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Délirer entre amis et apprendre du passé
Entre les éclairs de génie et les idées de marde, Liliane Blanco-Binette et Coco Belliveau explorent les fausses bonnes idées qui ont marqué l’histoire dans leur nouveau balado.
Je suis un grand fan de mauvaises idées.
De Jackass à l’album collaboratif de Metallica et Lou Reed en passant par le Virtual Boy, j’ai toujours trouvé les architectes de catastrophes plus divertissants (et drôles) que nos grands bâtisseurs. Après tout, la ligne séparant les éclairs de génie des idées de marde est mince, mais pas tant. Parce qu’il existe aussi un entre-deux, une sorte de vide sanitaire de l’invention qu’on appelle la fausse bonne idée.
« Une fausse bonne idée doit être convaincante au départ. Assez pour récolter beaucoup trop de financement. Il y a de l’orgueil, là-dedans », explique Liliane Blanco-Binette, coanimatrice du balado La fausse bonne idée.
L’autre moitié de La fausse bonne idée, Coco Belliveau, abonde dans le même sens. « C’est une idée qui te fait dire : “C’est tellement fou que ça pourrait marcher”, mais en fin de compte, ça fonctionne pas pantoute. »
Coproduction d’URBANIA et OHdio, La fausse bonne idée est un balado de six épisodes de 30 minutes qui mettent en lumière une série d’inventions calamiteuses. Du Gilbert U-238 Atomic Energy Laboratory à la crème glacée faite avec du lait maternel en passant par la bombe qui rend gai, Liliane et Coco sortent des boulamites des échecs aussi colossaux que rocambolesques. C’est un peu comme Les pires moments de l’histoire, mais avec des hommes beaucoup trop confiants à la place de tyrans historiques.
Dans l’auto ou en faisant la vaisselle, tous les moments sont bons pour écouter des histoires de monde qui se plantent, malheureusement souvent aux frais des contribuables.
Le plaisir avant tout
« C’est comme une fin de soirée entre amis où t’es assis sur le sofa et tout te fait rire. La fausse bonne idée, c’est avant tout un gros délire entre chums », affirme Liliane.
La chimie entre Liliane et Coco est palpable dès les premières secondes. Les deux jeunes femmes ont vécu ensemble pendant plusieurs mois sur le plateau de pas une, mais bien deux saisons de Big Brother Célébrités et savent sur quels leviers tirer pour se faire rire. « On est toutes les deux passionnées par l’histoire, la science, les faits. C’était naturel pour nous de participer à ce projet-là », renchérit Coco.
Ce plaisir que partagent les deux humoristes à travailler ensemble est contagieux. Elles dérivent, improvisent, ont des fous rires et on se sent immédiatement complice de leur délire. C’est tout aussi agréable de rire avec elles que de rire du funeste destin de Thomas Midgley Jr., celui qui a inventé les fréons et percé le trou dans la couche d’ozone.
Ragoût, la chienne de Coco, fait même symboliquement une apparition dans l’épisode final de La fausse bonne idée dans le rôle du chien Frimousse. Même si on ne l’entend pas, la très distinguée Ragoût fait sentir sa présence en studio. « Je sais pas combien de minutes j’ai passé à parler dans un micro pendant que Ragoût me léchait les orteils avec ferveur. C’est comme si j’avais mangé des Doritos avec mes pieds », confie Liliane.
Absente pendant notre conversation pour cause de pause-pipi, Ragoût n’a pas pu confirmer ou infirmer cette allégation. « Elle adore les pieds », confirme Coco en riant.
Le vrai du faux
Mine de rien, pas facile de faire un balado sur des projets qui n’ont techniquement pas abouti. Après tout, personne ne cherche à documenter ses échecs. Démêler le vrai du faux et les faits des légendes urbaines a nécessité l’apport d’un recherchiste et même de vérifications auprès du gouvernement américain.
« La bombe qui rend gai, c’était une note de réunion dans un dossier secret de l’armée américaine, alors on a dû creuser un bon coup pour être capables d’en parler pendant dix minutes. On a dû écarter beaucoup de rumeurs et de théories du complot en amont », raconte Lucie Fournaison, réalisatrice de La fausse bonne idée.
C’est ce petit côté folklorique qui rend le balado si spécial.
Liliane et Coco nous racontent des histoires qui, selon toutes probabilités, devraient être fausses, mais qui ont malgré tout été financées. Par exemple, la bombe à chauve-souris est une idée sortie tout droit d’un roman de H.G. Wells, mais l’armée américaine y a réellement cru. « C’est vraiment White Man Confidence : The Musical, ce balado », badine le scripteur Hugo Bastien.
La fausse bonne idée met aussi le passé en perspective. On y réfléchit en termes historiques : les grandes guerres, les grandes avancées technologiques, les politiciens marquants. On oublie que les réussites importantes ont été bâties à coups d’essai-erreur à une époque où l’intention était plus importante que la réflexion.
« Travailler sur La fausse bonne idée m’a fait envier le passé. Il y a tellement d’idées qui sont tuées dans l’œuf aujourd’hui parce qu’on calcule tout à la virgule près. Dans le temps, on se trompait beaucoup, mais au moins, on essayait des affaires. On aurait dû se poser plus de questions, mais on allait au bout de ses idées », confie Bastien.
Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! Si l’envie vous prend de célébrer les fausses bonnes idées avec Liliane et Coco, c’est sur OHdio que ça se passe.
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