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Musique québécoise Heated Rivalry

Les retombées musicales de « Heated Rivalry »

Peter Peter, Dumas, Alfa Rococo et compagnie font vibrer la planète.

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L’engouement pour Heated Rivalry ne s’essouffle pas.

Trois semaines après la diffusion du dernier épisode, la série de Jacob Tierney est encore discutée, déconstruite et célébrée à travers la culture populaire. Ayant moi-même jeté la serviette un peu trop tôt, j’en suis venu à comprendre l’intérêt pour cette série qui s’ouvre tout doucement — comme une petite fleur.

Une des façons par lesquelles Heated Rivalry poursuit sa vie sur le web, c’est par sa bande originale — signée par notre Peter Peter national — qui compte aussi un nombre impressionnant de chansons québécoises dont Tierney lui-même a fait la curation. Partout dans le monde, le public continue de vibrer au son de Wolf Parade, Dumas, Alfa Rococo, Philippe B., La Bronze et autres.

Il va sans dire, c’était un coup de pouce, voire un deuxième Noël inespéré pour les heureux élus.

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Dans un climat où nos artistes passent de plus en plus de temps à courir après l’argent, comment accueillent-ils un pareil cadeau de la vie ? J’ai discuté avec Peter Peter, Dumas et Alfa Rococo pour savoir à quoi ressemble la vie après un succès retentissant comme Heated Rivalry.

Une histoire de chiffres (qui camoufle une histoire d’amour)

Pour les principaux intéressés, le raz-de-marée Heated Rivalry fut d’abord mathématique.

« J’avais oublié à quelle date l’épisode où ma chanson est jouée était diffusé », révèle Dumas, rejoint au téléphone. « Personne pensait que ça allait cartonner à ce point-là. Quelques jours plus tard, j’ai eu une alerte Apple Music pour m’avertir qu’elle avait eu plus de cinq mille Shazam (ndlr : une app servant à identifier les chansons), alors que j’en ai environ dix ou quinze par mois. L’épisode a joué le 28 novembre et j’ai eu l’alerte le 1er décembre. »

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Même son de cloche du côté de David et Justine d’Alfa Rococo qui sont présentement en Asie du Sud-Est avec leurs enfants et qui rencontrent constamment des fans de la série. « C’est vraiment une belle preuve d’audace et de vision d’avoir donné une place de choix à des chansons dans la série. Ça accentue l’aspect distinct de la culture canadienne », explique David, joint sur Instagram. « Et la musique, dans cette série, joue un rôle prépondérant ! L’extrait de Lumière dure plus de deux minutes ! »

« C’est aussi la preuve que nos chansons francophones d’ici, lorsqu’elles ont de bons canaux de diffusion, peuvent briller à l’international. »

Pour sa part, Peter Peter, impliqué plus directement comme compositeur principal, n’a pas fait l’inventaire de ses nouveaux chiffres. Une question de temps, mais d’équilibre aussi. « J’essaie de ne pas regarder mes chiffres quand ça va mal et de ne pas les regarder non plus quand ça va bien. Je ne veux pas mettre mon énergie là-dessus. Mon auditoire a triplé sur Instagram, par exemple, ça, je l’ai vu », confie celui qui compte actuellement 814 000 auditeurs mensuels sur Spotify.

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Tout le monde a sauté sur le train du succès. Alfa Rococo a grimpé à 405 000 auditeurs mensuels, Dumas à 369 000. I’ll Believe in Anything, la chanson du groupe montréalais Wolf Parade qui joue pendant LA scène où Scott Hunter (François Arnaud, autre fierté d’ici) embrasse son chum après avoir gagné la coupe, est grimpée à 30,5 millions d’écoutes au moment de mettre cet article en ligne.

« Une journée parfaite connaissait un bon succès sur Spotify avant la série, mais ce n’est pas comparable. Je la joue toujours en spectacle, mais elle n’a jamais tourné à la radio. Elle a fait 850 000 écoutes en dix ans et plus d’un million depuis une semaine », précise Dumas.

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Ça bouge vite et ça monte tout aussi vite. Tous ces chiffres risquent d’être encore plus élevés si vous décidez d’y jeter un coup d’œil après avoir lu cet article.

Heated Rivalry est devenue une vitrine internationale pour la musique canadienne.

Qu’est-ce qui s’en vient ?

La suite est un peu plus difficile à prévoir et risque d’être différente pour tout le monde. C’est toutefois Peter Peter qui semble s’en sortir gagnant avec un tout nouveau monde d’opportunités qui s’offre à lui.

« C’est pas quelque chose que j’avais anticipé faire. Presque tous les auteurs-compositeurs-interprètes jouent avec l’idée de composer de la musique de film un jour, mais je l’aurais jamais fait si Jacob ne me l’avait pas offert », explique-t-il.

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Un peu bousculé par l’intensité du moment, Peter Peter n’a toujours pas vidé ses boîtes courriel et Instagram, mais il compte s’y mettre dès que possible. La bande sonore de Heated Rivalry vient tout juste de sortir et le musicien est encore très sollicité. « J’ai un petit studio à la maison. C’est mon safe space. Je me verrais bien faire une version plus casanière de mon métier, auprès de ma blonde et de mon chien. »

Dumas, lui, ne se fait pas trop d’illusions. Après 20 ans de carrière, il envisage mal comment Heated Rivalry pourrait altérer sa trajectoire. « Ce qui se passe est super le fun et gratifiant, mais ce succès-là ne m’appartient pas. J’ai beaucoup de gratitude envers Jacob qui a choisi ma chanson, mais les gens l’écoutent parce qu’ils ont développé un lien avec les personnages et veulent revivre les moments qu’ils ont vécus avec eux. »

L’engouement pour Heated Rivalry n’a cependant pas fini de faire papillonner les cœurs autour du globe puisqu’elle n’a pas encore rejoint certaines zones névralgiques pour la chanson francophone : « La série sort en France le 6 février », raconte David d’Alfa Rococo. « Qui sait ? On va peut-être avoir une vague d’auditeurs français dans les prochains mois. »

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Oui, qui sait ? La dynamo Heated Rivalry ne semble pas en voie de s’arrêter de sitôt et les succès inespérés risquent de s’enchaîner. Une deuxième saison est d’ailleurs annoncée pour 2027 et — grâce à la sensibilité montréalaise de Jacob Tierney — il y a fort à parier que la culture québécoise y sera encore mise de l’avant.

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