Le mot du Président : On veut des cours d’éduc

Il y a des problèmes plus faciles à régler que d’autres. C’est frustrant quand l’immobilisme règne sur une question dont l’urgence est évidente et la solution claire et accessible.

On nous répète depuis plusieurs années déjà que la condition physique de la jeunesse se détériore, de même que sa concentration en classe, mais les cours d’éducation physique sont encore au nombre absurde de un par semaine. Pourtant, il semble de plus en plus évident que c’est par l’activité physique qu’on se maintient en forme et attentif.

On peut donner des explications, tenter de se lancer dans des justifications logistiques, dire qu’il faut aussi allouer du temps aux autres matières. Rien n’y fait. Pour moi, c’est être dans le déni.

On ne peut pas considérer la connaissance de quoi que ce soit comme plus importante que la santé. Je ne vois pas dans quel contexte il serait préférable de sacrifier sa santé en échange de connaissances. À long terme, il est évident que c’est une mauvaise stratégie.

Les jeunes passent tellement de temps à l’école. L’hiver, tu pars de chez vous et il fait noir, et puis plus tard quand tu repars chez vous il fait noir à nouveau. Soit, faire de l’activité physique en-dehors de l’école est possible et certainement souhaitable, mais quand tu passes la majorité de ton temps assis dans des salles de classe éclairées au néon, c’est un peu plus compliqué.

Je me souviens comment c’était. Les cours d’éducation physique, c’était comme le happening de la semaine. On avait plus souvent des cours de FPS que des cours d’éduc. Le résultat est simple et prévisible : les jeunes qui ont naturellement plus de facilité et de plaisir à faire de l’activité physique ne sont pas affectés sérieusement, mais les jeunes qui ont plus de difficulté stagnent et le cours d’éduc hebdomadaire ne leur est pas réellement utile. Simplement parce que ce n’est pas assez.

Être en bonne forme physique, c’est quelque chose qui nécessite de la discipline et une forme d’engagement. Ça ne peut pas être quelque chose que l’on fait accessoirement. Sinon, ce n’est pas sérieux. Et à mon humble souvenir, c’est pas mal ça que ça donnait. Les cours d’éduc étaient souvent une sorte de foire où les plus turbulents couraient partout et où ceux moins en forme faisaient une heure de participation passive, comme un sketch dans lequel tu fais bizarrement semblant de faire du sport.

Comme dans toute chose, la pratique est la clé du succès. Et l’école échoue présentement de manière lamentable à donner un exemple pédagogique à cet effet à la jeunesse. Le plus ridicule, c’est qu’il ne s’agit pas de régler un problème dont la compréhension nous échappe ou dont les ressources nécessaires pour le régler sont inaccessibles ou trop coûteuses. Un cours d’éduc par jour. Tous les jours. Point. C’est pas si compliqué que ça pour vrai…

On dépense des millions de dollars pendant des années pour faire la Réforme, on s’aperçoit des échecs, on recommmence, on rééssaie de plus belle, vous connaissez la longue histoire du fiasco de cette réforme scolaire. Bref, quand on prend cela en compte, on ne peut que se demander pourquoi des efforts aussi soutenus ne sont pas mis en marche afin de rendre le cursus scolaire responsable vis-à-vis la santé et les habitudes de vie des étudiants. Encore une fois, c’est le fait que les jeunes passent autant de temps à l’école qui rend l’activité physique planifiée et fréquente nécessaire, car même s’ils font du sport la fin de semaine ou un soir de semaine, ce ne sera probablement pas assez pour réellement se maintenir en santé. Surtout pour des jeunes en pleine croissance et en plein développement, se maintenir en santé et en forme veut également dire bouger à tous les jours.

C’est précisément cela que le ministre de l’Éducation Yves Bolduc semble avoir de la difficulté à comprendre lorsqu’il explique pourquoi il n’y aura pas une augmentation du nombre d’heures consacrées aux cours d’éducation physique : « Pour moi, ce qui est important, c’est de leur donner surtout la culture de l’exercice. Et de continuer, pas juste en classe, mais tout le temps. On est d’accord, ça passe par l’école, mais ça passe également par un environnement physique par lequel ils peuvent faire de l’activité physique, ça prend des parents qui les encouragent. » Monsieur Bolduc, on ne peut pas inculquer la culture de l’exercice à des jeunes en ne leur présentant pas l’exercice comme quelque chose d’important sur une base quotidienne. Vous dites que vous aimeriez bien ajouter des cours d’éducation physique, mais qu’il n’y a pas de place pour apporter un tel changement. Honnêtement, votre sens des priorités est à remettre en question si vous pensez vraiment qu’il n’y a pas de place pour prendre au sérieux et tenter de régler un des plus graves problèmes de santé qui touchent l’ensemble de la jeunesse…

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