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Bye François

François Legault en 7 dossiers chauds

Non, on ne compte pas la fois où il a embrassé sa sœur sur la bouche.

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Mercredi, le premier ministre du Québec François Legault a annoncé sa démission, alors qu’il atteint les bas-fonds des sondages. Durant sa conférence de presse, il a affirmé avoir pris cette décision « pour le bien du Québec ».

Voici 7 moments marquants du passage au pouvoir du fondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ).

SA GESTION DE LA PANDÉMIE

Même si Legault a dit à plusieurs reprises en entrevue qu’il ne voulait pas qu’on se souvienne de lui pour sa gestion de la pandémie, reste qu’elle demeurera éternellement gravée dans l’esprit des Québécois, pour le meilleur et pour le pire.

C’est une période qui fut marquée par les directives sanitaires qu’il a dû annoncer : port du masque obligatoire, deux bras de distance, confinement, couvre-feu, passeport vaccinal, petits/moyens rassemblements et ces fameuses « bulles ». Et comment oublier ses points de presse quotidiens aux côtés d’Horacio Arruda (alors directeur général de la Santé publique du Québec) et de Christian Dubé (alors ministre de la Santé et des Services sociaux), où il était question de consignes, de tartelettes portugaises et d’aplatir la courbe.

Celui qu’on a brièvement surnommé « Papa Legault » s’efforçait de rassurer les Québécois, appelant à la solidarité à grands coups de « Ça va bien aller ».

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Si sa gestion lui a valu une montée fulgurante dans les sondages, elle a aussi mis en lumière d’importantes lacunes dans le système de santé québécois, particulièrement dans les CHSLD, de nombreux aînés sont décédés loin de leurs proches dans des conditions misérables.

LE FIASCO SAAQCLIC

En 2025, la transition numérique de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), incarnée par le lancement de la plateforme SAAQclic a rapidement tourné au vinaigre. Après avoir connu de nombreux ratés, elle s’est soldée par un dépassement de coûts d’environ 500 millions de dollars.

La commission Gallant – qui a elle-même coûté 7 millions de dollars aux contribuables – a permis de recenser de nombreux trous de mémoire, en plus de soulever des allégations de dissimulation d’informations et moult exemples de mauvaise gestion de contrats.

Lui-même appelé à témoigner, François Legault a affirmé ne pas avoir été mis au courant des dépassements de coûts.

Dans la foulée de sa transition numérique, la SAAQ devra désormais rendre des comptes tous les six mois à l’Autorité des marchés publics, le chien de garde des contrats publics du gouvernement, a-t-on appris cette semaine.

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L’ÉCHEC DE NORTHVOLT

En septembre 2023, Québec et Ottawa annonçaient en grande pompe leur intention d’investir conjointement des milliards de dollars dans un mégaprojet : l’implantation de l’usine de batteries Northvolt en Montérégie. Mais ce que la CAQ affirmait être le plus gros investissement privé de l’histoire du Québec s’est hélas soldé par un échec.

Le projet a mené à la démission du ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, en septembre 2024. C’est la faillite de la maison-mère en Suède, en mars 2025, qui a mis l’ultime clou dans le cercueil de la saga Northvolt.

Au bout du compte, ce sont 270 millions de dollars de fonds publics qui ont été perdus.

LA LOI 2 ET LA CHICANE AVEC LES MÉDECINS

Les derniers mois de règne de Legault ont été ponctués par un bras de fer entre son gouvernement et les médecins.

En octobre 2025, Québec adoptait sous bâillon la loi 2, visant à imposer une réforme sur le mode de rémunération des médecins qui serait désormais basée en partie sur des indicateurs de performance.

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La loi, et son adoption sous bâillon, ont suscité l’indignation des médecins, qui dénoncent des objectifs d’efficacité impossibles à atteindre.

Plusieurs ont menacé de quitter le Québec, et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, en a profité pour les inviter à venir pratiquer sur son territoire.

Par la suite, Lionel Carmant, l’un de ses proches amis et ministre responsable des Services sociaux , a claqué la porte, sa femme et sa fille étant médecins.

Puis, en décembre dernier, les médecins de famille ont accepté une entente de principe prévoyant le retrait, entre autres, des indicateurs de performance et des pénalités financières.

Insatisfait, le ministre Dubé a quitté le caucus et siège maintenant comme indépendant.

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LE TROISIÈME LIEN

Véritable boulet politique, le projet de troisième lien entre Québec et Lévis restera l’un des héritages les plus contestés de l’ère Legault, divisant la population et les élus depuis ses tout débuts.

Le projet a fait couler de l’encre pour ses multiples revirements de situation et ses coûts élevés, mais surtout en raison de l’entêtement du gouvernement, qui a persévéré malgré les études qui ne justifient pas une telle construction.

À ce jour, le projet demeure en phase de développement.

LE PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC

En octobre dernier, la CAQ dépose son projet de loi 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. Dans la foulée, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a été accusé par ses opposants politiques d’avoir écrit sa « loi des lois » derrière des portes closes.

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De son côté, le Barreau du Québec a sonné l’alarme, craignant que cette constitution ne menace entre autres l’équilibre des pouvoirs et la protection des droits et libertés fondamentaux.

Le projet de loi a aussi beaucoup fait parler pour son article 29, qui stipule que « L’État protège la liberté des femmes d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ». Si Jolin-Barrette s’est défendu que cet ajout visait à protéger le droit à l’avortement, des experts soutiennent qu’il ouvre plutôt la porte à la contestation de sa validité devant les tribunaux.

LE DÉPART DE NOMBREUX DÉPUTÉS

Depuis septembre 2024, huit députés ont quitté le bateau de la CAQ, dont cinq anciens ministres. Parmi eux, certains ont démissionné alors que d’autres ont été mis à la porte.

Parmi ceux qui ont quitté de leur plein gré, on retrouve l’ex-ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, qui a tiré sa révérence après avoir été écartée lors du remaniement ministériel en septembre dernier.

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Après une dernière année des plus mouvementées, on verra si le premier ministre se donnera « Legault » pour un peu de répit, loin des projecteurs. Qui sait, peut-être sautera-t-il dans le prochain vol d’Air Transat, une fois la place de son successeur assurée.

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