Est-ce que le Beyond Burger goûte vraiment comme le steak haché ?

On a testé le nouveau produit chouchou des végétaliens.

Il y a quelques semaines, je m’improvisais chroniqueur de terrain alors que je visitais une cabane à sucre végétalienne afin de voir si, oui ou non, l’amoureux du bacon #notafoodie que je suis pouvait y trouver son compte.

Longue réponse courte : c’était bien, mais je n’y retournerai probablement pas.

Dans la lignée de mes aventures dans le monde émergent de l’alimentation végétalienne, un item attirait particulièrement mon attention depuis quelques mois. Sa disponibilité récente en épicerie est donc devenue l’occasion en or pour finalement l’essayer. Je parle ici du Beyond Burger.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi quelques clarifications.

Je n’ai pas envie d’entrer dans le débat sur l’éthique de la consommation animale et sur la portée écologique de notre production alimentaire. Je n’ai pas une opinion éclairée sur le sujet et mes connaissances sont utilitaires, au mieux, sur ces dossiers vastes. D’autres le feront mieux que moi en vous offrant une lecture plus recherchée sur ces réalités.

Sans m’autoproclamer expert du burger comme un Jughead du grand 514, disons que je ne serais pas gêné de participer à une dégustation qui décernerait des lauréats dans le domaine.

Cependant, j’ai une expertise très certaine dans la consommation des hamburgers. J’en mange chaque semaine, que ce soit au restaurant ou à la maison, et je dois avouer qu’il s’agit pas mal de mon repas préféré en raison de sa composition de base, c’est-à-dire : un pain bien choisi, une boulette bien assaisonnée et des condiments selon les envies du moment. Sans m’autoproclamer expert du burger comme un Jughead du grand 514, disons que je ne serais pas gêné de participer à une dégustation qui décernerait des lauréats dans le domaine.

Je suis à ce point confiant en mes papilles gustatives quand on parle d’un bon hamburger, été comme hiver, sur le barbecue ou dans une poêle fumante.

Bref, c’est à titre de consommateur curieux et d’amateur d’hambourgeois que j’ai décidé d’acheter des boulettes Beyond Meat à l’épicerie pour vous en parler ici même sur URBANIA.

Il y a aussi une partie de moi qui est un peu tannée de voir des témoignages de gens confondus par ces boulettes alors qu’ils n’ont pas mangé de viande depuis quinze ans. Ou pire, ceux qui sont payés par une chaîne de restauration rapide pour dire que leur burger est ben bon. J’avais envie de vous offrir la voix sans visage d’un « Gilles » ou d’une « Ginette » qui se fait offrir ce burger lors d’un souper de famille, sans avertissement, et qui décide de tout simplement le manger pour voir si, au final, c’est bon ou non dans sa yeule.

Maintenant que tout cela est dit, passons à l’expérience Beyond Burger dans toute sa splendeur.

Une dégustation sérieuse

Avant de cuisiner les boulettes Beyond Meat, il faut commencer par les acheter. Pour l’instant, elles ne sont pas encore disponibles dans tous les supermarchés, mais elles ne sont pas rares pour autant. Suffit de visiter les bons points de vente et, éventuellement, elles se démocratiseront sur les tablettes. C’est, après tout, le début d’un marché qui prendra certainement de l’ampleur. Après quelques essais, j’en ai trouvé dans les frigos des viandes, près du steak haché régulier.

Ensuite, comme je voulais vraiment mettre en vedette les boulettes, j’ai décidé d’appliquer une méthode à ma dégustation: une cuisson simple et accessible avec un peu d’huile dans une poêle chaude (parce que du beurre pour un produit végane, c’est comme tricher) et seulement du sel et du poivre comme assaisonnement. Pas d’épices à steak, pas de sauce BBQ. Même qu’à l’intérieur du burger, j’évacue tous les condiments sauf le ketchup pour quand même avoir une certaine humidité à l’intérieur du sandwich. Donc, un pain légèrement grillé et une boulette.

THAT’S IT !

Difficile alors de déterminer si le goût de la révolutionnaire boulette est agréable ou non, s’il est huitième dans la hiérarchie de notre bouche.

Je veux goûter les boulettes pour ce qu’elles ont à offrir. Un burger avec de la laitue, des tomates, des oignons, trois sortes de condiments et des marinades offre une belle expérience gustative, sans l’ombre d’un doute, mais c’est normal, avec tous ces éléments, que le goût se fonde en un tout. Difficile alors de déterminer si le goût de la révolutionnaire boulette est agréable ou non, s’il est huitième dans la hiérarchie de notre bouche.

