L’art de crosser un pénis à l’huile – Partie 2

Bon, on va mettre quelque chose au clair : quand vous lisez un article, on le sait. Genre, en ce moment même, au bureau, on peut voir combien de lecteurs sont sur cette page. Ça fait que pour les cachettes, on repassera. (Mais rassurez-vous, on ne sait pas qui vous êtes, ni si vous nous lisez des toilettes ou de votre lit.)

Toujours est-il que grâce à ce super don de voyance (Google Analytics), on sait qu’il y a toujours quelqu’un, dans le monde, en train de consulter l’article L’art de crosser un pénis à l’huile.

Dans le dernier mois, plus de 3 000 personnes se sont intéressées à ce texte publié en mars 2011. Et on ne vous mentira pas : ça nous fascine.

On ne sait pas grand-chose sur vous, mais on devine que vous êtes avides de techniques masturbatoires. Alors, dans l’unique souci de mieux vous servir, on est parti à la recherche de conseils pour mieux vous guider dans l’art de crosser un pénis à l’huile.

L’avis d’un homme payé pour toucher/se faire toucher

Acteur porno depuis cinq ans et producteur depuis trois, Brandon Jones (son site, pour adultes avertis, est ici) n’est pas du tout surpris par notre demande : “Les gens m’approchent régulièrement pour avoir des trucs, peaufiner des techniques ou juste essayer de mieux s’assumer dans leur sexualité. Ça vient de tous les âges et toutes les cultures, mais dans 90% des cas, ça vient de la part de femmes! J’ai rapidement compris que mon rôle d’acteur porno est aussi un rôle d’éducation.”

Et si la question qu’on lui pose le plus souvent est “Comment fait-on de bonnes fellations?”, l’acteur se fait aussi régulièrement demander comment faire pour mieux masturber. Sa réponse : tout est dans l’hydratation.

“La masturbation à sec peut être inconfortable. Surtout dans le cas de pénis circoncis, alors on met beaucoup de lubrifiant. Comme les pénis circoncis perdent de la sensibilité, les terminaisons nerveuses sont plus réceptives sur la tête du pénis. Je conseille donc de se concentrer sur le gland en faisant des mouvements circulaires.”

Et les pénis non circoncis, eux? Brandon Jones poursuit : “Ils sont plus faciles à bouger de haut en bas, donc ils ont moins besoin d’hydratation… Je conseille de mettre une main à la base du pénis et de profiter du fait que tout le long du pénis est sensible. Dans tous les cas, l’observation est primordiale. Regardez comment votre partenaire se masturbe et apprenez. Ça peut se faire en une seconde, c’est du quick learning. C’est comme lire la personnalité d’autrui. Mais sur son pénis.”

Et c’est là qu’il a droppé la phrase la plus drôle de toutes nos entrevues…

“J’ai créé un acronyme qui résume la technique parfaite pour rendre un homme fou : CCE, pour ‘crache, crosse, eye contact’. Ça marche à tout coup.”

La pornographie en ligne pullule de vidéos érotiques impliquant de l’huile. Souvent, on y voit des couples de femmes. Comme Brandon Jones est un acteur gai, on en a profité pour jaser du fantasme de l’huile dans la communauté queer. Il nous aiguille : “Je pense que c’est un trip surtout présent chez les 45 à 70 ans. C’est donc soit un truc qui vient avec l’âge, soit un art qui va se perdre! En tout cas, je crois que c’est un fantasme moins installé dans la communauté queer que dans la communauté hétérosexuelle…”

QUOI? Les vidéos de femmes se massant avec de l’huile seraient-elles possiblement destinées à un public dit hétérosexuel? IMPOSSIBLE. (Par souci de rigueur, on tient à préciser qu’on a tenté d’approfondir nos recherches au sujet de l’érotisme intrinsèque à l’huile, mais que pour l’instant, ça ne débloque sur rien de bien tangible. Encore moins sur des recherches liées aux fantasmes genrés. Avis aux chercheurs.)

L’avis d’une conseillère dans une boutique érotique

On a récemment rencontré Ariane dans le cadre d’un reportage dans une boutique érotique. On l’a tellement aimée qu’on a décidé de l’appeler pour jaser masturbation. Elle avait d’importantes informations à livrer au sujet de l’huile…

“L’huile, c’est intéressant parce que tu peux l’utiliser pour la détente et/ou pour l’érotisme. Mais si ça mène plus loin, il est important de savoir qu’elle n’est pas compatible avec les condoms. Alors à moins d’être dans une relation monogame où tout le monde est à jour dans ses tests de santé, je n’opterais pas pour ce choix. Puis même dans ce cas, l’huile n’est pas recommandée pour la pénétration. C’est pourquoi je conseille plutôt un lubrifiant à base de silicone. C’est glissant comme de l’huile, ça ne devient pas collant et ça laisse plus place à la spontanéité! Sinon, l’huile de coco est très populaire chez ceux qui n’utilisent pas de condom…”

Bon à savoir! Mais concrètement, en tant que néophyte de l’huile, de quelle quantité a-t-on besoin? Elle nous guide : “Certaines personnes aiment ça avec fuuuull de lube et d’autres avec juste un peu! Mais en général, vaut mieux commencer avec l’équivalent d’une cuillère à thé d’huile, et même un peu moins de lubrifiant à base de silicone. Ensuite, on s’ajuste, au besoin. Faut pas oublier que trop de lubrification, ça peut faire en sorte qu’on ne sente plus grand-chose!

