Poignées d’amour
Poignées d’amour – Épisode 3 : L’intimité
S’aimer tout nu : l’intimité quand on est gros
L’intimité, c’est déjà un terrain glissant pour pas mal de monde. Mais quand on est gros, ça vient avec un petit extra de peur, de malaise et de questionnements existentiels devant le miroir. Se déshabiller devant quelqu’un? Lumières allumées en plus? Pour plusieurs, c’est un combat qui se joue dans la tête bien avant que le premier bouton de chemise saute.
Dans l’épisode 3 de Poignées d’amour, plusieurs personnes grosses racontent leur relation avec l’intimité, leur corps et la perception des autres. Spoiler : ce n’est pas toujours facile, mais ça évolue.
Le premier « tout nu »
Pour certains, se montrer sans vêtements devant quelqu’un d’autre, c’est un long processus. Pas juste parce que ça implique d’être vulnérable, mais aussi parce que la société a bien implanté l’idée que certains corps méritent plus d’être vus que d’autres.
« Avant que je me mette tout nu devant quelqu’un, lumière allumée pour de vrai, ça a été long », confie un intervenant. Même si son corps est visible, habillé ou pas, l’idée de l’exposer dans l’intimité restait un défi mental. Et il n’est pas le seul à ressentir ça.
D’autres ont cru, à 17 ans, que leur corps en dessous des vêtements était une sorte de secret bien gardé : « Je pensais que les gens qui me voyaient habillée s’imaginaient peut-être que j’étais mince en dessous. » Comme si une surprise pouvait être cachée sous le coton ouaté.
Mais une fois dans la sexualité, la perception change parfois : « J’acceptais que la personne me trouve de son goût, donc j’avais pas particulièrement de gêne à montrer mon corps. »
L’amour, un miroir déformant?
Pour certains, être aimé ou désiré devient une validation absolue. « Si quelqu’un m’aime, si quelqu’un est attiré sexuellement envers moi, ça veut dire que je suis belle. » Une équation qui semble logique, mais qui devient un piège. Parce qu’à force de chercher cette validation externe, on oublie qu’on pourrait aussi, un jour, s’aimer soi-même sans avoir besoin du regard de l’autre.
D’autres ont grandi avec l’idée qu’ils et elles étaient toujours à ça d’être parfaits ou parfaites. « Tu serais parfaite si tu n’étais pas grosse. » Comme si le seul obstacle entre eux et l’amour, c’était un chiffre sur la balance.
Et puis, il y a ceux qui ont passé leur jeunesse dans la fameuse « friend zone », celle où on est « une très bonne amie », mais jamais une copine potentielle. Un sentiment de rejet qui peut laisser des traces profondes.
La réconciliation avec soi-même
Avec le temps, plusieurs arrivent à déconstruire ces idées. Parce qu’il n’y a pas un seul type de personne qui aime un seul type de corps. Parce que les partenaires qui aiment 100 % de nous existent. Parce que oui, c’est possible d’être aimé, désiré, et de trouver du plaisir dans l’intimité, sans que son corps soit un problème.
Mais ce n’est pas magique. Ça prend du travail, de la patience et parfois, une personne spéciale qui vous répète assez souvent : « Chris, allume la lumière, tu es beau! »
Petit à petit, on apprend à habiter son corps autrement. À l’aimer, à le célébrer, à le montrer. Que ce soit en mettant un bikini, en posant pour des photos, en osant le tattoo qu’on n’aurait jamais assumé avant.
Et au final, on réalise une chose : être gros ou grosse, c’est pas négatif. Et ce qu’on aime le plus de notre corps, ce n’est pas juste un détail physique. C’est sa capacité à nous porter à travers toutes ces transformations.
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