\nMon cher, très cher Québec,
En ce 24 juin, j'aimerais beaucoup te souhaiter un joyeux anniversaire. J'aimerais beaucoup me décorer la pommette droite d'un tatouage temporaire célébrant tes couleurs et j'aimerais beaucoup draper mes épaules d'un fleurdelisé, tant pour célébrer ton histoire que pour les protéger des rayons du soleil qui pardonnent de moins en moins les centimètres de peau laissés à découvert.
J'aimerais tant faire tout ça, la bouche pleine d'une poutine bien chaude et les oreilles pleines d'un air fredonné par Dédé, Robert ou Ginette.
\n« Ils l'ont, l'affaire, les Américains », disait Bob Gratton dans un film qui, malgré son statut culte, ne me semble pas avoir été bien compris par ses fans qui peuvent le citer de la première à la dernière seconde. Et après avoir vu les nouveaux contenus québ' qu'on tente de nous vendre, je crois qu'on se dit un peu trop ça. Qu'on envie un peu trop les très peu enviables Américains. De la télé-réalité remâchée. Des parvenus qui essaient de se faire passer pour des icônes culturelles. Des personnalités passées date qui refusent de partir, comme de la visite qui s'éternise dans le portique malgré nos bâillements exagérés. \n
\nDans son essai La survivance des lucioles, le philosophe français Georges Didi-Huberman (restez avec moi, ça en vaut la peine) parlait de l'importance de se détourner de la lumière aveuglante du fascisme pour trouver, plutôt, les petites lumières, parfois un peu trop bien dissimulées, des lucioles. Sans nous dire d'aller jouer dans le gazon pour attraper des bibittes, Didi-Huberman nous encourage à nous détourner de la culture de masse pour retrouver celle produite à plus petite échelle pour ne pas sombrer dans le pessimisme. Alors, au lieu de vous taper une énième série insipide sur des entrepreneurs dont la personnalité n'a d'égal qu'un sac de pinottes non salées, allez donc fêter la Saint-Jean en compagnie de vos voisins dans un petit show de quartier. Laissez-vous charmer par une production théâtrale présentée dans un sous-sol d'église. Allez à Fantasia voir le court-métrage d'une réalisatrice dont vous n'avez jamais entendu parler.\n
Ma grand-mère l'a toujours dit : dans les petits pots, les meilleurs onguents. La vôtre aussi, sans doute.
Alors, voici une petite infolettre avec de maudits bons contenus. Et bonne Saint-Jean, chers et chères abonné.e.s.
Audrey B.,
Adjointe à la rédaction et grande prêtresse des infolettres URBANIA
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