\nBon lundi, vous dis-je, les deux yeux encore un peu dans la graisse de bine.
\nEn fin de semaine, malgré mon âge avancé (je ne suis pas dramatique pour deux cennes), j'ai assisté au concert d'un de mes groupes préférés, Nuovo Testamento. Je pourrais vous pondre une dissertation sur mon amour pour ce groupe italo-américain qui gratte la partie de mon cerveau qui ne veut rien écouter d'autre que du Depeche Mode, mais à la place, j'aimerais mettre le spotlight sur le groupe qui a foulé la scène des Foufounes Électriques juste avant eux : Perestroika. Avec un son post-punk digne de Gang of Four, ils ont fait danser la baraque et c'est avec plaisir que j'ai appris qu'il s'agit d'un groupe... montréalais. \n
\nC'est moi ou il fut une époque où on aimait donc dire haut et fort que notre band préféré était montréalais ou avait enregistré son album dans notre métropole? Arcade Fire, Grimes, Milk and Bone... Le phénomène était tel qu'un groupe américain avait même choisi le sobriquet of Montreal pour y faire référence et attirer une couple de hipsters par la bande. \n
\nQue reste-t-il de cette époque d'effervescence artistique? Eh bien, un peu comme tout, on a laissé des spéculateurs s'emparer des espaces où elle avait pris forme et les artistes ne savent désormais plus où se réfugier pour gratter quelques notes ou marquer un canevas. L'un de ces espaces, les lofts Durocher, évincera bientôt ses créatifs pour faire place à des condos beiges. Mon collègue Jean Bourbeau est allé recueillir les témoignages de ceux qui seront bientôt orphelins d'atelier. \n
Avant de partir en vacances, le vaillant Benoît Lelièvre vous propose sa critique d'un film dont le scénario se base sur une expérience qui en fait hésiter plusieurs (dont moi) à prendre le volant à Montréal. Avec La place, un espace de stationnement devient le lieu d'une véritable joute philosophique.
\nIl n'en tient qu'à vous de maintenir la culture en vie, même si on est fatigués plusieurs jours après. Au moins, on a la satisfaction de ne pas avoir perdu du temps sur une énième série poche qui ne sait même plus de quoi elle parle après 3 épisodes.
Audrey,
\nAdjointe à la rédaction et grande prêtresse des infolettres URBANIA
🦇