Le Mot du Président : La menace Bas-Canadienne

Wikileaks a leaké un document américain jadis classifié secret que je trouve fascinant; le document date du 7 octobre 1977 et son sujet est la menace que représente pour les États-Unis le mouvement nationaliste québécois et son plan référendaire.

Au lieu de le résumer et de le commenter, j’ai trouvé ça plus intéressant de simplement traduire les passages que je trouve les plus frappants. Chacun peut tirer ses propres conclusions, mais la moindre des choses qu’on puisse dire c’est que le futur du Québec, en 1977 comme encore aujourd’hui très probablement, ça ne concerne pas seulement les Québécois, qu’on le veuille ou non. Ce texte est un incroyable rappel que les règles du jeu politique ne se limitent jamais aux uniques sources de pouvoir dites officielles, c’est-à-dire le gouvernement élu et son peuple.

(En passant voici le lien vers le texte en-ligne, sur le site de Wikileaks.)

THE NEXT THREE YEARS WILL IN ALL LIKELIHOOD DECIDE WHETHER CANADA SURVIVES AS AN ENTITY WHILE GRADUALLY ADJUSTING TO QUEBEC NATIONALISM, OR WHETHER QUEBEC ATTEMPTS SOME SUDDEN, DESTABILIZING LUNGE TOWARDS INDEPENDENCE. ODDS FAVOR THE FIRST OUTCOME, BUT IT WILL REQUIRE VIGOROUS NEW ACTION BY OTTAWA (AND POTENTIALLY SOME BY THE U.S.) TO ASSURE IT.

Résumé. Les trois prochaines années vont en toute vraisemblance déterminer si le Canada survit en tant qu’entité politique intégrale en s’ajustant graduellement au nationalisme québécois, ou si le Québec, de son côté, effectue de soudaines actions en faveur de l’indépendance. Les chances avantagent le premier scénario, mais de vigoureuses nouvelles actions doivent être entreprises par Ottawa (et potentiellement par les États-Unis) pour l’assurer.

TRUDEAU WILL WIN THE MID-1978 FEDERAL ELECTIONS, BUT HIS VICTORY WILL DO LITTLE FOR THE FEDERALISTS IN QUEBEC. THERE THE PQ IS WELL POSITIONED TO WIN THE PROVINCIAL ELECTIONS IN 1979 OR 1980, AND THUS TO STAY IN POWER LONG ENOUGH TO SEPARATE QUEBEC FROM CANADA IN MANY WAYS DE FACTO IF NOT DE JURE.

Trudeau gagnera les élections fédérales de 1978, mais sa victoire apportera peu de support aux fédéralistes au Québec. Au Québec, le PQ est bien positionné pour gagner les élections provinciales en 1979 ou en 1980, et donc pour demeurer au pouvoir assez longtemps pour séparer le Québec du Canada de plusieurs manières de facto, si non de jure.

THE FIRST U.S. INTEREST IS IN CANADA STAYING TOGETHER. OUR SECOND INTEREST IN IN SEEING THAT CONFEDERATION’S INEVITABLE TRANSFORMATION OCCURS WITHOUT MAJOR SHOCKS THAT COULD RADICALIZE FRENCH CANADA AND SET IT INTO PERMANENT HOSTILITY TOWARD ENGLISH CANADA AND POTENTIALLY TOWARD US. […] WE SHOULD SEIZE EVERY OPPORTUNITY TO GIVE CANADIANS THE SENSE OF SECURITY THEY NEED IN A TIME OF TROUBLES BY DRAWING OUR ECONOMIES CLOSER TOGETHER AND MAXIMIZING OUR POLITICAL CONTACT. AND WE SHOULD CONSIDER WHETHER THE U.S. MAY NOT HAVE SOME ROLE TO PLAY TO MAKE SURE THE REFERENDUM OUTCOME IS CON- SISTENT WITH CONFEDERATION’S GRADUAL TRANSFORMATION, NOT ITS RUPTURE.

