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Sujet fumant des derniers jours, Poutine (Pierre, le fameux «coupable» derrière les appels frauduleux liés de près – ou de loin… ou pas du tout – au gouvernement Harper) fait jaser. Comme Aurélie signait, la semaine dernière, un billet fort inspiré sur notre leader maximo et sa coupe de cheveux Lego, je me concentrai donc sur la poutine, le mets.
Ce lundi, le chroniqueur Sylvain Ménard y allait d’une eulogie fort inspirée sur Le Roi du plateau, véritable institution de la restauration rapide à Montréal, qui fermait finalement ses portes samedi dernier après des années au service des friands de bouffe brune. On se rappellera que le mois dernier, le Journal de Montréal montait en épingle une histoire extra « pickles », extra larmoyante, d’amendes de la Ville qui aura finalement cloué le cercueil du resto. Tristesse! Colère!
Idem pour le Café Sarajevo, le fameux repère de bohèmes, qui tombait au combat au début du mois après une série de fermetures, de démêlés avec la Ville et un déménagement dans un local sans âme sur la « Main ». Injustice! #Fail!
Quelques semaines auparavant, Ménard – particulièrement près de ses émotions ces jours-ci, j’imagine – pleurait aussi la disparition imminente de Studio 12, la fameuse vitrine de la « nouvelle musique d’ici» de la SRC diffusée à une plage horaire pas possible (le dimanche à 23h)…
Encore une fois, on scotche le lien sur les réseaux sociaux, on fulmine, puis on passe à autre chose.
…
Plusieurs facteurs s’entremêlent dans ces disparitions, formant – vous l’aurez deviné – une poutine nauséabonde : l’acharnement de propriétaires espérant trouver le confort de la banlieue dans une mégapole, une prédilection pour la pensée magique alors qu’on fourre les missives de la Ville le plus loin possible dans le tiroir, les menaces déployées par un gouvernement déterminé à mettre la hache dans l’enveloppe de la SRC, mais surtout, un manque de fric, d’achalandage et, surtout, d’intérêt de la clientèle (qu’elle soit ciblée ou non).
Pourtant, notre opinion n’aura jamais été aussi sondée! Jamais monsieur et madame tout-le-monde n’auront été aussi près de tenir le gros bout du bâton!
Génération opinion
« Sauvez votre académicienne préférée! », « Il ne manque plus que 13 personnes pour atteindre le plateau des 15 fans sur notre page Facebook! « Likez » nous! », « Avez-vous quelques minutes? C’est pour un sondage! », « Qu’est-ce que vous en pensez? Ajoutez votre grain de sel dans la section « Commentaires » du site! », « Joignez-vous à notre équipe à titre de collaborateur citoyen », « La poutine est à votre goût, monsieur? »; les exemples pullulent. Derrière ces tentatives pour stimuler le clic et le fric, il y a surtout de l’intérêt.
À défaut d’être à l’écoute (on ne va pas s’leurrer, quand même), annonceurs, médias et décideurs tendent l’oreille et observent nos moindres faits et gestes, tel un voyeur tenant des jumelles d’une main et vous-savez-quoi de l’autre. Alors que, dès demain, la nouvelle politique de confidentialité de Google permettra au fureteur – et à ses annonceurs – de nous talonner d’encore plus près, vos récents commentaires défavorables envers un article d’Urbania sur Jonquière a fait en sorte que nos patrons l’ont retiré. Bref, notre opinion est presque sur le même pied d’égalité que la plus belle fille ou le quart-arrière du bal!
On nous désire! On nous écoute! On nous demande si on a un miroir dans nos bobettes, parce que ces décideurs s’y verraient dedans!
Ainsi, chaque décision, chaque petit geste quotidien même, a une portée politique. La pause pipi du matin? C’est encourager une boîte de papier de toilette au profit de l’autre. Nos lectures matinales? C’est mousser les statistiques – et les revenus publicitaires – d’un portail de nouvelles au profit de l’autre. Cette chroniqueuse détestable que vous aimez haïr? « Retweeter » ses plus récents exploits assurent à ses employeurs que son recrutement était bel et bien une bonne décision. Acheter un burger préfabriqué chez McDo? C’est de l’argent qui aurait pu permettre au « snack » de famille du coin de survivre un mois de plus. Écrire un courriel de plainte? C’est retirer du contenu ou des sources de revenus au site visé (parlez-en à la personnalité web Gab Roy qui a fait les frais d’une campagne de salissage récemment).
Mieux encore, vous êtes d’accord, ou non, avec les récentes décisions prises par vos élus? On pourrait – j’sais pas, j’dis ça d’même, t’sais… une idée complètement folle – les commenter sur votre site préféré, mais surtout voter (oui, oui) aux prochaines élections!
Mais, si j’en crois le nombre de votants lors de la plus récente tempête politique et les moyens entrepris afin de stimuler ce fameux vote, on préfère se commander, puis commenter une poutine.
On se reprend la prochaine fois? Aweille! On est capable!
En attendant, un succès souvenir…
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