\nLa fin de l’été approche. Écrire cette phrase sonne comme une sentence, celle de l’inévitable retour à la réalité : les lunchs à préparer (allô, Jessica Barker), les réunions qui auraient pu être des courriels, les notifications Slack et cette affreuse pression de redevenir une personne productive après avoir passé quelques semaines à rentrer tous les soirs passé minuit, terrasses, concerts et feux d’artifice oblige.\n
Cette semaine, j’ai soupé avec deux amies qui, comme moi, ont beaucoup été sur la trotte pendant les vacances. Alors qu’on s’extasiait devant nos différents récits de voyage, j’ai réalisé que j’étais déjà nostalgique d’une saison qui n’est pourtant pas encore terminée.
\nAvant de replonger tête première dans la course à la performance, je pense qu’on devrait tous renouer avec une idée salvatrice dans cette société aliénante : tout ça n’a pas d’importance.
\nRespectfully, la majorité d’entre nous avons des bullshit jobs. Nous ne rentrons pas au travail chaque matin dans le but de sauver des vies. Nous y allons pour faire acte de présence. Or, nous sommes insignifiants dans le grand schéma des choses. Nous sommes de petits cacas qui flottent dans un univers immense et indifférent.
\nAu moment d’écrire ces lignes j’ai 662 courriels non lus. So what? Je devrais être en train de manger des pêches, nue dans l’herbe du jardin d’Éden, en écoutant du Olivia Dean.
\nJusqu’à présent, les années 2020 sont un shit show. La planète va mal. Nos dirigeants sont cons. Les gens sont laids.
Fuck toute.
\nJ’ai décidé que cette rentrée était une bonne occasion de ralentir. D’en faire moins. De laisser les robots me remplacer. De fermer mon ordinateur à une heure raisonnable. De me rappeler qu’une vie n’est pas une suite d’objectifs à atteindre, et qu’on n’a pas besoin de maxximiser (c’est voulu) chaque minute de notre existence.
\nVoici donc quelques textes d’URBANIA pour réfléchir à notre obsession collective de la productivité et, idéalement, apprendre à s’en libérer.
Vanessa Destiné
Chroniqueuse
URBANIA