L’intérêt premier des États-Unis est que le Canada demeure uni. Notre second intérêt réside en le fait de s’assurer que les inévitables transformations qui auront lieu au Canada se déroulent sans chocs majeurs qui pourraient radicaliser le Canada français et le placer en position d’hostilité permanente envers le Canada anglais et potentiellement les États-Unis. […] Nous devrions saisir toute opportunité de donner aux Canadiens le sentiment de sécurité dont ils ont besoin en ces temps troublés en amenant nos économies à se rapprocher davantage et en maximisant nos contacts politiques. Et nous devrions évaluer si les États-Unis n’aurait pas un rôle à jouer pour s’assurer que le résultat du référendum s’accorde avec l’option d’une transformation graduelle pour le Canada, et non avec sa rupture.

QUEBEC REFERENDUM. THE PQ STRATEGY IS NOW CLEAR. IT HOPES TO GET A POPULAR MANDATE FOR SEPARATION BY (A) STRUCTURING THE REFERENDUM QUESTION RIGHT, FORCING CHOICE BETWEEN THE STATUS QUO ON ONE EXTREME AND FULL INDEPENDENCE ON THE OTHER, WITH THE PQ’S SOVEREIGNTY FOR QUEBEC IN ECONOMIC ASSOCIATION WITH THE REST OF CANADA AS THE MIDDLE OPTION; (C) USING A RESTRICTTVE REFERENDUM LAW TO OBSTRUCT PARTICIPATION IN THE CAMPAIGN OF FUNDS AND POLITICAL FIGURES FROM OUTSIDE QUEBE […]

Référendum au Québec. La stratégie du PQ est maintenant claire. Le PQ espère obtenir un mandat populaire en faveur de la séparation en A) structurant la question référendaire à son avantage, forçant ainsi un choix entre le statut quo d’un côté et l’indépendance totale de l’autre, avec une association économique entre un Québec souverain et le reste du Canada comme option médiane; […] C) utilisant une loi référendaire restrictive qui empêcherait la participation, pendant la campagne politique, de fonds monétaires et de figures politiques provenant de l’extérieur du Québec […]

TRUDEAU CAN BE CONFIDENT THAT HIS STICK — THREATS OF ECONOMIC DISASTER — WILL IMPRESS SOME QUEBEC VOTERS. ENGLISH-SPEAKING PROVINCIAL PREMIERS HAVE ALREADY BEGUN TO PUSH THE POINT THAT QUEBEC COULDN’T EXPECT CONTINUED MARITAL RIGHTS WHILE GETTING A DIVORCE, AND THUS THAT SEPARATION WOULD MEAN DISRUPTION OF QUEBEC’S TRADE AND ECONOMIC TIES WITH THE REST OF CANADA. IF THE ECONOMY CONTINUES TO STAGNATE — AND THE ONGOING SHIFT OF BUSI- NESS OUT OF MONTREAL ALMOST ASSURES THAT — QUEBEC VOTERS WILL REMAIN INCLINED TO CAUTION, AND WILL LISTEN TO THE ECONOMIC ARGUMENT.

Trudeau peut être confiant que son « bâton » – des menaces de désastre économique – saura impressionner certains électeurs québécois. Les premiers ministres anglophones des autres provinces ont déjà commencé à argumenter le fait que le Québec ne peut pas continuer à espérer jouir des privilèges associés au mariage pendant qu’il tente activement de se divorcer, et donc que la séparation serait synonyme d’une interruption des liens économiques entre le Québec et le reste du Canada. Si l’économie continue à stagner – et le départ continuel d’entreprises quittant Montréal l’assure pratiquement – les électeurs québécois seront enclin à la prudence et écouteront l’argument économique.

BUT TRUDEAU CAN’T BE SURE AS OF NOW TO AVOID THE TRAP THE PQ WILL SET IN THE REFERENDUM, UNLESS HE OFFERS QUEBEC A MAJOR NEW DEAL THAT IS PERCEIVED AS GENEROUS AND AUTHENTIC. […] THE FEDERAL GOVERNMENT MUST SOMETIME IN 1978 BUT PROBABLY JUST BEFORE OR AFTER THE FEDERAL ELECTION COME UP WITH A MAJOR CONSTITUTIONAL INITIATIVE. THAT IS NOW ITS PLAN.

