Tant qu’on ne s’y oppose pas seulement pour le principe de chialer à propos de quelque chose, juste pour vendre des journaux, comme le fait si tragiquement cette vieille fripouille de Richard Martineau plusieurs fois par semaine.
On a le droit de poser des questions pour essayer de comprendre, mais essayer de mettre un bouchon sur un besoin exprimé par une plus jeune génération à l’ère d’Internet, c’est une cause perdue.
Parce que si on regarde juste un peu en arrière, on se rend vite compte que tous les changements apportés à la fiction québécoise étaient plus que bienvenus. Des belles années où Réjean Tremblay faisait dire les pires âneries à ses personnages masculins (et dieu sait qu’il fallait les prendre au sérieux), aux salopards cravatés d’Avant le Crash en passant par les essais-erreurs courageux, mais un peu maladroits de Janette Bertrand, plusieurs époques se sont succédé, en termes de ce qui se fait et ne se fait pas à la télé.
Question de célébrer (et de mieux comprendre les motivations derrière) les nombreux changements de la télévision québécoise, je vous ai préparé un classement des 25 personnages les moins wokes de notre histoire. Parce que mieux vaut en rire qu’en pleurer!
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25. Vincent Gélinas, Radio-Enfer
Vincent, c’est pas un incel… mais presque! Il en aurait fort probablement été un s’il avait existé pour de vrai, mais il était tellement désagréable et désespéré à la fois que la créatrice Isabelle Langlois s’est dépêchée de lui écrire une blonde pour la deuxième saison.
Non, tous les hommes ne méritent pas automatiquement une femme. Surtout pas s’ils sont imbus d’eux-mêmes comme Vincent. Disons que Jean-Lou le « Hot Dog » Duval aurait mérité de trouver l’amour avant lui.
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24. Cousin André, Passe-Partout
Mes respects à son défunt interprète André Cartier, mais le cousin André était terrifiant et il n’avait jamais vraiment rapport dans les sketch. Il était un peu comme un gars bien toasté sur le crystal meth depuis trois jours qui se retrouve chez vous sans que personne ne sache trop ni comment, ni pourquoi.
Il rabaissait aussi tout le temps les autres avec ses déclarations insécures de cousin qui veut impressionner les autres. Clairement le genre de gars à s’autoradicaliser sur Internet.
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23. Réjean Pinard, La petite vie
C’est pas que Réjean est pas woke à proprement parler. En fait, il sera le plus fervent allié… si c’est payant pour lui. Y’a-tu des belles filles à la manif? Des filles libérées sexuellement avec un penchant pour le polyamour spontané?
Sinon, c’est clair que Réjean va aller bummer avec ses chums à la taverne du coin ou dans la cuisine de ses beaux-parents pour leur quêter un peu d’argent. Ce bon vieux Réjean n’a aucune conviction. Juste une dépendance aux plaisirs faciles.
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22. M. Arrêt-Stop, Le village de Nathalie
Cet énergumène surréaliste avait comme plan diabolique d’élever une génération de jeunes conformistes sans esprit critique. Au fond, M. Arrêt-Stop, c’était comme un mélange de François Bonnardel et Jeff Fillion. Même les personnages de sa propre émission ne le prenaient pas au sérieux.
Les règles sont faites pour la cohésion sociale, mais elles sont aussi faites pour être défiées et brisées si elles ne répondent plus à leur raison d’être. Fuck ta loi, M. Arrêt Stop!
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21. Roger Moquin, Les Bleu Poudre
M.Moquin (la vraie personne, pas le personnage) est décédé en 2023. Oui, oui, c’était son vrai nom. C’était aussi un grand-papa et probablement une très bonne personne, mais son personnage était un creep. En gros, il se pointait continuellement en bobettes auprès de jolies femmes pour leur susurrer des mots d’amour.
Cou Cou Rou, Coui Coui, M. Moquin! J’vous aime quand même. C’tait pas de votre faute. Vous étiez l’outil de l’imaginaire de quelqu’un d’autre.
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20. Guy Lebeau, Watatatow
En voilà un qui aurait probablement voté pour la CAQ sous prétexte que c’était le gouvernement qui allait donner les meilleures chances à son projet d’entreprise foireux et pseudo-légal.
Individualiste invétéré et personne fondamentalement brisée à l’intérieur, Guy s’est toujours royalement crissé des besoins des autres. En 2023, on le retrouverait soit au Cathcart, soit dans un bungalow légué par son paternel tyrannique à Saint-Lambert.
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19. Pierre Lacaille, Virginie
Trotskiste en surface, mais misogyne dans son essence, Lacaille « la canaille » est le genre de gars à finir les débats qu’il perd en cherchant du regard le premier homme en vue pour lui dire : « Tsé les femmes, hein? » comme s’il existait une loi non écrite qui fait passer la solidarité de genre avant les arguments de marde. S’il existait en 2023, Lacaille vous dirait probablement qu’il est « de gauche, mais pas woke ».
