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Reportage

Une famille campe devant sa propriété

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Reportage

Une famille campe devant sa propriété

11 juillet 2026

Imaginez économiser toute votre vie, acheter un duplex à Montréal pour y loger votre famille, et vous retrouver à camper dans une roulotte juste devant, faute de pouvoir y entrer. C’est la réalité brutale d’une propriétaire qui, depuis le 1er juillet, vit sur le trottoir en attendant qu’un dossier de reprise de logement se règle au Tribunal administratif du logement (TAL).

Armelle a acheté un duplex pour loger sa famille de 9 personnes en novembre 2025. Depuis, le processus de reprise des deux logements de l’immeuble est devant le TAL. Au 1er juillet, toujours pas de décision rendue. La famille qui n’a pas renouvelé son ancien bail et qui n’est pas en moyen de s’offrir un hôtel, loue un roulotte, immobilisée dans le stationnement de leurs locataires.

« Je peux pas habiter dans le duplex que j’ai acheté depuis 2025 », laisse tomber la propriétaire, à bout de ressources. Coincée dans une impasse bureaucratique et humaine, elle habite désormais dans un abri de fortune déniché sur Marketplace et installé grâce à un ami. « On ne sait pas jusqu’à quand on va être en attente », ajoute-t-elle.

Neuf personnes entassées sur le trottoir

Cette enseignante qualifiée, arrivée du Cameroun en mars 2023 où elle a enseigné les sciences pendant 15 ans, gagne bien sa vie. Elle a investi toutes ses économies pour acquérir ce duplex, seule. « Je suis pas investisseur immobilier, je le répète, j’ai pas l’intention de l’être », insiste-t-elle. Son projet était simple : loger ses parents en haut, et s’installer en bas avec ses enfants. Elle avait donc annoncé à son ancien propriétaire qu’elle ne renouvelait pas son bail afin de pouvoir habiter chez elle.

Sauf que le moment venu, les locataires en place ont refusé de partir. Bien qu’elle affirme avoir suivi toutes les procédures normales et respecté les délais légaux, elle se retrouve sans réponse de la cour, forcée de vivre dans la rue.

La cohabitation dans l’espace public s’avère précaire. Ils sont neuf à s’entasser dans la roulotte, incluant un nourrisson de quatre mois. Comme les locataires de l’immeuble lui refusent l’accès à l’eau, elle doit marcher jusqu’au parc voisin pour remplir ses récipients. Pour l’électricité, la famille dépend d’un générateur loué. Le quotidien relève du système D : les enfants se lavent dans une bassine déposée dans l’entrepôt où sont stockés leurs meubles, tandis que pour les toilettes, il faut courir au Maxi ou au McDonald’s. « C’est vraiment difficile au quotidien », confie la mère.

Deux réalités financières qui s’affrontent

De l’autre côté de la brique, les locataires s’accrochent à leurs logements. Présents dans l’immeuble depuis plus de dix ans, ils bénéficient d’un loyer d’environ 900 dollars par mois. Devant la surchauffe actuelle du marché, ils craignent que leur prochain logement ne leur coûte au moins le double. L’un des occupants exprime ouvertement son mécontentement face aux lenteurs administratives : « On était à la cour ça fait 2 mois. » Une autre locataire, qui a refusé d’être filmée, réitère qu’elle ne quittera pas les lieux tant que le juge n’aura pas rendu sa décision.

Cette situation extrême met en lumière les angles morts de la crise du logement. D’un côté, une petite propriétaire qui a sacrifié toute sa marge de manœuvre financière pour acquérir un toit. De l’autre, des locataires pour qui dénicher un appartement abordable est devenu si difficile qu’ils s’accrochent coûte que coûte à ce qu’ils possèdent déjà.

En attendant le verdict, la roulotte demeure garée devant le duplex, témoin direct d’un système qui craque.

Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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