Mais Trudeau ne peut pas être sûr d’éviter le piège que le PQ va tendre avec le référendum, à moins qu’il n’offre au Québec un nouveau deal majeur qui sera perçu comme authentique et généreux. […] Le gouvernement fédéral doit, quelque part en 1978, mais probablement juste avant ou après l’élection fédérale, mettre sur pied une initiative constitutionnelle majeure en ce sens. Ceci est présentement le plan du gouvernement fédéral.

BUT WE CANNOT IGNORE THAT THERE ARE POTENTIALLY DANGEROUS OUTCOMES TOO. A PARTICULARLL SERIOUS SITUATION COULD DEVELOP IF LEVESQUE GETS A BARE MAJORITY IN THE REFERENDUM AND PROCLAIMS VICTORY, WHILE THE FEDERAL GOVERNMENT INSISTS THAT NOTHING LESS THAN A SWEEPING VOTE IS DETERMINING, AND TRIES TO HOLD ITS OWN REFERENDUM. IN THESE CIRCUMSTANCES THE INSTRUMENTS OF FORCE (ARMY, ROYAL CANADIAN MOUNTED POLICE, QUEBEC SURETE) COULD POLARIZE VERY QUICKLY, IF THEY HAD NOT DONE SO ALREADY. A POTENTIAL FOR PHYSICAL CONFRONTATION AND VIOLENCE WOULD FOLLOW.

Mais nous ne pouvons ignorer qu’il existe également des scénarios potentiellement dangereux. Une situation particulièrement sérieuse pourrait se développer si Lévesque obtenait une mince majorité au référendum en proclamant la victoire alors que le gouvernement fédéral insiste que rien de moins qu’une majorité écrasante peut être considérée comme déterminante. Devant ce scénario, le fédéral pourrait être tenté d’organiser son propre référendum. Dans ces circonstances, les instruments de la force (l’armée, la Gendarmerie Royale du Canada, la Sûreté du Québec) pourrait se polariser très rapidement, si ce n’est déjà fait. Un potentiel de confrontation physique et violente s’ensuivrait.

ROLE OF THE UNITED STATES. BY ITS ACTION OR BY ITS INACTION THE UNITED STATES WILL PLAY A DECISIVE ROLE IN THE OUTCOME. ANY MOVE BY THE UNITED STATES THAT CONVEYS NEUTRALITY OVER THE CONFLICT OR THAT COULD BE INTERPRETED BY QUEBECKERS AS U.S. WILLINGNESS TO PICK UP THE PIECES AFTER INDEPENDENCE COULD PUT LEVESQUE OVER THE TOP IN THE REFERENDUM, BY REASSURING SOME OF THE PRESENTLY WORRIED MIDDLE IN QUEBEC POLITICS THAT THE PQ’SOVEREIGNTY/ ASSOCIATION” IS VIABLE OPTION. THIS IS THE WORRY THAT TRUDEAU COMMUNICATED TO ME THIS WINTER AFTER THE PQ VICTORY, BEFORE HE HAD A CHANCE TO MEET WITH PRESIDENT CARTER.

Rôle des États-Unis. Par son action ou son inaction, les États-Unis vont jouer un rôle décisif sur le résulat du référendum. Toute action faite par les États-Unis qui pourrait communiquer une position de neutralité face au conflit pourrait être interprétée par les Québécois comme une volonté américaine d’aider à « ramasser » les morceaux après qu’un référendum ait avantagé Lévesque. Il y aurait une tentative de rassurer la population présentement inquiète que la souveraineté du Québec est en ce sens une option viable. C’est l’inquiétude que Trudeau m’a commniquée cet hiver après la victoire du PQ, avant qu’il n’ait eu la chance de discuter avec le président Carter.

THE U.S. COULD ALSO HELP CONTAIN THE PQ IN THE REFEREN DUM, FOR EXAMPLE BY MAKING CLEAR (AS WOULD THE ENGLISH- SPEAKING PROVINCES) DURING THE CAMPAIGN THAT AN INDEPENDENT QUEBEC COULD EXPECT NO SPECIAL ECONOMIC FAVORS FROM THE UNITED STATES AND INDEED MIGHT FIND ITSELF SHUT OUT OF THE UNITED STATES MARKET. I DON’T THINK WE CAN RULE OUT AN EVENTUAL REQUEST BY TRUDEAU TO TAKE SUCH A POSITION SHOULD IT BECOME OBVIOUS THAT THE REFERENDUM CAMPAIGN IS NOT GOING WELL FOR THE FEDERALISTS.

