le siège passager, je profite du reste du trajet pour décompresser.