Balado URBANIA
Paul Piché: artiste engagé, père fier et souverainiste lucide
Paul Piché: artiste engagé, père fier et souverainiste lucide
« Défendre le français en Amérique, c'est un cadeau qu'on fait à l'humanité. »
Cette semaine, Hugo reçoit un musicien qui n’a pas besoin de présentation.
Dans cet échange généreux, Paul Piché parle d’héritage, de langue, d’écologie et de ce que ça veut dire durer — sans nostalgie, mais avec une tête pleine de chansons et un cœur encore en marche.
Paul Piché : un trésor national toujours engagé
Pour plusieurs, Paul Piché est bien plus qu’un chanteur : il est une icône culturelle pour le Québec, un pilier de notre patrimoine artistique. Nous avons redécouvert l’homme derrière les chansons qui résonnent autour des feux de camp, lors des fêtes nationales et dans le cœur des Québécois depuis plusieurs décennies.
À 70 ans, Piché dégage encore cette fougue et cette authenticité qui ont marqué sa carrière. Il évoque sans gêne son statut de « monument », un mot dont il rit encore un peu : « Après pilier et monument, on devient une légende. Et là, il faut commencer à s’inquiéter ! ».
Dans l’entretien, l’artiste s’est montré aussi introspectif qu’engagé, partageant ses réflexions sur la société actuelle et ses éternels combats : la souveraineté, l’environnement et la richesse de notre culture francophone.
Un artiste en phase avec les préoccupations des jeunes
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Paul Piché n’est pas uniquement adulé par les générations qui l’ont vu émerger. Il témoigne avec enthousiasme d’un intérêt renouvelé pour ses œuvres chez les jeunes, en particulier la génération Z : « Je vois beaucoup de jeunes qui m’arrêtent dans la rue, qui me parlent de mes vieilles chansons et du projet souverainiste. Ça me surprend et ça me réjouit ! ».
Selon lui, un nouvel élan souverainiste émerge chez les jeunes de 15 à 25 ans, souvent ancré dans les cours d’histoire ou inspiré par des figures comme lui. « Défendre notre langue, notre différence et nos valeurs, c’est un cadeau qu’on fait à l’humanité », lance-t-il avec émotion.
De la chanson engagée à l’éveil environnemental
Paul Piché a toujours été à l’avant-garde des luttes environnementales, même à une époque où ce sujet était loin d’être au centre des préoccupations québécoises. Dans les années 1980, il appuyait déjà des militants pour la sauvegarde de territoires et la protection des espèces menacées, souvent incompris à l’époque. « Quand j’ai commencé à parler d’environnement, je prêchais dans le désert », raconte-t-il.
Aujourd’hui, il célèbre le fait que l’écologie occupe désormais une place essentielle dans la conscience collective. « Grâce, entre autres, à des œuvres marquantes comme “L’erreur boréale” de Richard Desjardins, le public a enfin vu de ses propres yeux les ravages de la déforestation. »
Pour Piché, la lutte environnementale est intrinsèquement liée à sa vision politique. Convaincu qu’un Québec indépendant pourrait exercer un plus grand rôle dans la sauvegarde de la planète, il insiste : « Faire du Québec un pays, c’est aussi poser un geste concret pour l’environnement ».
L’art comme recherche de vérité
En abordant les secrets de sa longévité artistique, Piché reste fidèle à une philosophie simple, mais puissante : « Il faut exprimer sa vérité, avec ses forces et ses faiblesses. Quand on nomme ses émotions, on se fait entendre et on touche ». Selon lui, c’est l’authenticité qui permet à un artiste de durer. Contrairement à d’autres, il n’a jamais cherché à « coller aux modes », préférant suivre son instinct et sa créativité.
Ce perfectionnisme l’éloigne peut-être d’une productivité prolifique, mais il continue de travailler sur ses chansons à son propre rythme, dans le calme de la Minerve, où il vit encore. Sa dernière œuvre en date remonte à 2009, mais il confie avoir du nouveau matériel en chantier. « J’écris quand ça me vient et, surtout, quand je marche, que ce soit dans les bois ou en ville », révèle-t-il.
Une carrière tournée vers l’avenir
Bien qu’il célèbre déjà 50 ans de carrière, Paul Piché ne vit pas dans le passé. Ce qui l’anime, ce n’est pas seulement le souvenir de ses grandes œuvres comme « L’escalier » ou « Sur ce côté de la terre », mais les interactions avec le public, le bouillonnement culturel québécois actuel et les valeurs qui continuent de guider son art.
Quand on lui demande quel est son plus grand souhait pour l’avenir, la réponse est empreinte d’humilité. Ce qu’il désire ? « De la santé, pour continuer à être sur scène, partager et inspirer. »
Avec ce mélange de charisme et d’idéalisme, Paul Piché reste un acteur incontournable de la musique et de la vie culturelle québécoise. Plus qu’un monument, il incarne cette rare capacité qu’on admire : celle de s’indigner, d’espérer et de célébrer ce qui nous rend unique, même après tant d’années.
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