Les États-Unis pourrait aussi aider à contenir le référendum du PQ, par exemple en rendant clair (comme le ferait les provinces canadiennes anglophones) durant la campagne qu’un Québec indépendant ne pourrait s’attendre à aucune faveur économique spéciale de la part des États-Unis, et qu’ au contraire le Québec pourrait même se retrouver exclu du marché américain. Je ne crois pas que l’on puisse rayer entièrement l’éventualité que Trudeau nous fasse cette demande si jamais la campagne référendaire ne se déroule pas bien pour les fédéralistes.

FINALLY, WE MUST RECOGNIZE THAT THERE IS NO OUTCOME TO THIS CONFLICT WHICH DOES NOT INVOLVE A SUBSTANTIALLY MORE AUTONOMOUS QUEBEC, IN WHICH WE WILL HAVE MAJOR STRATEGIC, ECONOMIC AND POLITICAL INTERESTS THAT CANNOT BE PROTECTED ONLY THROUGH OTTAWA. OVERT INTERFERENCE BY THE UNITED STATES ON THE SIDE OF OTTAWA COULD MAKE CLOSE AND EFFECTIVE RELATIONSHIPS WITH QUEBEC VERY DIFFICULT FOR A LONG PERIOD.

Finalement, nous devons reconnaître qu’il n’y a aucune conclusion possible à ce conflit qui n’implique pas un Québec substantiellement plus autonome, dans lequel nous aurions des intérêts stratégiques, économiques et politiques majeurs qui ne pourraient être protégés uniquement par Ottawa. Une interférence ouverte de la part des États-Unis en faveur d’Ottawa pourraient rendre très difficiles, et pendant une longue période, des relations rapprochées avec le Québec.

BUT WE DO HAVE AN IMPORTANT STAKE IN THE WAY IN WHICH CANADA ADJUSTS TO QUEBEC NATIONALISM. A GRADUAL PROCESS OF DEVOLUTION IN WHICH QUEBEC REMAINS IN A CANADIAN FRAME- WORK, ECONOMICALLY AND POLITICALLY ACCESSIBLE TO ENGLISH CANADA AND TO US IS CONSISTENT WITH OUR INTERESTS. THE CHANGE ITSELF WILL MOSTLY AFFECT AREAS OF INDIFFERENCE TO US (CULTURE, EDUCATION, IMMIGRATION). BUT WE WOULD HAVE MUCH TO LOSE IF A SIEGE MENTALITY WERE TO DEVELOP IN QUEBEC WITH POLITICAL REJECTIONISM TOWARDS NORTH AMERICA AND ECONOMIC DIRIGISME ADDED TO THE CULTURAL PROTECTIONISM THAT ALREADY EXISTS.

Mais la manière dont le Canada s’ajuste au nationalisme québécois est un enjeu important pour nous. Un processus graduel de dévolution à travers lequel le Québec demeure dans un cadre canadien, économiquement et politiquement accessible au Canada anglais et aux États-Unis, est en accord avec nos intérêts. Le changement lui-même affectera principalement des secteurs qui nous sont indifférents (culture, éducation, immigration). Mais nous aurions beaucoup à perdre si une mentalité d’assiégé se développait au Québec, avec un rejet politique de l’Amérique du Nord doublé d’un dirigisme économique ajouté au protectionnisme culturel déjà existant.

