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Les entrevues d’Hugo Meunier
Saison 02 - Ép. 20

Soraya Martinez Ferrada : une mairesse en action

32:09

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Soraya Martinez Ferrada : une mairesse en action

Soraya Martinez Ferrada: une mairesse en action

« Je crois à l’authenticité, même quand ça va pas bien… les gens t’ont élue pour te faire confiance puis dire la vraie affaire quand c’est le moment. »

C’est avec franchise que Soraya Martinez Ferrada, élue en novembre dernier comme deuxième mairesse de l’histoire de Montréal, s’est confiée en grande entrevue. Presque 100 jours après le début de son mandat, celle qui a succédé à Valérie Plante et huit ans de Projet Montréal ne chôme pas.

Une mairesse de proximité, même dans les nids-de-poule

L’image a fait le tour des réseaux sociaux : la mairesse de la métropole aidant les équipes des travaux publics à colmater des nids-de-poule. Loin d’être un simple coup de marketing, cet événement a pris une tournure on ne peut plus réelle lorsque Soraya Martinez Ferrada a elle-même été victime de l’état lamentable des routes. « Hier, j’ai pogné un flat, deux en fait! » raconte-t-elle en riant. « J’étais même pas dans le véhicule de fonction… j’étais avec mon chum… On a pogné un flat sur la rue Notre-Dame. »

Cette volonté d’être « vraie » marque son début de mandat. Que ce soit pour déplorer l’état de la machinerie de déneigement ou pour annoncer que le pire est à venir avec le dégel, elle refuse de se défiler. « Je peux bien essayer de me défiler sur une situation, ils [l’ancienne administration] sont plus là. Fait que moi je peux juste m’attaquer à la tâche là maintenant. »

L’itinérance : une priorité existentielle

Au-delà de la gestion des infrastructures, c’est le dossier de l’itinérance qui occupe le cœur de ses préoccupations. Fidèle à sa promesse électorale, elle a triplé le budget alloué à cette crise. Pour elle, voir des campements sur la rue Notre-Dame chaque matin est inacceptable. « Tant et aussi longtemps qu’on a des gens qui vivent… des Montréalais qui vivent dans des tentes, ben on a échoué comme société. »

Son approche se veut pragmatique mais humaine. Elle reconnaît que dormir sur une chaise dans une halte-chaleur n’est pas humain, mais explique le dilemme déchirant entre offrir plus de places (sur des chaises) ou moins de places (avec des lits) au risque de laisser des gens mourir de froid. Son objectif à long terme ? Sortir les gens de la rue par le logement de transition et le soutien psychosocial. « Mon rôle, même si t’aimes pas la réponse, c’est de te donner la vraie réponse. »

Une vision métropolitaine et solidaire

Ancienne ministre fédérale, Soraya Martinez Ferrada a choisi la mairie par conviction, et non pour le gain politique. Elle souhaite bâtir des ponts entre Montréal et ses voisins de la couronne. Plutôt que la centralisation, elle prône la « mutualisation » des ressources entre les 19 arrondissements et les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). « On peut-tu arrêter d’être anti-région puis anti-Montréal? » lance-t-elle, rappelant que la métropole représente une force politique immense lorsqu’elle est unie.

Alors qu’elle franchit le cap des 100 jours le 20 février, la mairesse mise sur la transparence totale. Lettres de mandat publiques, objectifs clairs et présence constante sur le terrain : Martinez Ferrada veut rétablir le lien de confiance avec les citoyens. Entre la gestion de la bureaucratie montréalaise et les défis sociaux criants, elle semble prête à affronter la tempête, un nid-de-poule à la fois.

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