Faut aussi noter que l’huile et le silicone tachent les draps, alors faut penser à mettre une couverture ou une serviette prévue à cet effet… À moins qu’on se foute de notre literie!”

L’avis d’une diplômée en sexologie clinique

Après en avoir semi-couvert les aspects pratique et technique, on a eu envie d’en savoir plus sur l’aspect clinique de la masturbation à l’huile. Notre collaboratrice Julie Lemay a pris le relais.

“En fait, ce qu’on se demande aujourd’hui c’est ‘comment stimuler sexuellement un organe génital externe masculin à l’aide d’une substance favorisant le glissement?’. JE VOIS! Certains hommes préfèrent en effet utiliser un liquide adoucissant l’effet de friction lors de l’autostimulation, particulièrement lorsque circoncision il y a. Raison? Sans circoncision, le prépuce frotte sur le gland et contribue à la stimulation alors qu’en l’absence de ce doux recouvrement sur le gland, il peut être plus confo d’y aller avec un peu de « huilage ». Ça dépend des préférences!

Et pour reprendre la question niveau masturbation, je constate que souvent, on incite les gens à ‘épicer’ leurs activités sexuelles en couple alors qu’on ne voit pas beaucoup d’articles proposant d’’épicer’ ses techniques masturbatoires. Et là qu’on se le dise une fois pour toutes, le damné verbe ‘épicer’ me semble nettement plus approprié pour donner une twist tex-mex à une livre de bœuf haché que pour adapter un vécu sexuel. En te masturbant, t’es pas mal l’élève et le maître. Vas-y : tu peux varier le rythme, la pression du toucher, le faire en fantasmant, en écoutant de la porn, pas de porn, avec de l’huile, pas d’huile, pendant 15 minutes, pendant 2 minutes. Go, vois ce que ça te procure comme sensation et chop chop le malaise : ce n’est pas une pathétique pratique de substitution!”

Inspirante Julie! Inspirante.

L’avis d’une femme payée pour toucher

Durant le mois du sexe d’URBANIA, on a aussi rencontré une escorte qui œuvre auprès d’une clientèle variée. On lui a demandé ses trucs de professionnelle. Et on vous partage ici sa très humble réponse…

“J’ai des petites mains. Avec des petites mains, c’est plutôt difficile de couvrir toute la surface du pénis. Alors j’utilise les deux. Je ne pense pas que masturber un homme est une pratique que je fais très bien. Je garde en tête qu’on est toujours mieux servi que par soi-même. Je reste ouverte aux commentaires.

Je peux comparer ma technique à l’utilisation d’une poivrière.

Idéalement la main gauche s’occupe du corps (je suis gauchère) et la droite couvre le gland. Les mains montent et descendent tout en faisant le tour. Plusieurs personnes m’ont dit que leur frein était une région sensible et agréable à toucher. Mon pouce y va de temps en temps.

Question d’alterner (et si le partenaire est d’accord), ma main droite descend vers les testicules. Des caresses, enrober le tout, masser, promener les doigts et insister plus ou moins vers le périnée. Ça ne dure jamais longtemps à moins que ce soit le trip de la personne. Après quelques minutes, je me tanne, mets un condom et passe à la fellation.”

L’art de crosser un pénis à l’huile selon une grande amatrice

Terminer un tour d’horizon de la masturbation sans le témoignage d’une grande fan? Impensable! En prime : une référence complètement troublante à notre enfance. Voici…

“Crosser un pénis à l’huile, c’est quasiment comme danser. Je te jure, tu peux faire une chorégraphie de crossette sur le pénis du ‘dividu! Tout ça pour dire que j’aime vraiment crosser un pénis avec du lubrifiant. L’huile, ça fait un peu trop régime méditerranéen à mon goût.

Je n’ai d’ailleurs jamais pu m’empêcher de jouer avec les tubes mous du Dollorama.

Vous vous rappelez?

Clairement un signe! Ce mouvement-là est inscrit dans mon ADN.

Aussi, le fun est là parce que ça glisse, c’est chaud et tu sais que ça fait plaisir… j’aime faire plaisir à mon prochain, avec un café ou avec un willey!

Bref, d’un point de vue technique, l’idéal c’est de déposer sa tête sur le torse de l’homme : ça permet de suivre le rythme cardiaque. Donc, même pas besoin de jaser, tu sais avec le baboum-baboum de son cœur que tu fais les bons gestes, au bon moment! La pression? C’est un peu comme tenir un œuf, tu ne veux pas le péter, mais tu ne veux pas l’échapper… faque tu serres, mais pas trop. La clé? C’est d’alterner : pression, rythme, une main, deux mains, glisser juste au niveau du gland et glisser tout du long! Faut être créatif et faut de la pratique! À qui le tour?”

En espérant avoir su contenter votre désir d’apprentissage, votre curiosité érotique et/ou votre passion pour le contenu huileux, on vous souhaite une bien bonne journée.

 Pour lire l’article original “L’art de crosser un pénis à l’huile”, c’est ICI.

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