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Notre-Dame du Stand-up
Saison 4

Jessica Dalterio : entre traumatismes familiaux et réduction mammaire

7:51

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Notre-Dame du Stand-up
Saison 4

Jessica Dalterio : entre traumatismes familiaux et réduction mammaire

L’humour sans filtre d’une enfant de « fuckboy ».

« Mon nom est Jessica Dalterio, puis moi dans la vie, je vous avoue, je suis le genre de personne qui perd beaucoup ses choses ». C’est avec cette apparente légèreté que l’humoriste Jessica Dalterio entame son passage sur la scène de Notre-Dame du Stand-up. Mais chez elle, on ne parle pas de clés ou de portefeuille égarés. Non, Jessica a perdu sa mère il y a 16 ans. Et plutôt que de sombrer dans le pathos, elle attribue ce drame, avec un flegme désarmant, à son propre TDAH plutôt qu’au cancer identifié par les médecins.

Le ton est donné : bienvenue dans l’univers décomplexé et brillamment irrévérencieux de Dalterio.

Entre deuil précoce et père octogénaire

Le moteur de son humour réside souvent dans le contraste et l’absurdité de sa dynamique familiale. Orpheline de mère à 14 ans, elle se retrouve seule avec un père alors âgé de 70 ans. Aujourd’hui, à 86 ans, son géniteur est une source inépuisable de matériel comique. Elle raconte avec une pointe d’ironie comment son père, craignant d’être perçu comme un pédophile lorsqu’il sortait avec elle à l’adolescence, s’empressait de clarifier la situation auprès des serveuses au restaurant : « Là, là, ça c’est ma fille hein, je suis pas un ostie de tout croche! ». Une perche tendue que la jeune Jessica n’a pu s’empêcher de saisir en lui répondant, à 15 ans : « Yes daddy ».

La féminité sous le scalpel

Jessica Dalterio n’a pas peur d’aborder les sujets physiques avec une franchise qui frise l’anatomie sociale. Elle discute ouvertement de sa réduction mammaire, une opération où on lui a retiré « 2.2 litres de seins ». Avant cela, elle portait du 36F, une poitrine qu’elle compare avec un sens de la métaphore unique au « quart d’un Ford F-150 ».

Cette transformation physique devient, sous sa plume, un terrain de jeu pour explorer les regards masculins et les attentes sociales. Elle évoque son « mamel-toe » (la version buste du camel toe) et sa nouvelle liberté de ne plus porter de soutien-gorge, tout en lançant des pointes à la religion et à ses préjugés.

Dieu, la Bible et les « gars minces »

Ancienne élève d’une école religieuse, l’humoriste porte un regard acerbe sur les dogmes. De la noyade symbolique du baptême à l’apparence physique de Jésus — qu’elle décrit comme un gars « mince et un peu weird », soit exactement son genre — rien n’échappe à son analyse. Elle pousse même la réflexion théologique jusqu’à suggérer que Dieu a un plan bien précis derrière l’anatomie humaine : « C’est pas un hasard qu’il a mis le point G des hommes dans le cul, là ».

L’héritage d’un père criminel

Le segment final de sa performance lève le voile sur une facette plus sombre, mais tout aussi hilarante, de son éducation. Son père, bien connu des services de police, lui a transmis des valeurs peu conventionnelles. Dans la famille Dalterio, on ne dit pas qu’on va en prison, on dit qu’on va « au collège ».

De ce père « génie mécanique » (vol de banques) et expert en « comptabilité » (vol de chars), elle retient trois leçons de vie essentielles qu’elle livre au public : « Un, en argent t’as pas d’amis, t’as pas de famille. Deux, la plus grande richesse c’est de pas avoir de dettes. Puis trois, si tu mets un rouleau de 25 cents dans tes mains, tu frappes deux fois plus fort ».

Avec son style direct, sa répartie vive et son audace thématique, Jessica Dalterio prouve qu’on peut rire de tout, surtout de ce qui fait mal, pourvu qu’on ait le bon angle… et peut-être un rouleau de change dans la main.

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