Arrêter de suivre l’actualité, le botox ruine le cinéma et 1 mois sur l’aide sociale
Arrêter de suivre l’actualité, le botox ruine le cinéma et 1 mois sur l’aide sociale
Gab : le botox ruine le cinéma
Il y a quelques jours, j’ai regardé l’émission The White Lotus. Écoutes-tu ça ? Il y a une scène où 3 amies se font des compliments sur leur apparence, pis elles se demandent quels traitements ou chirurgies esthétiques elles ont eu.
En regardant cette scène-là, j’ai réalisé une affaire : j’avais de la misère à évaluer l’âge des personnages. J’ai googlé, et apparemment, elles sont supposées avoir entre 40 et 50 ans.
C’est là que j’ai réalisé que je le sais pas trop à quoi ça doit ressembler, une femme de 45 ans. Oui, j’en connais, on en a même quelques spécimens au bureau ici chez URBANIA, mais je pense que le problème, c’est qu’on manque de représentation médiatique adéquate de femmes de 40 ans et plus.
Mon ami Ben m’a récemment envoyé un article qui s’intitulait « Est-ce que le Botox est en train de ruiner le cinéma ? » et ça m’a vraiment fait réfléchir.
Je ne sais pas si ça t’es arrivé au cours des dernières années, mais moi, en regardant des films comme The Substance, avec Demi Moore (62 ans) ou Babygirl avec Nicole Kidman (57 ans), j’ai eu de la misère à me concentrer sur le film parce que j’étais un peu dérangée par l’apparence physique des actrices.
Ces deux films-là sont réalisés par des femmes et dans lesquels on parle de chirurgie et de traitement médico-esthétiques comme le Botox, d’ailleurs.
Suffit d’ouvrir TikTok pour être envahi de vidéos de chirurgiens esthétiques qui décortiquent les avant-après des faces des vedettes et qui nous parlent de lifting de sourcils, de botox et et de rhinoplastie.
Bien sûr, les femmes peuvent faire ce qu’elles veulent avec leur corps, mais la critique qu’on peut leur faire, c’est que ces traitements-là empêchent de bien bouger le visage, et donc de transmettre les émotions nécessaires à une scène. Pis ben quand tu es actrice, ta job, c’est pas mal ça, faire croire au public que l’émotion que tu joues est réelle. On dirait que c’est plus difficile de s’attacher à des personnages qui ont l’air faits en plastique. Aussi, ça me déconcentre du film, de constamment me demander ce que l’actrice a fait avec sa face.
Peut-être que c’est mes préjugés qui parlent ici, puis je sais que bla bla, société, vieillissement des femmes, mais je trouve ça dommage qu’en regardant un film, je ne vois pas Nicole Kidman, mais plutôt une genre de version patchée de Nicole Kidman, un souvenir de sa face d’avant, plutôt que son vrai visage.
Flo : arrêter de suivre l’actualité
Gab cette semaine je te parle d’une affaire que de plus en plus de monde ont envie de faire : canceller les nouvelles.
Entre ce qui se passe dans la bande de Gaza et en Ukraine, le recul des droits des personnes queer, la montée des masculinistes, Elon Musk qui multiplie les bébés comme si c’était des start-ups, pis Trump, on peut-tu vraiment blâmer le monde qui regardent ce cirque-là pis disent : déso, je suis saturée, j’arrête de consommer l’actualité?
Pis ce monde-là, bin sont pas fous : selon mes recherches, ce serait quelque chose comme entre 70 et 90% de la couverture médiatique qui serait négative. Drôle d’adon : ça a aussi été démontré que chaque mot à connotation négative dans un titre de contenu d’actualité fait augmenter son taux de clic de 2%. Cherchez pas plus loin : le doomscrolling, c’est pas juste une mauvaise habitude que vous avez avant de vous coucher, c’est peut-être aussi un modèle d’affaires.
C’est pour ça qu’il faut pas être surpris d’apprendre qu’en 2022, 71 % des Canadiens disaient avoir occasionnellement évité les nouvelles. J’ai fait mon tour sur certains forums qui font la promotion de news detox. Les arguments? Les médias sont biaisés, les nouvelles sont fausses (classique), les nouvelles sont trop anxiogènes, c’est pas bon pour votre santé mentale, ou encore qu’elles nous éloignent de notre quotidien — des choses qu’on peut réellement contrôler.
Mais je pense qu’il faut se demander : est-ce que se débrancher, c’est de l’auto-préservation ou de l’évitement? Dans tous les cas : surprise! Peu importe à quel point vous fermez fort les yeux, toutes ces choses-là continuent de se passer.
Faq pouvoir se permettre de ne pas savoir, c’est peut-être ça, le vrai privilège. Et je vais citer la collaboratrice du Devoir Marie-Elaine Guay dans un de ses carrousels sur la dépolitisation qui a été viral cette semaine : « Le privilège, c’est ne pas avoir à vérifier si les lois vont jouer contre toi. Ne pas avoir à s’inquiéter chaque fois qu’un droit est abrogé. »
Bref ça m’a vraiment fait réfléchir, pis ma question c’est un peu : comment qu’on fait pour trouver le juste milieu entre l’hyperconnexion et le déni? Tsé, un endroit où on reste curieux, lucide, pis on continue à s’informer, mais sans juste finir par être paralysé la peur, le stress?