Les entrevues d’Hugo Meunier
Saison 02 - Ép. 13
Le nouveau combat d’Alexandra Diaz
« Je ferais pas semblant. » C’est avec cette franchise désarmante qu’Alexandra Diaz s’est présentée au micro du balado URBANIA. Connue pour son énergie débordante et son sourire contagieux, l’animatrice et auteure traverse présentement une zone de turbulences qu’elle n’avait pas vu venir : un cancer agressif du système immunitaire, le lymphome du manteau. Pourtant, face à ce qu’elle appelle « l’univers incertain de la maladie », Alexandra a choisi une arme redoutable : la résilience joyeuse.
Le refus du nuage noir
Pour Alexandra, cette résilience ne signifie pas nier la réalité, mais plutôt refuser de laisser l’orage gâcher le moment présent. « C’est comme si j’acceptais pas qu’on vienne mettre un nuage sur mon pique-nique », illustre-t-elle. Cette philosophie se traduit par une approche holistique de sa guérison. Tout en suivant rigoureusement les protocoles médicaux de pointe (qu’elle qualifie de « traitement presque sur mesure »), elle intègre la médecine alternative à son quotidien : acupuncture, reiki et hypnose font désormais partie de son arsenal pour préserver son énergie.
Elle a pris une décision claire dès le début : « J’ai décidé d’être la meilleure patiente sur Terre ».
Briser le mythe de la femme invincible
Cette épreuve a forcé Alexandra à remettre en question certains réflexes ancrés profondément en elle, hérités notamment de son éducation par une mère immigrante. Elle évoque cette mentalité de « balayer les problèmes sous le tapis » et de continuer à avancer coûte que coûte, sans s’écouter. « Je me suis toujours crue invincible », confie-t-elle, admettant avoir ignoré les signaux de son corps jusqu’à ce qu’une crise de panique lui donne l’impression de mourir.
C’est cette prise de conscience brutale qui l’a poussée à changer de cap. Elle qui se levait à 5h du matin et s’entraînait sans relâche a dû apprendre à s’arrêter, littéralement, pour survivre.
L’airbag social
Le 15 octobre dernier, Alexandra a choisi de rendre sa maladie publique via les réseaux sociaux. Ce geste, elle le décrit comme le déploiement d’un « airbag » pour amortir le choc de la nouvelle. La réponse a été foudroyante : des centaines de messages de soutien en quelques minutes. « Ce soutien-là est devenu partie prenante de mon traitement », affirme-t-elle avec émotion.
Elle raconte comment des amis, et même des connaissances plus lointaines, se sont offerts pour cuisiner, faire le ménage ou la conduire à ses rendez-vous médicaux. Pour celle qui a toujours eu de la difficulté à montrer sa vulnérabilité, accepter cette aide a été une révélation.
Vivre jusqu’à 100 ans
Malgré la perte de cheveux, l’achat d’une perruque dispendieuse qui concrétise la maladie et les traitements de chimiothérapie difficiles, Alexandra Diaz garde le cap. Elle ne regarde pas les pronostics sombres sur Google; elle se concentre sur la lumière. Inspirée par la longévité de Janette Bertrand, elle l’affirme haut et fort : elle compte bien vivre jusqu’à 100 ans.
Une leçon de courage, d’humilité et, surtout, de vie.

.jpg.webp)