Les mystères du camping

On a réussi à en élucider quelques-uns.

Au fil de notre travail sur le spécial camping du magazine interactif URBANIA, paru en juillet dans La Presse+, nous nous sommes cognés le nez contre plusieurs mystères entourant ce passe-temps.

Nuits blanches, sueurs froides, quatre sujets en particulier hantent nos esprits depuis ce temps. Si vous pouvez nous éclairer, de grâce, faites-le à mysterescamping@urbania.ca (on ne dort plus).

1- Pourquoi est-il absolument impossible de réserver une tente Huttopia?

O.K., elles sont populaires et super Pinterest, ces petites habitations de type prêt-à-camper de la Sépaq — mais pour qu’elles soient toujours toutes réservées, il faut que quelqu’un, quelque part, ait réussi. C’EST QUI?

2 – Pourquoi fait-on appel au lapin pour éloigner la fumée d’un feu de camp?

Peut-on laisser ce rigolo mammifère tranquille quand on a la fumée dans la face ? On le sait que ça fonctionne à tout coup, mais le lapin ne mérite pas qu’on hurle son nom sans arrêt, une guimauve dans la bouche.

3 – Qui achète des mousquetons neufs?

Un sondage rapide auprès de nos proches nous confirme qu’à part deux ou trois trippeux d’activités impliquant des fourmis dans les bobettes, personne n’achète de mousquetons, mais que tout le monde en a.

4 – C’est qui, en fin de compte, qui a vu l’ours?

Pas nous, en tout cas. Sûrement celui qui dormait dans la tente Huttopia, le maudit chanceux.

La sandale de la discorde

Parmi l’équipement iconique du bro’/chick de plein air, la controverse à velcro que symbolisent les chaussures Merrell règne depuis plus de 30 ans.

Née en 1981, l’entreprise Merrell vend chaque année l’équivalent de plus de 500 millions de dollars de bottes beiges, de croisements semi-avisés entre sandales et espadrilles et, surtout, de spécimens du modèle Jungle Moc — sa plus populaire incarnation, qui donne l’air à quiconque le porte d’avoir des problèmes de hanche et de surnommer tout le monde «champion».

«Ces chaussures ressemblent à Freddy Krueger».

Elles ont beau être (apparemment) pratiques et résistantes, ces chaussures sont loin de faire l’unanimité en matière de bon goût — du moins si on se fie à un échange sur Reddit, un forum de discussion sur Internet.

Un usager très (trop?) attaché à sa chaussure tout-terrain y a demandé pourquoi elle était perçue comme un absolu faux pas vestimentaire. Après 164 commentaires («Ces chaussures ressemblent à Freddy Krueger»; «Tu as payé 100$ pour ça? Appelle la police: tu t’es fait voler»…), il en a lui-même déduit que les deux principales raisons de cette opprobre populaire sont les suivantes:

1- Elles sont laittes à mort.

2- On sait pas c’est quoi, au juste. Des souliers de marche? Des bottes de randonnée? Des espadrilles? Des sandales de trail? Un peu de tout?

Une autre belle preuve qu’on déteste ce qu’on ne connaît pas.

Un party dans une glacière

L’un des plus grands fails de l’histoire de la plateforme de sociofinancement Kickstarter, c’est la glacière Coolest. (Glacière, en anglais, c’est cooler. Coolest. La pognez-vous?) Lancée en 2014, cette merveille d’ingénierie se voulait plus qu’une simple glacière: il s’agissait d’un véritable party sur roulettes.

Pourvue d’un mélangeur conçu pour concocter de formidables drinks colorés, d’une prise pour téléphone cellulaire et de haut-parleurs intégrés, Coolest devait être la meilleure chose à arriver à vos samedis après-midi depuis Fifty Shades of Grey.

Le plus grand succès de Kickstarter cette année-là.

Durant la campagne Kickstarter, le créateur, Ryan Grepper, avait réussi à amasser 13 millions de dollars — le plus grand succès de la plateforme cette année-là. Ceux qui avaient donné plus de 165 $ devaient recevoir un exemplaire de la glacière les mois suivants. Sauf que le truc, c’est que la glacière coûtait plus cher que ça à produire.

L’entreprise a alors demandé 100$ de plus aux contributeurs pour qu’ils reçoivent leur Coolest, mais certains ont refusé. Plus de deux ans plus tard, des milliers d’entre eux n’ont toujours rien reçu, et le fabricant est sous enquête.

Ça refroidit.

Les chips orange à la rescousse

L’un des arts les plus importants à maîtriser lorsqu’on part à la conquête des bois est sans doute celui de faire un feu digne de ce nom. Non seulement ça augmente le cred auprès des camarades de camping, mais ça peut sauver votre vie, paraît-il.

«Starter» un feu de joie à l’aide de quelques Doritos.

Mais pour ceux d’entre vous qui sont moins fluents en techniques de scouts, un génie a découvert une façon de partir un feu de façon efficace lorsque vous êtes dépourvus de circulaires de Metro.

Semblerait-il qu’avec un simple briquet de dépanneur, vous pouvez vous «starter» un feu de joie à l’aide de quelques Doritos. Ça s’enflamme rapidement (et beaucoup), et ça sent délicieux.

Plus nécessaire, donc, de faire semblant que vous êtes capable d’allumer une poignée de brindilles sans vous brûler les doigts, le toupet et l’orgueil.

On a aussi éclairé le mystère entourant les VR et leurs blocs sanitaires avec le petit lexique du camping!

Pour découvrir le magazine précédent sur nos voisins les Américains, c’est par ICI!

Je suis rédactrice en chef de Balle Courbe. J'aime le fromage. Je suis obsédée par l'expression "se serrer la pince". Je trouve que le water-polo n'a pas le klout qu'il mérite.

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