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Balado URBANIA
Saison 04 - Ép. 13

Satanisme: entre messes noires et peur de perdre sa job

On a tous en tête l’image d’Épinal du sataniste : un adepte du métal vêtu de cuir, possiblement en train de sacrifier une chèvre dans un sous-sol sombre. Mais la réalité du Temple du Chaos à Montréal est bien loin des clichés de films d’horreur. Entre rituels de vulnérabilité et activisme spirituel, les satanistes d’ici cherchent surtout à « briser les murs » d’une société encore imprégnée de valeurs judéo-chrétiennes.

Dans le dernier Micromag, la photographe et réalisatrice Raffaella Szilagyi s’est immiscée dans un cercle dont on entend rarement parler : le satanisme montréalais. Ce qui a commencé par une curiosité piquée par une annonce sur un groupe Facebook de sorcellerie s’est transformé en une enquête d’un an au cœur du Temple du Chaos.

Elle raconte sa quête à Benoît Lelièvre dans cet épisode du balado URBANIA.

Une communauté de « lâcher-prise »

Loin d’être un club de musique dark, le satanisme pratiqué ici est une démarche profondément spirituelle et individuelle. Pour Raffaella, qui a passé beaucoup de temps avec les membres, c’est avant tout une question de « raison d’être ». Elle explique que le satanisme offre une structure et une communauté à ceux qui cherchent à s’exprimer sans les contraintes des institutions classiques.

L’un des piliers de cette pratique au Québec est le concept d’anticosmisme.

Comme le souligne Raffa, les membres du Temple du Chaos cherchent à « défaire un peu l’héritage judéo-chrétien » encore très présent dans la culture québécoise. Contrairement au catholicisme, où Dieu trône au sommet d’une pyramide, le satanisme prône une forme d’égalité radicale : « Satan est égal à toi », résume-t-elle.

La messe noire : un sacrifice de soi

Le point culminant de cette immersion est sans doute l’accès à la messe noire. Mais oubliez les sacrifices sanglants de vierges ou d’animaux: au Temple du Chaos, le sacrifice est intérieur. La messe, qui dure environ quatre heures et n’a lieu que quatre fois par an, est un moment de vulnérabilité extrême.

« C’est vraiment comme briser les murs qu’on bâtit nous-mêmes autour de notre esprit », explique Raffaella. Les rituels, qui peuvent inclure des chants personnels, des méditations profondes et même des actes physiques comme le fouettage, visent à faire sortir des émotions refoulées.

L’objectif est clair : « on lâche prise pendant les messes noires » pour atteindre une honnêteté totale avec soi-même.

Vivre sa foi dans l’ombre

Malgré cette volonté d’authenticité, la plupart des membres du temple préfèrent rester anonymes. Si Kraul, l’un des intervenants, affirme n’avoir « aucune peur reliée à ça », d’autres craignent les répercussions professionnelles et sociales. Myniris, une autre membre, confie que l’affichage de sa foi pourrait être « très dangereux » pour sa vie personnelle et menacer la sécurité de son emploi.

C’est cette dualité qui définit le satanisme contemporain au Québec : un besoin viscéral de briser les barrières imposées par le capitalisme et la religion traditionnelle, tout en naviguant dans une société qui regarde encore Lucifer avec une méfiance héritée du passé.

À une époque où l’extrême droite gagne du terrain, Raffaella conclut avec une réflexion percutante : « Il faut craindre davantage l’extrême droite que les satanistes. »

Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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