Ah, le camping. Un univers paradisiaque où l’on reconnecte avec la nature et la simplicité pour certains; un campement sale où les maringouins remplacent le wi-fi pour d’autres.

Peu importe l’école de pensée à laquelle on appartient, impossible de nier une chose: le camping est populaire au Québec. Environ 25% des Québécois packtent leur auto au moins une fois par année pour aller dormir dehors, et il faut réserver à l’avance si on veut avoir une place dans les campings.

Car il vaut mieux savoir un minimum de quoi on parle!

Même si ça ne vous branche pas trop, on vous avertit: si votre copain/copine est fan de camping, vous risquez de vous retrouver bien malgré vous à rouler vers le camping-de-la-butte-tranquille-de-Saint-Fernand un de ces jours.

Dans ces circonstances, vaut mieux savoir un minimum de quoi on parle. Voici donc, pour vous aider, un petit lexique du monde du camping.

Camping familial

Un terrain qui se décrit comme étant «familial», ça peut autant vouloir dire «on a un immense château de plastique avec des glissades d’eau et du personnel pour l’animation» que «on a deux tables à langer». Il faut donc modérer ses attentes, mais en général, ça garantit qu’il va y avoir de la place pour jouer, une piscine, et d’autres familles.

Par contre, si vous êtes en couple ou entre amis, n’oubliez pas que ça veut dire qu’il va y avoir des enfants PARTOUT, que les douches vont être chaotiques et que vous allez vous faire réveiller très tôt par des cris stridents. Pas nécessairement le meilleur endroit pour faire un grand feu de joie et jouer de la guitare en buvant de la bière jusqu’à trois heures du matin…

Camping sauvage

Non, on ne parle pas du film.

Théoriquement, faire du vrai camping sauvage, c’est s’installer à un endroit qui n’est pas aménagé pour cela: sur la plage au bord d’un lac, quelque part en montagne ou dans un boisé en bordure de route, par exemple. C’est illégal la plupart du temps au Québec (sauf bien sûr si le terrain vous appartient), donc des campings essaient de récréer l’idée en offrant des terrains avec moins de services, moins de gogosses en plastique et des emplacements plus intimes.

C’est un bon compromis.

Ça finit toujours par ressembler à un camping quand même (dans la vraie nature, vous ne verrez pas un homme dans la cinquantaine en bobettes en train de s’ouvrir une Molson Dry à 11h), mais c’est un bon compromis.

Terrain «avec services» (pour les amateurs de VR)

Une fois que vous avez choisi votre camping, vous devez choisir votre spot, et on vous propose souvent multiples options de «services». En général, les mots «rustique» ou «sans services» signifient que vous n’aurez rien directement sur votre terrain. Le sol va être tapé, et il y aura sûrement une table à pique-nique et un baril en métal pour faire un feu, mais c’est tout.

Respectez la crowd de VR. Vous ne le regretterez pas.

Les fameux «3 services», c’est le branchement à l’eau, à l’électricité et aux égouts: bref, c’est pour les gens qui viennent camper en VR.

Les gens de VR (pour «véhicule récréatif»), ce sont ceux qui passent l’été dans les campings, qui organisent les Noël des campeurs, qui mettent des bambis en plastique devant leur roulotte et du faux gazon sur le vrai gazon.

On peut rire d’eux tant qu’on veut, mais c’est quand même les troopers des terrains de camping. En 35 ans, ils n’ont jamais cancellé leur voyage de camping «parce qu’il annonçait pas beau», et peu importe ce que tu as oublié (parce que tu vas oublier plein de choses), il l’ont sûrement en double et vont te le prêter en souriant. Même si vous les trouvez un peu drôle, respectez la crowd de VR. Vous ne le regretterez pas.

Nécessaire pour dormir

Évidemment, pour dormir en camping, il faut une tente. Il faut AUSSI sa toile imperméable, ses perches et ses piquets. Si vous oubliez un de ces éléments au fond du garde-robe, vous risquez de dormir dans la voiture.

Ne sous-estimez pas votre petit matelas bleu.

Il faut en plus un sleeping bag et un oreiller, et surtout un matelas de sol. Le petit modèle «mousse bleue isolante» fait moins luxueux qu’un matelas gonflable, mais c’est beaucoup mieux que rien: le sol, dans le bois, c’est plein de racines et c’est froid la nuit. Ne sous-estimez pas votre petit matelas bleu.

Bloc sanitaire

Expression utilisée dans les campings pour parler de la petite cabane qui contient les douches et les toilettes. Ça sent la crème solaire, tout est toujours mouillé, et les chances de se retrouver avec un vieux plaster collé sous le pied sont assez élevées.

C’est mieux que d’aller aux toilettes directement dans le bois, mais il est fortement suggéré d’amener des sandales.

UNO (ou autre jeu de cartes)

Commanditaire officiel des journées pluvieuses en camping. Amenez-le, ou vous allez le regretter.

Feu de camp

Les soirées autour du feu sont l’une des plus grandes joies du camping.

Chacun a sa technique pour partir un feu. Ton chum est CONVAINCU qu’il faut mettre beaucoup de bois d’un seul coup et attendre que la petite flamme fasse tranquillement son oeuvre. Toi, tu soufflerais sur les braises constamment en ajoutant le bois au fur et à mesure. Votre voisin de tente entend votre discussion et renchérit qu’il faut toujours une petite shot de gaz pour partir le tout.

Toutes ces méthodes fonctionnent. Le vrai truc: laisser UNE personne en charge du feu pendant que les autres vont acheter des guimauves. Ça évite les chicanes.

La cuisine de camping

Que vous cuisiniez sur un feu ou sur un poêle au propane, il faut se rappeler d’une chose: si vous mangez des repas plates en camping, toute votre expérience risque d’être plate (déjeuner, dîner et souper sont les moments forts de la journée). En chemin, arrêtez-vous chez des producteurs prendre une baguette fraîche, des fruits, du fromage ou des charcuteries. Amenez une bonne bouteille de vin et une Bodum pour faire du vrai café.

Les saucisses et les guimauves, c’est l’fun une fois, mais tsé.

Manger de la bouffe en conserve en camping parce que c’est moins compliqué, c’est sous-estimer le nombre de bons repas simples qui existent, et sur-estimer sa capacité à ne pas oublier l’ouvre-boîte. Ne faites pas cette erreur.

Sur ce, on vous souhaite un bon camping, plein d’étoiles et aucune tique!

 

Pour lire un autre texte de Camille Dauphinais-Pelletier: «Petit guide d’autodéfense pour ceux qui vivent en région».