Cette semaine, je règle mes comptes avec Revenu Québec

Les leçons d’une travailleuse autonome qui doit beaucoup d’argent à l’impôt

On a parlé de long en large de l’importance de faire son rapport d’impôt, on vous a même proposé quelques trucs à faire avec votre retour d’impôt (une tourtière Curieux Bégin anyone?), mais qu’est-ce qui se passe quand la saison fiscale se termine par un solde négatif? C’est-à-dire qu’est-ce qui se passe quand on doit (beaucoup) d’argent Revenu Québec ou Revenu Canada?

Le 6 500$ qu’il fallait que je leur verse, je le voyais venir depuis des mois.

De mon côté, 2018 était ma première année de travailleuse autonome à temps plein. Je pouvais finalement respirer après des années de salaire de marde et d’insécurité financière. Pendant l’année, j’ai mis de l’argent de côté, mais pas assez… Quand mon comptable m’a annoncé combien je devais à Revenu Québec et Revenu Canada, je n’étais pas surprise. Le 6 500$ qu’il fallait que je leur verse, je le voyais venir depuis des mois.

Je ne vivais pas comme si j’étais une princesse de IG en 2018, mais vu que j’avais un peu d’argent de lousse pour la première fois de ma vie, j’avais du mal à en mettre de côté.

Je me suis reconnue dans ce passage du texte J’ai fait faillite et c’est la meilleure décision que j’ai prise: «Je connaissais enfin ce que c’était de ne pas faire de crise d’anxiété chaque mois à l’approche du loyer. J’ai commencé à rembourser mes dettes et je pouvais parfois aller au resto, m’acheter une paire de bottes sans faire de l’insomnie pendant une semaine. Mon mode de vie n’avait rien d’extravagant, mais quand on ne l’a jamais connu, le confort le plus minimal est un luxe immense.»

Ça peut arriver à n’importe qui de devoir de l’argent au gouvernement, mais c’est très fréquent chez les travailleurs autonomes. Les gens qui sont à leur compte n’ont pas d’impôt retenu sur leurs revenus, ils doivent donc mettre de l’argent de côté pendant l’année pour être capables de payer leur dû le temps venu.

Surprise surprise, ce n’est pas toujours si simple que ça de mettre cet argent de côté…

Surprise surprise, ce n’est pas toujours si simple que ça de mettre cet argent de côté… Surtout quand on a d’autres dettes. Dans mon cas, deux cartes de crédit et deux prêts étudiants. À cause de mon revenu brut plus élevé en 2018, mes paiements de prêts étudiants ont beaucoup augmenté. Donc, même si je faisais plus d’argent, je n’en avais pas beaucoup plus dans mes poches.

En tant que travailleur autonome, on est souvent payé par chèque (et souvent payé en retard) ce qui fait que nos revenus sont très instables. Il y a des moments où on se sent faussement riche quand trois chèques rentrent en même temps et d’autres où on tape la limite de notre carte de crédit avec une épicerie à 30$. C’est des hauts et des bas qui ne sont pas toujours faciles à gérer.

Ça crée un sentiment de honte de ne pas avoir été «assez responsable» pour mettre assez d’argent de côté.

Loin de moi l’idée de me créer des excuses, j’essaie plutôt de mettre en contexte cette dette qui vient de me tomber dessus. C’est une situation extrêmement anxiogène même si elle était attendue. Ça crée un sentiment de honte de ne pas avoir été «assez responsable» pour mettre assez d’argent de côté. De façon concrète, c’est beaucoup de nuits à ne pas dormir, c’est beaucoup de temps passé à regretter chaque achat, chaque sortie, chaque week-end à ne pas travailler. C’est aussi des crises de panique, des pleurs incontrôlables et de la culpabilité à n’en plus finir.

De façon concrète, ça veut aussi dire prendre une entente de paiement avec Revenu Québec. Puisque je ne suis pas capable de payer mes dettes en entier, je vais aussi devoir payer de l’intérêt sur cette dette. Au moment d’écrire ce texte, le taux d’intérêt sur les sommes dues à Revenu Québec est de 7%. Dans mon cas, ça équivaut à environ 350$ supplémentaires.

Revenu Québec propose plusieurs façons de payer les sommes dues sur une période de 12 mois. Soit par versements mensuels, par versements préautorisés, par chèques postdatés ou en négociant directement avec un agent. Je vais explorer ces options au cours des prochains jours avec mon comptable et vous revenir avec celle que j’ai choisie dans ma chronique de la semaine prochaine.

D’ici là, l’important, c’est de se rappeler qu’on est bien plus que nos dettes.

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Pour la deuxième partie de mes péripéties, j’ai décidé d’appeler mon comptable. Voici comment j’ai conclu une entente de paiement avec Revenu Québec.

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