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Voyager, c’est fantastique. On se fait des souvenirs inoubliables, on découvre d’autres cultures, on décroche complètement… Comment ne pas adorer les voyages? Même la science nous dit que voyager, ça rend heureux!
Mais si, comme moi, vous êtes un progressiste anxieux qui se sent coupable de tout (la seule affaire que j’ai gardé de mon éducation catholique), vous savez aussi que le tourisme vient avec son lot de conséquences humaines et environnementales.
Certaines entreprises sont prêtes à tout pour tirer profit des voyageurs assoiffés de nouvelles expériences, tant pis pour les conséquences éthiques.
Pour vous aider à voyager plus sereinement, on vous a donc préparé une liste d’entreprises à éviter, ainsi que leurs alternatives moins dommageables.
On va commencer avec l’entreprise la moins surprenante de la liste. Je sais qu’en cliquant sur cet article, vous vous attendiez à y retrouver Airbnb. Ben, le voici.
Pourquoi c’est si nocif, Airbnb?
Au départ, Airbnb permettait aux voyageurs de se loger à moindre coût en louant les logements inutilisés des locaux. À la place, ça a créé un marché parallèle d’hôtels (souvent illégaux) où les propriétaires achètent des logements pour les convertir en Airbnb, les retirant ainsi du marché.
Le résultat? Une gentrification de certains quartiers, une hausse du prix des loyers et de l’immobilier et des voisins pas mal gossants pour certains locataires qui n’ont pas choisi, eux, d’habiter dans un hôtel.
Et de toute façon, ce n’est plus si attrayant que ça, Airbnb. Les logements proposés sont rendus le même prix qu’un hôtel, sans les régulations que doivent suivre les hôtels traditionnels et où on doit faire le ménage nous-mêmes.
Quelles sont les alternatives?
Si c’est l’idée d’habiter dans une vraie maison au lieu d’une chambre d’hôtel qui vous branche, des plateformes d’échange de maison vous mettent en contact avec des touristes qui souhaitent se prêter mutuellement leurs maisons. Normalement, ça n’implique aucun échange d’argent, juste un échange de logements.
Il existe aussi des plateformes qui permettent de se loger gratuitement chez des gens à l’étranger si on promet de surveiller la maison et de s’occuper de leurs animaux de compagnie pendant leur absence.
Vous pouvez également visiter des bed and breakfast traditionnels auxquels Airbnb a d’ailleurs emprunté son nom. Vous bénéficierez de la même expérience de local habitant un quartier plus résidentiel, mais de façon beaucoup plus éthique et avec un contact humain en prime.
On fait un 3-en-1 avec ces plateformes permettant de réserver des voyages en ligne.
Pourquoi pointer ce trio du doigt?
Amnistie internationale a dénoncé ces plateformes qui proposent des locations touristiques… situées sur des territoires occupés en Palestine.
Personnellement, des gens qui auraient envie de faire du tourisme sur les lieux d’un génocide, ça me dépasse, mais bon.
En plus d’être éthiquement douteux, Amnistie internationale rapporte que le tourisme en zone occupée contribue à l’expansion du territoire israélien, au détriment des Palestiniens.
Quelles sont les alternatives?
Évidemment, on vous conseille d’abord de ne pas prendre vos vacances là où un génocide a actuellement cours.
Vous pouvez également faire affaire avec une bonne vieille agence de voyages. Je suis prêt à mettre ma main au feu que Martine, l’agente de voyage du coin, ne profite pas activement du génocide palestinien.
Le voyage aérien n’est pas malveillant en soi. Et si vous souhaitez visiter le Japon ou la Thaïlande, c’est pas mal votre seule option, à moins que vous ne soyez prêts à passer un mois en bateau pour vous rendre.
Reste que le voyage en avion, ça pollue énormément. La fondation David Suzuki a récemment partagé des chiffres qui donnent froid dans le dos : à lui seul, le voyage aérien pourrait bientôt représenter 25 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre, et éviter un vol pourrait équivaloir à renoncer à utiliser votre voiture pendant un an.
Quelles sont les alternatives?
Il n’existe malheureusement pas de compagnies aériennes qui n’ont que des avions propulsés par le pouvoir de l’amour et de l’amitié.
Et si vous devez absolument prendre l’avion, évitez les vols cumulant plusieurs escales ; le décollage et l’atterrissage sont les portions les plus polluantes d’un vol.
Vous pouvez également compenser votre empreinte carbone en finançant des projets qui contribuent à la décarbonisation, un service notamment offert par l’UQAC.
Voyager éthiquement, c’est pas toujours simple, mais, on vous le promet, on décroche bien plus facilement quand on a la conscience tranquille.
Bon voyage!
Sinon, pour voyager tout en évitant de faire affaire avec ces compagnies qui se font de l’argent sur le dos de la misère humaine, on peut utiliser le moteur de recherche de ces sites, mais contacter directement les hôtels et compagnies aériennes pour voir si elles acceptent de vous offrir le même prix que celui affiché en ligne. Étant donné qu’elles doivent verser une cote à Expedia et compagnie, la plupart de ces entreprises seront bien heureuses de vous accommoder et d’éviter de faire affaire avec un intermédiaire.
Par contre, il y a des gestes que l’on peut poser. Premièrement, on peut favoriser le voyage local en priorisant des moyens de transport plus écolo (c’est pas tellement dur, tous les moyens de transport sont plus écologiques que l’avion, sauf peut-être se promener sur un chariot rempli de pneus en feu). Au lieu de prendre l’avion pour vous prélasser sur les plages du Mexique, montez à bord d’un bus et mettez le cap sur les plages de la Gaspésie. C’est moins chaud, on en convient, mais les fruits de mer y sont nettement meilleurs.