Les entrevues d’Hugo Meunier
Saison 02 - Ép. 14
La petite vie musicale de Claude Meunier
« Notre invité de la semaine a beau avoir plus de 50 ans de métier, il fait quand même partie d’un groupe émergent! » C’est avec ce clin d’œil que débute l’entretien avec le légendaire Claude Meunier, venu présenter Gros désir, le deuxième album de sa formation musicale La Famille Denuy. À l’aube de ses 75 ans, celui qui a marqué l’imaginaire québécois avec La Petite vie et Ding et Dong prouve qu’il n’a rien perdu de sa fougue ni de son envie de s’amuser.
Plus qu’un band, une famille
Pour Claude Meunier, ce projet n’est pas un caprice de star, mais un retour aux sources. Initié par le guitariste Jean-Sébastien Chouinard, le groupe est né d’un désir de jouer ensemble « pour le fun », avant de devenir une affaire plus sérieuse au fil des spectacles.
Ce que Claude Meunier aime par-dessus tout, c’est l’esprit de gang. « Je suis le fan numéro un des gars, je suis sur scène avec eux, mais je suis un groupie », confie-t-il. Cette dynamique lui rappelle ses débuts avec Paul et Paul ou les belles années de Ding et Dong. Sur scène, il n’est pas la vedette intouchable; il fait partie de la famille. Il raconte d’ailleurs avec humour que les musiciens, plus jeunes, lui apprennent autant qu’il leur apprend, créant un échange intergénérationnel stimulant.
Du country, de l’absurde et de « l’Ancien-Brunswick »
Musicalement, La Famille Denuy navigue dans un univers que Claude Meunier qualifie de « comme les Trois Accords, mais juste Western ». C’est un mélange savoureux de textes absurdes et de musique qui, elle, ne l’est pas du tout. « Au début, vous trouvez ça drôle, et à la fin de la toune, vous trouvez ça bon », résume-t-il en parlant de la chanson Le bar de l’eau, qui se termine par un solo de guitare déchirant.
L’univers de Meunier reste peuplé de références décalées. Il évoque notamment la chanson L’Ancien Brunswick, qui ne désigne pas une région géographique, mais plutôt un « état d’esprit ». « C’est là où sont les Denuy en fait… c’est comme pour excuser l’absurde », explique-t-il en riant.
La retraite? Connait pas.
À 74 ans, Claude Meunier affiche une forme olympienne. Il joue au tennis, écrit une pièce de théâtre et enchaîne les spectacles. L’idée de la retraite lui semble aussi étrangère que l’Ancien-Brunswick. « C’est impossible pour moi une retraite, je vais toujours écrire », affirme-t-il, ajoutant qu’il trouverait « très plate » l’idée de s’arrêter pour simplement regarder la télévision.
Il aborde aussi avec émotion le documentaire T’étais où Serge?, qui relate la quête pour retrouver son complice de toujours, Serge Thériault. Il admet que ce projet a mis en lumière à quel point ils étaient des âmes sœurs artistiques. « On se connaît profondément dans toute notre sensibilité », dit-il, confirmant que malgré les années et les silences, le lien demeure indéfectible.
Bref, que ce soit au théâtre, à la télé ou sur une scène de festival avec un chapeau de cowboy, Claude Meunier continue de faire ce qu’il fait de mieux : observer nos travers et nous les renvoyer en pleine face, avec un grand sourire.

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