[…] WE KNOW THERE IS A VIGOROUS RADICAL MINORITY IN THE PQ THAT IS HOSTILE TO THE GRADUALIST APPROACH TO INDEPENDENCE SYMBOLIZED BY THE REFERENDUM, AND WHOSE ECONOMIC IDEOLOGY IS ANTI-CAPITALIST […] THE RADICALS CAN DOMINATE LEVESQUE AND THE REST OF THE MODERATE LEADERSHIP. IF THE PROVINCE UNITES BEHIND THE PQ BECAUSE OF AN OTTAWA/QUEBEC CONFRONTATION OVER WHO WON THE REFERENDUM, BECAUSE OF VIOLENCE, OR BECAUSE OF ACTS THAT ARE PERCEIVED AS ECONOMIC WARFARE BY ENGLISH CANADA, THE RADICALS COULD TAKE OVER THE DIRECTION OF AFFAIRS IN QUEBEC CITY AND SET THE PROVINCE ONTO A PATTERN OF HOSTILITY TOWARDS ALL OF NORTH AMERICA. […] Nous savons qu’il existe une vigoureuse minorité radicale au sein du PQ qui est hostile à l’approche souverainiste graduelle symbolisée par le référendum, et qui maintient une idéologie économique anti-capitaliste […] Les radicaux pourraient dominer Lévesque et le reste des modérés. Si la province s’unit en support du PQ à cause d’une confrontation entre Québec et Ottawa sur le résultat du référendum, à cause de violences, ou à cause d’actes perçus comme des actes de guerre économique, les radicaux pourraient prendre le contrôle de la direction des affaires à Québec et enligner la province dans un comportement hostile envers toute l’Amérique du Nord.

WE SHOULD CONTINUE OUR PRESENT NEUTRAL/POSITIVE STANCE ON CANADIAN UNITY, EXPRESSING THE PERSONAL HOPE OF AMERICANS THAT CANADA STAYS TOGETHER (AND CONFIDENCE THAT IT WILL), WHILE DENYING A WISH TO INTERVENE.

Nous devrions continuer à exprimer notre position neutre/favorable à l’unité canadienne, exprimant par la même occasion l’espoir et la confiance des Américains que le Canada reste uni, tout en réfutant des accusations d’ingérence.

FINALLY, WE SHOULD BEGIN TO CONSIDER NOW OUR STANCE DURING THE REFERENDUM CAMPAIGN. AS PART OF ITS “SOVEREIGNTY- ASSOCIATION” PLAY THE PQ WILL WANT TO SHOW THAT AN INDEPEND ENT QUEBEC COULD GET ALONG NO WORSE AND PERHAPS BETTER WITH US. LEVESQUE IS STARTING THE CAMPAIGN ALREADY, CHANGING THE PQ’S ATTITUDE ON NORAD AND NATO TO POSITIVE. A CRITICAL PLAY FOR US WILL BE WHETHER OR NOT TO TAKE ACTION TO MAKE SURE THAT QUEBEC VOTERS DO NOT BELIEVE THERE IS A “U.S. OPTION”. WE WOULD NOT WISH TO COMMUNICATE THAT MESSAGE IF IT WERE NOT NECESSARY TO AVOID A PQ VICTORY, IF OTTAWA DIDN’T WANT IT, OR IF THE POTENTIAL DAMAGE TO OUR FUTURE RELATION- SHIPS IN FRENCH CANADA WERE VERY HIGH. BUT IN A FINELY BALANCED SITUATION THIS COULD BE THE DECISIVE ELEMENT IN DETERMING WHETHER OTTAWA AND QUEBEC MOVE TOWARDS ACCOM- MODATION, OR TOWARDS RUPTURE.

Finalement, nous devrions commencer à considérer dès maintenant notre position durant la campagne référendaire. La stratégie « souveraineté – association » du PQ voudra montrer qu’un Québec indépendant pourrait s’entendre avec les États-Unis aussi bien qu’avant, et même encore mieux. Lévesque a déjà commencé cette campagne, modifiant l’attitude du PQ envers l’OTAN et NORAD pour une attitude positive. Il sera important pour nous de déterminer si nous devons ou non prendre action afin de s’assurer que les électeurs québécois ne puissent pas croire à une « option américaine ». Nous ne souhaiterions pas communiquer ce message s’il n’était pas indispensable afin d’éviter une victoire du PQ, si Ottawa ne le désirait pas ou si les dommages potentiels qui s’ensuivraient dans nos futures relations avec le Canada français s’avéraient trop élevés. Mais dans une situation finement balancée, ceci pourrait être l’élément décisif qui détermine si Ottawa et Québec se dirigent vers le compromis ou la rupture.

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up