Il lirait aussi Richard Martineau en secret, mais pas Mathieu Bock-Côté.
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18. Étienne Dumas, Chambres en ville
Vous ne vous rappellerez probablement pas de lui si vous n’étiez pas un inconditionnel de Chambres en ville, mais Étienne était un étudiant en droit avec un p’tit accent d’Outremont qui gosse, un chum médiocre et un dude pour qui les apparences étaient plus importantes que la qualité de ses relations. Il était même pas hot, en plus, c’était juste un suiveux sans envergure avec des bonnes notes à l’école. Le genre de gars à lire Ayn Rand non ironiquement.
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17. Ti-Mé Paré, La Petite Vie
Ti-Mé n’était pas nécessaire un ennemi du progrès, mais il a clairement abandonné l’idée d’y participer.
Une personne de droite verrait en lui un homme sans histoire avec un mariage fatigué et une étrange passion pour les vidanges alors que quelqu’un de gauche, sensibilisé aux enjeux de son temps, verrait en Ti-Mé un homme en profonde dépression, trop fier pour admettre sa propre détresse.
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16. Madame Lauzon, Rumeurs
Seule femme sur cette liste, madame Lauzon n’a pas volé son rang.
Voyez-vous, Madame Lauzon s’en crisse de votre justice sociale. Sauf, peut-être, si ça fait du bon contenu pour son magazine. N’allez pas lui parler d’équité ou de toilettes non genrées au travail, la seule chose qu’elle veut savoir c’est si vous êtes capable de faire la job mieux que la compétition. Vous risquez de prendre la porte assez rapidement, si vous priorisez autre chose que ça.
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15. Gilles Champagne, Lance ET compte
La vidange à Champagne n’a été qu’un personnage on ne peut plus secondaire dans le folklore de Lance & compte, mais il était tellement raciste, misogyne et incapable de comprendre les ravages de son propre alcoolisme, que les fans de la série se souviennent de lui À CAUSE DE ça.
Devenu un véritable symbole de valeurs de marde, l’histoire ne dit pas si le choix de 4e ronde acquis des Devils du New Jersey contre lui aura été une meilleure personne.
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14. Sergent Dugas, 19-2
On ne se mentira pas, 19-2 c’était quand même woke pour une série sur la police. Même les policiers les plus compromis sont conscients des inégalités sociales et de l’importance de bien faire leur job. Sauf peut-être l’animal à Dugas, un pousseux de crayon haut gradé doublé d ’un alcoolo problématique qui ne cherche qu’à monopoliser les ressources de la police de Montréal pour mieux grimper les échelons et gagner plus de pouvoir.
Il est la représentation de tout ce qu’il y a de croche à propos des institutions sociales.
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13. Denis Charest, KM/H
Denis, c’est le père/oncle/ami de la famille qui répète avec trop de confiance les âneries qu’il a entendues à Radio X autour de la table pendant un souper de famille. Il ne ferait jamais de mal à personne, mais peut facilement pelleter entre 20 et 40 publications problématiques sur ses réseaux sociaux par jour. Parce qu’il n’accepte pas de vieillir. Parce qu’il n’accepte pas que le monde change.
On connaît tous un Denis. Ou dix. Malheureusement.
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12. François Dion, 4 et demi
François, c’est un produit de son milieu. Un gars de la construction avec la mentalité « je travaille fort, c’est normal qu’on me traite comme un roi quand j’arrive de la job. »
Sylvie Lussier et Pierre Poirier ont eu beau lui servir des corrections verbales aux mains des autres personnages d’épisode en épisode, ça lui en prend beaucoup pour se remettre en question et ça ne dure jamais très longtemps. Un poster boy pour le privilège masculin.
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11. Napoléon Gadouas, Au nom du père et du fils
On s’entend qu’un agriculteur psychopathe du début du XXe siècle n’est pas exactement en position de réussir dans une discussion sur le féminisme intersectionnel, mais la cruauté de Napoléon ressort du lot dans une série où personne n’est gentil.
D’un côté, c’est quelqu’un de tellement extrême et déconnecté de la réalité que c’est certain qu’il ne vote pas. De l’autre, il aurait été du genre à se partir une chaîne YouTube complotiste.
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10. Gilles Bazinet, Virginie
D’abord incarné par un Robert Gravel glacial et par un Pierre Curzi beaucoup encore plus sanguin à la suite du décès de ce dernier, Gilles Bazinet est un administrateur qui tripe sur les chiffres beaucoup plus que sur les jeunes personnes.
Pour lui, que ce soit au niveau scolaire ou psychologique, un élève en difficulté, c’est juste un problème à régler et c’est plus facile de le faire disparaître que de l’aider. Un fantôme des années 90 beaucoup trop réaliste.
