J’ai quitté mon emploi d’actuaire à 60 000 $ pour devenir humoriste. LOL.

Voici quoi faire avant que vos revenus soient soudainement charcutés.

J’ai fait le saut lorsque j’ai complété mon rapport d’impôts de 2018. Du temps où j’étais actuaire, mon salaire annuel tournait autour de 60 000$ par année. En 2018, en tant qu’auteur et raconteur de blagues, j’ai fait moins de 10 fois mon ancien salaire.

Au moins, j’ai eu la chance de prévoir cette chute libre dans mon compte de banque. Voici ce qui se passe quand on est capable de le prévoir :

Préparer son coussin

Mon changement de carrière a été organisé à l’avance parce que rester dans mon ancien milieu m’entraînait dans un tourbillon de tourments quotidiens. J’ai eu la chance de pouvoir me préparer à l’impact. Une collision fait moins mal lorsqu’on porte un casque.

Personnellement, j’ai opté pour une stratégie à court et moyen terme : avoir le plus d’argent possible dans mon compte de banque. Une grosse partie est dans un autre compte me permettant de faire un peu d’intérêt, mais elle était toujours à proximité en cas de pépin.

La première étape a été d’extraire le plus possible de cash. J’ai donc vendu mon triplex pour m’assurer de pouvoir couvrir les frais de ma formation à l’École nationale de l’humour et pour pouvoir survivre pendant environ deux ans.

Cette planification m’a permis de plonger dans le vide avec l’esprit un peu tranquille.

 

Adopter le minimalisme

Des années difficiles m’ont forcé à adopter un style de vie minimaliste bien avant que Marie Kondo l’explique au grand public sur Netflix. Pour moi, le minimalisme est une grande source de réconfort.

Après tout, je n’achète presque jamais rien. Uniquement le strict nécessaire. J’habite dans un appartement tellement petit qu’on pourrait croire que je suis un hobbit.

Cette habitude me permet de survivre avec des revenus réduits. Après tout, l’argent qui sort est aussi important que l’argent qui entre.

Garder la tête hors de l’eau

Je crois que c’est important de regarder l’avenir honnêtement. Sommes-nous dans cette situation à court et long terme? Serons-nous potentiellement dans ce scénario pour le reste de notre vie? Si c’est le cas, autant s’y habituer et accepter les sacrifices que nous devrons faire avant que la vie ne nous les impose.

Gardez en tête que le montant affiché dans votre compte chèques n’est pas le reflet de vos succès ou de vos échecs. Personnellement, je suis plus heureux avec ce petit montant en banque qu’à l’époque où je pouvais dépenser sans compter tout en étant constamment malheureux.

Bien sûr, ce montant ne représente que votre réserve d’une ressource importante dans l’univers où nous vivons. Pour survivre avec un salaire amoindri, il faut fixer ses priorités. On peut aussi demander de l’aide à ses proches sans être gêné. Rappelez-vous : vous n’êtes pas le montant dans votre compte de banque.

 

Tourner la situation à son avantage

Si vous entretenez de mauvaises habitudes, je vous conseille de les régler au plus vite. Si votre consommation d’alcool, de drogue, de cigarettes ou d’autres substances est hors de contrôle, trouvez-vous une façon de mettre ces problèmes derrière vous. Le futur sera assez difficile comme ça. Nul besoin de traîner une charge supplémentaire.

Il y a quelques années, j’aurais jamais pensé que je vivrais un jour sous le seuil de la pauvreté. Ce n’est pas une situation à laquelle la vie m’avait organiquement préparé. Je ne peux pas vous cacher que cette réalité stressante me déplaît profondément.

Je me sers donc de mon envie de m’en sortir comme moteur. Je travaille sept jours sur sept pour remédier à la situation.

Je dois prendre soin de mon patron et mon employé qui sont en fait la même personne : moi-même.

Certaines personnes vivent de chèque de paye en chèque de paye, mais lorsqu’on devient travailleur autonome, il n’y a plus ce salaire qui se dépose automatiquement dans notre compte de banque. Alors je dois donc prendre soin de mon patron et mon employé qui sont en fait la même personne : moi-même.

La seule solution

Les deux ans d’économies que j’avais de côté tirent à leurs fins. Les mois de coussin que j’avais devant moi se transforment en semaines et seront bientôt des jours. C’est évidemment que je suis sous un stress constant. Il n’y a qu’une seule bonne façon d’affronter la vie selon moi : faire de son mieux.

Et si mon mieux ne paie pas le loyer pendant un boutte, des heures derrière le comptoir dans un café m’assisteront. C’est tout.

Je sais que ça fait très « j’ai trop tripé sur Fight Club », mais souvenez-vous : vous n’êtes pas votre emploi. Vous n’êtes pas votre capacité ou incapacité à avoir une voiture de l’année. Tout devrait bien aller si vous faites de votre mieux.

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