\nHier soir, j'ai eu le plaisir de voir un film extraordinaire.
Je vous rassure : ceci n'est pas un énième texte sur Obsession ou Backrooms. Ce sont de bons films, oui. Mais extraordinaires? Signes d'un changement de garde à Hollywood? Bof.
\nDeuxième offrande filmique du génialissime rappeur devenu réalisateur Boots Riley, I Love Boosters est arrivé sur nos écrans dans un silence retentissant. Critique en Technicolor de notre monde gangréné par le capitalisme et le fast-fashion, le film nous montre la quête de vengeance Looney Tunes-esque de l'aspirante designer de mode et voleuse à l'étalage Corvette (Keke Palmer, drôle et divine) contre une créatrice de mode mégalomane (une Demi Moore qui n'a pas froid aux yeux) lui ayant volé un de ses designs pour le produire en masse. La surconsommation, l'épidémie de solitude, les mâles performatifs, le colonialisme, l'esclavage moderne, les dérives policières : Boots Riley détruit tout à grands coups de slapstick et d'humour absurde. \n
Pourquoi je vous parle de ce film? Parce qu'il démontre l'importance de laisser les créateurs de tous horizons vibrer au rythme de leur propre créativité. De les laisser instaurer leurs propres règles. Et d'arrêter de crier au génie quand des hommes blancs cis font des films un peu moins médiocres que ce à quoi on est tous habitués.
\nPour pleinement éprouver la profondeur de notre monde, il faut ouvrir nos oreilles à des voix qui ne nous sont pas familières. Accepter l'inconfort. Accueillir la bousculade. Alors, si vous n'avez pas le temps de vous précipiter au Cinéma du Parc pour voir I Love Boosters, je vous recommande le reportage fait par mon estimée collègue Florence lors de la manifestation ayant eu lieu lundi dans Montréal-Nord où ses habitants dénonçaient le racisme systémique à l'œuvre dans son corps policier. \n
Le monde est un endroit chaotique. C'est pour ça qu'il est beau.
Audrey B.,
Adjointe à la rédaction et grande prêtresse des infolettres URBANIA
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