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9. Germain Claveau, Zap
Joué à la perfection par le terrifiant Jean-René Ouellet, l’ostie de Germain Claveau était encore pire qu’un professionnel qui s’en crisse. C’était un adulte au tempérament rigide et explosif, capable d’entrer en conflit avec des étudiants pour un oui ou pour un non.
Dictateur narcissique probablement lui-même élevé à la strap, Claveau avait envie de redonner des taloches au suivant plutôt que d’enseigner l’histoire. C’est probablement pour ça qu’il est devenu prof.
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8. François Lecompte, Avant le crash
Ne vous laissez pas berner par la mine de chien battu et le curriculum woke d’Émile Proulx-Cloutier, François est LA plus grosse vidange fictionnelle de la télé québécoise du XXIe siècle.
Bien sûr, il va faire des dons à plusieurs causes, mais c’est toujours pour les déduire de ses impôts et pour aller se saouler à des partys de levées de fonds. Sinon, il n’a aucun problème à asphyxier la planète ou à supprimer des emplois si ça lui permet de récolter un bonus de signature.
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7. Urbain Blondeau, Montréal P.Q
Dans la vie, il n’y a pas moins woke qu’un flic à la moralité douteuse, surtout s’il est responsable de l’escouade de la moralité.
Récipiendaire du prix du plus grand salopard jamais écrit par Victor-Lévy Beaulieu (ce n’est pas peu dire), Urbain Blondeau avait la vilaine habitude de créer autant de problèmes qu’il en réglait, et ce, toujours au nom de la sacrosainte moralité. Disons qu’il aurait été un excellent ministre libéral à l’époque de Jean Charest.
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6. Jacques Mercier, Lance ET compte
Librement inspiré par Michel Bergeron (du moins, c’est ce qu’on croyait tous à l’époque), Mercier a toujours eu une passion transformatrice pour la masculinité toxique. Pour lui, humilier un joueur de hockey devant les autres, c’était lui insuffler des gènes de gagnant. Il a aussi battu le chum de son fils et renié le pauvre Jimmy parce qu’il était membre de la communauté LGBTQ+. J’arrive pas à croire que ça ait passé à la télé (TW: violence envers des personnes LGBTQ+).
On a tendance à l’oublier parce qu’il n’était pas le pire personnage de la série, mais c’était un tabarnak.
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5. Séraphin Poudrier, Les belles histoires des pays d’en haut
Si le Parti conservateur du Canada avait un visage, ce serait celui-là. Un vieux cheap, laid avec une sexualité légèrement déviante et qui préférerait regarder le monde brûler plutôt que de casser son petit cochon.
C’était vraiment une drôle de créature, ce Séraphin. Il était presque pas humain. Claude-Henri Grignon avait imaginé cette bébitte dans le but de symboliser une époque révolue que le Québec s’empressait de laisser derrière.
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4. André Viens, Avec un grand A
Le visage même de la violence conjugale au Québec pendant plusieurs années. Un homme petit, frustré et incapable de gérer ses propres insécurités.
C’est en quelque sorte un gros méchant sanguinaire dont je ne voulais pas dans cette liste, mais il a tracé un portrait tellement exagéré et bédéesque de la violence conjugale que plusieurs femmes sont sans doute demeurées dans des relations toxiques simplement parce que leur conjoint n’était pas aussi pire que cet énergumène assoiffé de sang et de souffrances.
Jeannette l’avait un peu échappée, celle-là. On lui pardonne.
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3. Jean-Paul Belleau, Les dames de CŒUR
C’est difficile de croire qu’un vieux snoreau immoral, voleur, menteur, tricheur, crosseur comme Jean-Paul ait déjà été pris au sérieux à la télévision québécoise.
Portrait d’un patriarche de la vieille école sans trop de principes dépassé par le progrès de la société, il ne manquait pas une occasion pour se saucer le pinceau. Une partie de moi est convaincue que Réjean Pinard de La Petite Vie est une parodie de Jean-Paul Belleau.
Il est aussi beaucoup plus sympathique.
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2. Jocelyn Turmel, Watatatow
Non seulement « Mononc’ Jocelyn » aurait été du genre à écouter religieusement Radio X, il aurait aussi été un fervent contributeur à leurs lignes ouvertes.
Avec son comportement sexuellement déplacé avec des mineures, on se souviendra de lui pour avoir aussi fait signer un contrat de gérance illégal à l’immortel John Tremblay, un enfant de la DPJ dont il avait la garde. Bien sûr, quand il se fait prendre, rien n’est jamais de sa faute.
Il aurait été beaucoup moins sympathique s’il avait réussi quelque chose dans sa vie.
1. Marc Gagnon, Lance & compte
À tout seigneur, tout honneur. Je vais laisser « la plus grande » création de Réjean Tremblay s’exprimer par lui-même. Il n’y a rien que je puisse dire sur le Alexei Kovalev de la violence verbale qui puisse mieux lui rendre honneur (TW: Tout!) :