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Hudson Williams et les sorcières
La série de Kat Sandler « Yaga » s’annonce comme le meilleur mystère de l’automne.
En début d’année, Hudson Williams et Connor Storrie étaient partout.
Quand je dis partout, c’est PARTOUT. À la télé comme sur Internet, leurs visages angéliques (et leurs corps ciselés) ont colonisé les algorithmes à vitesse grand V et transformé deux illustres inconnus en superstars en l’espace de quelques semaines grâce à la fièvre Heated Rivalry. Ce fut un véritable coup de foudre culturel.
C’est donc sans surprise que Hudson Williams revient au petit écran avant la fin de l’année, cette fois-ci dans Yaga, une série d’horreur (rien de moins) signée par la dramaturge canadienne Kat Sandler. Quelques mois après que Backrooms et Obsessions aient rempli les salles de cinéma, voir un des acteurs de l’heure s’essayer à un genre qui fait courir les foules, c’est dans l’ordre des choses.
Ce qui n’est pas dans l’ordre des choses, c’est le très haut niveau de qualité de Yaga. À cheval entre les codes classiques de l’horreur et une originalité qui s’exprime avec des choix audacieux, on y retrouve à la fois le charme des mini-séries de Mike Flanagan et des personnages mystérieux et séduisants qui gardent les petits moments aussi intéressants que les événements cruciaux.
Bref, Hudson Williams et ses pectoraux ont du flair.
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Double dose de bogossitude
Yaga raconte l’histoire de la disparition de Henry Park, le jeune héritier d’un empire de pêche commerciale dans un petit village côtier. Charlie Rapp (Noah Reid) est un enquêteur privé dépêché sur place par la famille, puisque les autorités locales ne considèrent pas encore Henry comme disparu. Rapp fait la rencontre d’une flic solidement à cheval sur ses principes (Clark Backo), d’un double du jeune disparu qui est aussi son coloc (Hudson Williams x2) et d’une professeure gothique qui a toutes les allures d’une sorcière (Carrie-Anne Moss).
Si Yaga se la jouait 100 % sérieux à la Flanagan ou iconoclaste à la Widow’s Bay, elle ne serait qu’une imitation locale d’un plus grand phénomène culturel. Ce qui la rend aussi vivante, c’est qu’elle se situe quelque part entre les deux.
D’abord, on a le disparu, Henry Park, qui vit en colocation avec son sosie, et tout le monde trouve ça normal. S’il avait fait partie d’une galerie d’hurluberlus locaux, l’idée aurait été convenue. Sauf que cette double dose de Hudson Williams est une anomalie dans un portrait d’une petite ville autrement très classique que tout le monde ignore, sauf Rapp. Les paramètres de l’enquête classique déraillent déjà.
Puis, il y a Rapp lui-même. Loin d’être le justicier stoïque classique, il est à la solde d’une famille de milliardaires avec qui il entretient une relation dont la nature demeure assez vague. Confiant sans être baveux, il emploie une multitude de techniques peu orthodoxes pour garder ses interlocuteurs sur le qui-vive. Rien n’est un simple interrogatoire, tout est une conversation, mais aucune discussion n’est plate avec lui.
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Puis, il y a Katherine, la professeure plus que ravie de croiser le fer avec quelqu’un qui s’intéresse à elle sans boire ses paroles pour autant. Est-elle une vraie de vraie sorcière ou Rapp est-il juste obsédé par elle ? Tant de questions qui demeurent en l’air. Je sais que cet article s’intitule Hudson Williams et les sorcières, mais j’ai l’impression qu’il n’y en a qu’une seule. Ça sonnait mieux au pluriel, bon.
Visuellement parlant, la présentation est un peu chancelante lorsqu’il est question du surnaturel. Les effets spéciaux sont un peu raboteux et je pourrais faire sans les introductions avec le monologue de sorcière, mais la qualité du scénario et des performances me ramène vite à l’important. L’usage de chansons pop en langue-quelconque-d’Europe-de-L’Est sur la bande sonore, par contre, c’est oui. Ça exploite cet espace entre le réel et le surnaturel qui rôde.
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Et Hudson Williams là-dedans ?
J’en parle pas beaucoup, hein ?
C’est parce que pendant les deux premiers épisodes (il a disparu, tsé !), on ne le voit pas tant. Il tire toutefois son épingle du jeu en tant que Logan, le coloc du disparu, et fait honneur à l’image soft sexu qu’il cultive sur ses réseaux sociaux en répondant à la porte complètement nu sous une salopette en jeans.
C’est le genre de clin d’œil qui se veut de bonne guerre. Le réalisateur de l’épisode, David Frazee, semble déterminé à nous faire savoir que oui, c’est bel et bien le gars de Heated Rivalry, et que oui, il joue encore un jeune homme dans la fleur de l’âge en pleine exploration de sa sexualité.
Yaga est aux antipodes de Heated Rivalry, mais ce contraste ne fait que souligner l’éventail dramatique du jeune homme, aussi à l’aise dans une romance sportive que dans une série d’horreur.
La star de Yaga demeure cependant Noah Reid. Lui aussi beau gosse, il n’est peut-être pas aussi physiquement spectaculaire que l’interprète de Shane Hollander, il livre malgré tout une performance intense, déborde de charisme et laisse sagement le texte de Kat Sandler le faire briller.
Il reste à voir comment l’étoile de Hudson Williams brillera au fil de la saison, mais une chose est certaine, c’est qu’il a trouvé en Noah Reid un nouveau partenaire de jeu qui lui permettra d’explorer différentes facettes de son répertoire. Yaga débute ce vendredi sur Crave, alors que ses deux premiers épisodes paraîtront juste à temps pour célébrer l’Halloween.
Yaga s’annonce être une des bonnes séries de 2026, puisqu’elle ne se contente pas de nous faire peur. J’en suis déjà sous le charme.
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