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Balado URBANIA
Saison 02 - Ép. 23

La job facile des influenceurs, remercier ses amis et des recommandations culturelles

Saison 2 | Épisode #23

Gab : le Millenial Thank you Note

L’autre jour, on est allées pique-niquer ensemble avec notre groupe d’amies. Ma fille était là, vous avez joué avec elle, il faisait beau, c’était le fun, bref, j’ai eu une belle soirée. En allant me coucher, j’ai voulu vous envoyer un petit message : « Aw, merci pour la belle soirée, j’étais super contente de vous voir, je vous aime ! ».

Mais quelle ne fut pas ma surprise quand, en ouvrant mon téléphone, je suis tombée nez à nez avec une publication du média américain Bustle qui allait comme suit : les milléniaux qui envoient des messages à leurs amis après une soirée donnent l’impression que ces chillings-là sont leur seule raison de vivre. Je paraphrase, mais tu comprendras que je me suis sentie visée.

Après le millenial side part et le millenial tuck, je réalisais avec horreur que mon petit texto rempli de bons sentiments était lui aussi une preuve de ma vieillesse. Serai-je devenue cringe ?

La Millenial Thank You Note – ou le petit mot de remerciement des milléniaux (ma traduction) –, c’est apparemment une affaire de génération. Selon ma source d’information très fiable, Internet, la Gen Z envoie elle aussi des petits mots de remerciements à leurs amis, mais elle le ferait de manière plus ironique, genre : « Merci de m’avoir sauvé de la déprime ce soir xoxo ».

Les Gen Z ont grandi avec l’internet. Plusieurs d’entre eux et elles ont même vécu une partie de leur scolarité en ligne durant la COVID, ce qui a certainement changé leur manière de voir les amitiés – pour eux, la frontière entre chiller en ligne et chiller en vrai est plus poreuse. Dans la grande pyramide de Maslow des Gen Z, bruncher avec ses chums n’est donc pas au top.

Flo : juger les influenceurs

Gab, cette semaine, j’suis tombée sur un extrait d’un balado où voit essentiellement Lysandre Nadeau dire une affaire qui est quand même tabou : elle admet que c’est facile, sa job d’influenceuse.

Dans les commentaires, y’a plein d’infirmières, de travailleuses sociales pis d’éducatrices en CPE qui disent : « Hey, merci. Enfin quelqu’un qui l’avoue. »

Fa’que là je me suis demandé : pourquoi ce soulagement collectif? Pourquoi on avait besoin d’entendre ça? C’était comme si on se disait : fiou, les faits sont rétablis.

Donc je pense pas que ce soulagement-là vient d’un besoin de rabaisser les influenceurs. C’est peut-être juste un besoin de dénoncer une genre de crise de la reconnaissance. Même si on aimerait ça dire qu’il y a une belle corrélation toute droite entre les métiers où on souffre un peu et notre mérite ou le respect qu’on sent qu’on nous accorde en société, bin c’est juste pas le cas. La réalité, elle est pas mal plus complexe que ça :

Bref, ça gosse un peu de s’admettre collectivement que la visibilité est pas toujours proportionnelle à la difficulté, ni à l’utilité sociale. Pis la dure vérité, c’est que quand t’as un métier qui est facile et payant, c’est généralement parce que ça prend un certain talent. Et j’ai l’impression que c’est dur d’admettre que les créateurs de contenu ont du talent.

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