Alors on garde ça simple et semi-scientifique. Un peu de rigueur pour bien découvrir ces boulettes si populaires même si, vous le verrez sur les photos, un burger sans condiment c’est un peu tristounet.

Préparation et cuisson

Pour ce qui est de la cuisson de la boulette, je voulais imiter le plus possible une façon de faire que j’aime employer à la maison – c’est-à-dire de ne tourner qu’une seule fois la boulette dans une poêle bien chaude pour créer une croûte de cuisson. Avec la viande hachée, une saveur très intéressante se développe ainsi.

Avec le Beyond Burger par contre, la constitution ne semble pas le permettre.

Je ne voulais pas trop cuire les boulettes, comme l’indique l’emballage, mais j’ai l’impression que je n’aurais pas vraiment obtenu de croûte même en laissant le tout cuire plus longtemps.

Dommage.

Sinon, peu de différence à la cuisson. Même que les boulettes « jutent » dans la poêle, mais ça ressemble plus à de l’eau qui s’évacue à la cuisson. D’ailleurs, comme l’eau est le premier ingrédient de la liste à l’endos du produit, ça confirme pas mal mon impression.

Ça explique aussi l’absence d’odeur (ou presque) à la cuisson.

Verdict

Alors, est-ce que ça goûte la viande au point d’être surpris comme les gens trop contents des publicités? Non, pas du tout. Je n’irais même pas jusqu’à dire que c’est proche. En fait, le goût s’apparente plus aux boulettes surgelées que l’on peut acheter dans les grandes surfaces et qui, une fois cuites, goûtent surtout l’eau et les agents liants de remplissage pour sauver sur le bœuf et maximiser la préservation.

Alors, est-ce que ça goûte la viande au point d’être surpris comme les gens trop contents des publicités? Non, pas du tout. Je n’irais même pas jusqu’à dire que c’est proche.

Cependant, ce n’est pas inintéressant au goût. Même qu’après quelques bouchées, je pouvais comprendre l’engouement autour de la patente, surtout si des végétariens retrouvaient enfin quelque chose se rapprochant un peu des burgers de leur enfance après le long purgatoire des boulettes végétariennes surgelées avant le Beyond Burger. Dans ce contexte, une bouchée de Beyond Burger ressemble à un morceau de chocolat après trois mois de régime sans sucre.

Honnêtement, le Beyond Burger ne goûte à peu près rien et la texture est adéquate, sans plus. Une fois mon expérience terminée, j’ai ajouté des condiments dans mes burgers pour les terminer et j’y ai trouvé un certain plaisir. Comme je le suspectais avant même de les acheter, c’est surtout les ajouts qui ont fait de mon burger un bon sandwich.

C’est donc un pas dans la bonne direction pour les végés souhaitant retrouver du fast-food, mais pour les amoureux de la viande hachée comme moi, il y a encore beaucoup de chemin à faire avant de réellement piquer ma curiosité et sincèrement envisager des changements dans mes habitudes de consommation.

On parle ici d’un bon produit et d’une révolution technologique très intrigante. Mais dire que ça goûte « comme un vrai burger », c’est un brin insultant pour l’intelligence des consommateurs. Même le meilleur des imitateurs d’Elvis ne sera jamais le king du rock’n’roll.

 Pour les amoureux de la viande hachée comme moi, il y a encore beaucoup de chemin à faire avant de réellement piquer ma curiosité et sincèrement envisager des changements dans mes habitudes de consommation. 

Sauf qu’être autre chose qu’un burger de boeuf n’est pas un défaut et c’est là que le Beyond Burger peut et doit tirer son épingle du jeu. Si je me fie aux quelques réactions que j’ai vues dans mon entourage quand les boulettes sont devenues disponibles en magasins, il y a un réel engouement puisque le marché actuel de la boulette végé est peuplé de produits décevants et très loin du plaisir provoqué par une bonne bouchée de junk food décadente.

Alors si le Beyond Burger devient le roi de la junk végé, ben pourquoi pas. Chacun son compte et ça fera juste des soirées barbecue plus festives et inclusives. Je vais personnellement passer mon tour pour en remanger, surtout parce que j’aime réellement la viande et je n’étais pas à la recherche d’option de rechange. J’étais tout simplement curieux et sur cet aspect, le Beyond Burger a comblé ma curiosité.

Mais si vous m’en servez un cet été avec un extra bacon et du fromage, là, je suis ben flexible!

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