Courrier recommandé
Paul Piché et Étienne Coppée
Ils ont bien plus en commun que leur amour pour la musique.
Qu’est-ce qui unit deux artistes de générations différentes lorsqu’on les place face à face? Un chapeau de facteur, une grosse barbe, mais surtout une vision profondément humaine de la création.
Dans ce Courrier recommandé, le légendaire Paul Piché et l’auteur-compositeur-interprète Étienne Coppée se rencontrent aux Francos de Montréal pour croiser leurs regards sur le temps qui passe, la musique et l’engagement. Un dialogue intime, franc et sans flaflas qui prouve que les questions fondamentales restent les mêmes, peu importe l’époque.
Le marathon d’une carrière
Installés confortablement, les deux musiciens se prêtent généreusement au jeu des questions-réponses. À la question de savoir ce qu’ils demanderaient à un génie offrant de révéler l’avenir, Étienne Coppée s’interroge immédiatement sur sa pérennité et sa place dans l’avenir : « J’aimerais savoir si je vais perdurer dans le temps comme artiste ».
Pour Paul Piché, qui cumule des décennies de métier, la réponse est déjà largement inscrite dans son parcours. Très conscient d’appartenir à la grande famille de la musique québécoise, l’aîné rappelle une vérité essentielle à son jeune collègue :
« C’est le marathon d’une vie, faire une carrière ».
Selon lui, le secret pour s’inscrire dans la durée réside simplement dans le fait d’être soi-même, loin des modes passagères. Une vision partagée par Étienne Coppée, bien que ce dernier avoue avec beaucoup de candeur avoir longtemps gardé son rêve musical secret « au cas où ça marche pas ».
La musique entre époque et intemporalité
La discussion bifurque ensuite vers la nature même de leur art. La musique doit-elle nécessairement être le reflet d’une époque spécifique ou peut-elle viser l’intemporalité ? Étienne Coppée propose alors une réflexion particulièrement lumineuse qu’on lui a partagée par le passé : « Plus une chose est personnelle, plus elle devient universelle ».
Pour lui, composer implique d’abord de regarder à l’intérieur de soi pour voir quelle musique veut sortir, plutôt que de se calquer sur les tendances.
Paul Piché enchaîne ensuite sur les influences et les coups de cœur majeurs qui traversent les âges. De Let It Be des Beatles aux mélodies inatteignables de Gilles Vigneault, en passant par Barbara, Jacques Brel et la perfection divine du Clair de lune de Debussy, les deux hommes partagent leurs plus grands frissons musicaux. Étienne Coppée surprend d’ailleurs l’aîné en confiant que son concert de rêve absolu dans le passé serait la performance mythique de Daft Punk à Coachella en 2007, avec leur pyramide lumineuse.
L’archéologie contre la naïveté
En comparant leurs époques respectives, un respect mutuel s’installe. Piché avoue ouvertement envier l’accès technologique et culturel infini de la nouvelle génération : « Je vous envie un peu le fait de pouvoir aller faire de l’archéologie partout dans le monde ». Il compare en effet la création à un travail d’excavation où les chansons, déjà présentes, n’attendent qu’à être déterrées.
En contrepartie, Étienne Coppée exprime une certaine nostalgie pour l’époque de ses prédécesseurs : « J’ai l’impression qu’il y avait plus de naïveté ». Il déplore que l’industrie actuelle puisse vite devenir « performative », incitant trop les jeunes créateurs à vouloir refaire ce qui a été fait ou à trop s’inspirer de ceux d’avant.
Définir sa signature
L’entretien se conclut sur ce qui définit concrètement l’identité d’un artiste. Alors que Paul Piché se voit comme « le haut-parleur de la solidarité », cherchant à nommer les émotions humaines et la vie au-delà de son image de chanteur engagé, Étienne Coppée continue de bâtir la sienne. Fortement inspiré par les structures de chansons d’Harmonium, il cherche à briser le sérieux du spectacle en se produisant par exemple en pantoufles de fantex pour transformer les grandes salles en salons intimes.
Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Pour ne rien manquer, abonnez-vous à notre infolettre : https://urbania.ca/abonnement

.jpg.webp)