Histoires
Claudine Napoléon : Enfants ingrats, Candyman et le mari de sa sœur
Dans le cadre de la série Notre-Dame du Stand-up chez URBANIA, l’humoriste Claudine Napoléon s’est emparée de la scène pour livrer un portrait sans filtre de la maternité, du vieillissement et des traumatismes d’enfance qui refont surface au moment où l’on s’y attend le moins. Entre une chute évitée de justesse et une menace impliquant un démon des années 90, rencontre avec une mère qui regrette parfois d’avoir été trop gentille.
Devenir adulte, c’est souvent réaliser que les grandes citations inspirantes qu’on nous a servies toute notre vie ne valent pas grand-chose une fois confrontées à la réalité. Pour Claudine Napoléon, le constat est clair : « Cette année, j’ai appris que la plupart d’entre elles, c’était de la merde. »
Prenez, par exemple, le célèbre adage affirmant que « l’âge n’est qu’un chiffre ». Pour l’humoriste, c’est un chiffre qui se fait cruellement sentir, surtout lors d’une chute. Si, dans la vingtaine, on se relève vite pour éviter l’embarras, la trentaine impose une tout autre stratégie : « Maintenant, si je tombe, pour ma propre protection, je reste à terre comme une minute… parce que je comprends que la prochaine action que je vais prendre va déterminer si je vais être paralysée ou pas. »
Le 20 $ de la discorde
Le moment fort de son récit reste l’anecdote du billet de 20 dollars. Un moment de tension domestique où la hiérarchie familiale a vacillé. Alors qu’elle tente de ramasser un billet au sol dans sa propre maison, son dos la trahit. Coincée à mi-chemin, elle se retrouve à la merci de la seule personne présente pour la sauver : sa fille adolescente.
S’ensuit une scène digne d’un duel psychologique. Sa fille, qu’elle surnomme affectueusement « Karen » (« Son seul but, c’est d’enlever la joie de toi »), ne l’aide pas immédiatement. Elle hésite. Elle évalue ses options. « Elle me regarde, elle regarde le 20 dollars, elle me regarde… », raconte Claudine. Un silence lourd de sens qui pousse la mère à bout : « Tu prends le 20 dollars ou tu m’aides, je te fous en adoption ! »
Cette dynamique mère-fille illustre parfaitement le fossé générationnel. Là où Claudine a grandi avec le respect absolu de la parole parentale, elle fait face à une génération qui répond par un « Jure ! » sceptique à chaque promesse.
La méthode Candyman
Face à cette nouvelle génération de « Karens » en devenir, les méthodes d’éducation traditionnelles semblent obsolètes. Claudine confie d ’ailleurs, avec une honnêteté désarmante, avoir regretté sa décision de ne jamais lever la main sur ses enfants : « Vous cherchez des conseils de ma part ? Battez-les ! »
À défaut de punitions corporelles, elle a instauré un régime de terreur psychologique basé sur les classiques du cinéma d’horreur. Sa recette secrète ? Le Candyman. « Si tu fermes pas ta gueule, j’appelle Candyman. Si tu manges pas, j’appelle Candyman. »
Une technique efficace, jusqu’au jour où sa propre mère, très chrétienne et adepte de la culpabilité religieuse, décide de s’en mêler en rappelant aux enfants que « Dieu est plus fort que tout ». Ce qui n’a pas empêché Claudine de se retrouver elle-même terrifiée, seule dans sa salle de bain, après avoir invoqué le nom du démon trop souvent pour impressionner ses enfants.
Le mari, l’apnée et les narines
Claudine Napoléon ne s’arrête pas aux enfants. Elle aborde aussi la pression de l’entourage pour qu’elle retrouve l’amour. Mais comment faire confiance aux recommandations de ses proches quand les goûts divergent radicalement ?
Elle se moque ainsi des conseils de sa sœur, qui lui vante les mérites de son propre mari. « Le partenaire est laid ! », tranche Claudine. Pour elle, la gentillesse et une bonne cote de crédit ne compensent pas tout, surtout pas des narines si imposantes qu’elles nuisent à son propre sommeil : « Je souffre d’insomnie à cause de lui. Il dort chez toi, il ronfle chez moi ! »
Avec un sens de la répartie aiguisé et une présence scénique chaleureuse, Claudine Napoléon nous rappelle que la famille, c’est souvent un mélange de chaos, de négociations financières douteuses et de survie quotidienne. Une performance qui prouve que, même si on finit par se faire « aspirer » son mari par les narines d’un beau-frère, l’important, c’est d’en rire.

.jpg)