Notre-Dame du Stand-up
Saison 4
Maxime Cormier : téléréalité, caissière du Maxi et Louis Morissette
Entre TikTok, cartes de hockey et désespoir comique.
« J’ai toujours rêvé de faire de la téléréalité, pis c’est ce qui s’en approche le plus, cette soirée-là. » C’est avec cette confession mi-figue mi-raisin que Maxime Cormier s’est présenté sur la scène d’URBANIA. Cheveux ébouriffés, cravate rouge un peu de travers et énergie délicieusement chaotique, l’humoriste a offert une performance qui oscille entre le malaise assumé et le génie de l’autodérision.
Pour Maxime, être sur scène n’est pas seulement une question de blagues : c’est une quête de validation qui semble passer par tous les chemins de traverse de la culture populaire québécoise.
Un CV de candidat professionnel (ou presque)
Si certains montent sur scène pour l’art, Maxime, lui, semble hanté par les caméras de la production. Il se décrit d’ailleurs comme un « professionnel » des auditions, même si le succès n’est pas toujours au rendez-vous. « Je les ai toutes faites : L’île de l’amour, Célibataires nus… pis L’amour est dans le pré », lance-t-il devant une foule hilare.
Son obsession va loin, au point de proposer des solutions créatives pour intégrer les émissions de dating agricole : « Si quelqu’un veut acheter une ferme de micropousses, j’en ai une à vendre dans les Cantons-de-l’Est ». Il a même poussé l’audace jusqu’à louer un adolescent à son voisin pour 200 $ afin de tenter sa chance à l’émission Ma mère, ton père. Verdict ? « Très mauvais investissement ».
Magicien de nuit, conseiller de jour
Derrière le personnage scénique se cache une dualité fascinante. Le jour, Maxime Cormier est conseiller financier. La nuit, il se transforme en magicien. Un mélange des genres qui ne vient pas sans ses propres risques. Son conseil financier numéro un pour le public ? « Ne devenez pas magicien de nuit. C’est pas rentable. »
Cette facette de sa personnalité imprègne tout son numéro. On sent l’homme qui jongle avec les chiffres le matin et avec le désespoir (et des jeux de cartes) le soir. C’est d’ailleurs ce qui fait le sel de sa présence : Maxime ne joue pas à être un perdant, il sublime la lose magnifique.
L’assaut de l’algorithme
Puisque la télévision traditionnelle lui ferme ses portes, l’humoriste a décidé de prendre d’assaut le Web. Son plan de match est simple, mais ambitieux : percer l’algorithme de Véronique Cloutier, « une danse TikTok à la fois ».
Sur scène, il n’hésite pas à recréer ses contenus viraux (ou qui aspirent à l’être) en version a cappella. Entre une imitation de danse sur du Flo Rida et un segment « Banana Chicken Banana », Maxime Cormier prouve qu’il possède ce qu’il appelle une « personnalité magnétique ». Du moins, c’est ce que lui dit la caissière du Maxi, sa « Sugar Mommy » attitrée qui le paie en boîtes de Ferrero Rocher et en vaisselle gratuite.
L’appel à Louis Morissette
Le point culminant de sa performance reste son audition improvisée pour Les Maîtres du jeu. S’adressant directement à la caméra, il interpelle le « Maître » : « Louis, Monsieur le Maître du jeu, voici mon audition pour votre émission ». S’ensuit un défi absurde concocté par sa mère — impliquant des jumping jacks et la consommation rapide de concombres — qui se termine dans un essoufflement mémorable et une poche de veston déchirée par un tour de magie raté.
« Je peux faire mieux, Louis », lâche-t-il, à bout de souffle, après avoir mangé ses accessoires.
Au final, Maxime Cormier incarne cette persévérance un peu décalée qui définit une nouvelle génération d’humoristes. Il ne cherche pas la perfection, il cherche la connexion. Et si la ville de Montréal ne dort jamais, c’est peut-être parce qu’elle attend de voir si Maxime finira par obtenir son émission.

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