Les entrevues d’Hugo Meunier
Saison 02 - Ép. 34
Mounir Kaddouri: Est-ce que le Québec a délaissé sa jeunesse culturellement?
Le créateur de contenu et désormais documentariste Mounir Kaddouri, alias « Le Maire de Laval », s’est arrêté au balado d’URBANIA pour discuter de son dernier projet avec l’ONF, Après moi le déluge. Un film qui tente de comprendre pourquoi le fossé entre la télévision traditionnelle et la jeunesse ne cesse de s’agrandir.
« Est-ce que les jeunes ne s’intéressent pas à la culture québécoise ou la culture québécoise ne s’intéresse pas à la jeunesse ? » Cette question, posée par Mounir Kaddouri lors de son passage à Tout le monde en parle, est au cœur de sa réflexion. Pour lui, la réponse penche vers la deuxième option, affirme-t-il au micro d’Hugo Meunier, soulignant une déconnexion profonde entre les institutions et les nouvelles manières de consommer du contenu.
Le mythe des cotes d’écoute
Le documentariste remet aussi en question l’idée que la télé linéaire domine encore largement le temps d’écoute des jeunes. Il raconte avoir été surpris par les affirmations de la vice-présidente de Numéris, qui avançait que 60 % du temps d’écoute des 18-34 ans se ferait encore devant la télévision traditionnelle. Pour Mounir, ce discours sert surtout à éviter que les annonceurs ne désertent.
Le marketing, ce grand oublié
Une lueur d’espoir au cégep ?
Malgré ce constat lucide, Mounir a trouvé des raisons d’espérer en allant à la rencontre d’étudiants en communication du Cégep Montmorency. Loin d’avoir abandonné la culture québécoise, ces jeunes s’y intéressent à leur manière. Il a même découvert que certains faisaient leur projet de fin d’études sur le rapport des jeunes à la culture québécoise.
Après moi le déluge n’est pas seulement un constat d’échec, c’est une invitation à l’essai et à l’erreur. Pour Mounir Kaddouri, des diffuseurs publics comme Radio-Canada et Télé-Québec ont le « devoir d’essayer des affaires ». Son documentaire, premier projet de l’ONF conçu spécifiquement pour YouTube, est en lui-même une preuve que le changement est possible, pourvu qu’on accepte de bousculer les structures établies.

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