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5 choses qui vous regardent dans le nouveau budget provincial
La semaine dernière, le gouvernement québécois annonçait son nouveau budget 2025-2026.
À moins de vivre sous une roche, et encore là, faudrait que ça soit une roche pas mal hermétique où la 5G se rend pas, vous savez sans doute qu’on est dans une période d’incertitude économique. Le dictateur président américain Donald Trump ne cesse de proférer des menaces de guerre tarifaire (certains tarifs ont déjà été mis en place, d’ailleurs), ébranlant profondément l’économie mondiale.
Disons que quand elles ne savent pas si tout va s’effondrer d’une semaine à l’autre, les entreprises ont tendance à moins investir, et les consommateurs, eux, sont pas mal moins chauds à l’idée de faire de grosses dépenses.
Le ministre des Finances, Eric Girard, semble en être plutôt conscient, parce que le budget qu’il vient de présenter est pas ben, ben généreux. Oubliez les gros cadeaux, le gouvernement caquiste tombe en mode coupures… malgré un déficit qui se creuse.
Mais rassurez-vous, y a quand même quelques bonnes nouvelles pour les jeunes dans ce budget… et quelques unes plus décourageantes.
#1. la culture (un peu) plus soutenue
Depuis plusieurs mois, les artistes et le milieu culturel réclamaient plus d’aide au gouvernement du Québec. La situation des artistes, précaire depuis toujours, l’était encore plus depuis la pandémie, avec le financement de plus en plus insuffisant, forçant des musées à mettre la clé sous la porte et des festivals à cesser leurs activités.
Eh bien, il semble que le gouvernement ait entendu l’appel des artistes.
Le Conseil des arts et lettres du Québec voit son budget annuel augmenté à 200 millions, et le budget de la SODEC est aussi augmenté.
Ce que ça veut dire, c’est que dans les prochaines années, ça risque d’être un p’tit peu plus facile pour les artistes d’obtenir des subventions pour le développement de projets.
Une bonne nouvelle pour les artistes ET pour les amateurs de culture!
#2. ON ESPÈRE POUVOIR TAXER LES RICHES
L’an dernier, la ministre fédérale des Finances de l’époque, Chrystia Freeland, avait annoncé dans son budget une mesure qui avait soulevé la colère des plus riches : l’augmentation de l’imposition des gains en capital.
On ne peut pas tout résumer, mais en gros, les gens qui avaient un gros gain de capital, genre la vente d’un chalet à 500 000 $, allaient payer un peu plus d’impôt là-dessus.
L’affaire, c’est que peu importe, à la fin du mois, si Mark Carney ou Pierre Poilievre gagne les élections, les deux ont promis d’annuler cette mesure qui devait rapporter 1,8 milliard au gouvernement provincial.
Mais Eric Girard, lui, continue à compter sur cette mesure dans son budget.
S’attend-il à ce que Jagmeet Singh soit le prochain premier ministre? Pas trop clair.
#3. LE RETOUR Des rabais pour les voitures électriques
Depuis le début de l’année, le programme Roulez vert du gouvernement du Québec est suspendu. Ce programme offrait des subventions à l’achat de véhicules électriques et à l’installation de bornes de recharge.
Le programme sera de retour à partir du 1er avril et non, ça n’est pas un poisson d’avril. Donc, si vous achetez une voiture électrique en 2025, vous aurez droit à un rabais de 4000 $ (2000 $ en 2026 et 0 $ en 2027). Oui, ça s’applique aussi aux Tesla. Beurk.
Toutefois, après les fleurs, le pot : puisque les détenteurs de véhicules électriques ne paient pas la taxe sur les carburants, qui finance les routes et le transport en commun, le gouvernement imposera une nouvelle contribution de 125 $ annuellement…
#4. DES COUPES, DES GELS… BREF, L’AUSTÉRITÉ
Mauvaise nouvelle : l’austérité est back, baby!
Si vous suiviez un peu l’actualité en 2014, vous vous rappellerez sans doute que le mot sur toutes les lèvres était « austérité ». Sur toutes les tribunes, on dénonçait les coupures du gouvernement Couillard, qui essayait agressivement de réduire les dépenses (ils voulaient même couper dans la revue Les Débrouillards, les sadiques!).
Malheureusement, le gouvernement Legault semble déterminé à nous servir une suite à ce film. Cette fois, on coupe à peu près partout :
- – L’augmentation du budget du ministère de la Santé et des Services sociaux est plus basse que la hausse du salaire, ce qui signifie qu’on devra couper ailleurs.
- – Même chose pour l’éducation (et Dieu sait que les écoles ne roulent déjà pas sur l’or!).
- – Le budget du ministère de la Cybersécurité et du Numérique est amputé de 23 %, du Tourisme de 16,9 %, de la Sécurité publique de 12,7 %, des Relations internationales de 6,3 % et de l’Agriculture de 6,2 %.
Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement? Des coupures au niveau des services et des postes, et un gel au niveau de l’embauche. Si vous aviez espoir de vous faire engager comme fonctionnaire au gouvernement, bonne chance!
#5. DeS nouvelles places en garderies subventionnées
Si vous êtes dans le projet d’avoir des enfants, vous savez que c’est plus difficile d’avoir une place en garderie qu’un billet pour Taylor Swift.
Il faut s’inscrire sur la liste d’attente au moment même où nos condoms passent date, et encore là, rien n’est garanti.
Le gouvernement tente de soulager (un peu) les futurs parents en investissant 72,6 millions sur 5 ans pour convertir 1000 places de garderie non subventionnées en garderies subventionnées (les fameuses garderies à 10 $ par jour).
Bon, on s’entend, sur pas loin de 80 000 naissances par année au Québec, la question est loin d’être réglée, mais c’est un pas dans la bonne direction!
Bonus : bonne ou mauvaise nouvelle, selon vos croyances
Dans son budget, le gouvernement du Québec serre la vis aux pseudosciences que sont l’homéopathie et la naturopathie, entre autres.
Ainsi, les services des praticiens sans ordre professionnel ne seront plus déductibles d’impôt. Finies, donc, les déductions d’impôt pour l’homéopathie, la naturopathie et la phytothérapie. L’ostéopathie est aussi affectée, mais comme le domaine est en train de se doter d’un ordre professionnel (c’est une vraie science, contrairement à l’homéopathie), il sera bientôt à nouveau déductible d’impôt.
Le gouvernement cesse aussi d’offrir des déductions fiscales pour les études en yoga, en croissance personnelle, en hypnose et en naturopathie, dès l’an prochain.
Bon, le yoga et l’hypnose ont des bienfaits scientifiquement reconnus, mais personnellement, en tant que grand sceptique, je ne suis pas trop triste qu’on arrête de payer collectivement pour l’homéopathie, une pratique dont l’efficacité est à peine comparable à celle de l’effet placebo.