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Les États-Unis pourraient-ils geler mon compte en banque?
De
Infolettre URBANIA
À
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\nLe monde tel qu’on le connaît n’existe plus. C’est pas URBANIA qui le dit, mais bien Mark Carney dans un discours prononcé au Forum de Davos devenu viral en quelques heures. Mais sommes-nous réellement en train d'assister à la fin du monde et si oui, qui retire quoi d'un tel chaos? Notre collègue Vanessa Destiné lève le voile sur l’accélérationnisme, un concept qui pourrait bien finir par nous rayer de la carte. \n

Faune locale

\nLe 8 janvier dernier, une onde de choc secoue le petit monde de l'ornithologie locale alors qu'un rouge-gorge familier apparaît à Montréal. Une rareté absolue. Quatrième observation en Amérique du Nord, une première au Canada.

 

\nPar Jean Bourbeau

\nLe rouge-gorge d'Hochelaga

Témoignage

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\nIl y a quelques semaines, en prenant ma douche, une voix m'a enjoint d'inspecter mon unique gosse. Je l'ai trouvée grosse. Plus intrigant encore, je la trouvais dure et je ne ressentais aucune douleur alors que cet examen n'était habituellement pas la chose la plus confortable. 

 

\nPar Marc Galarneau\n

\nJoindre le 1 % sur une gosse\n

Cinéma

\nÀ l'âge vénérable de 73 ans, le réalisateur de My Own Private IdahoGood Will HuntingElephant et Last Days, pour ne nommer qu'eux, est encore farouchement lui-même. Un peu à l'ouest des tendances commerciales dominantes, tout en demeurant connecté à son époque.

 

\nPar Benoît Lelièvre\n

Dead Man's Wire et la nouvelle nostalgie de Gus Van Sant

Sortir

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\nPRÉSENTÉ PAR SHERBROOKE CENTRO\n

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Mon amour de la lecture, je le dois à ma mère. Sur la Côte-Nord des années 90, lire c’était une affaire de filles ou de nerds à l’hygiène corporelle questionnable qui jouaient à Donjons & Dragons, la fin de semaine, au lieu d’essayer de se trouver « des p’tites blondes ».

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Ça a pris quelques années, une série de visites à la bibliothèque municipale, des pèlerinages annuels au Salon du livre de Sept-Îles et la découverte d’une série de voix auxquelles je pouvais m’identifier pour que mon cerveau en développement en vienne à l’évidence : lire, ça peut être beaucoup plus le fun que de regarder la télé. Le regretté David Foster Wallace l’expliquait mieux que je ne le ferai jamais: « lire de la fiction, c’est un échange entre deux esprits. C’est une façon de parler entre nous de choses dont on ne parlerait jamais, autrement. »

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Cet échange, je l’ai eu avec Alain Farah le printemps dernier sur le balcon d’un minuscule appartement d’une station balnéaire française en lisant son plus récent roman Mille secrets, mille dangers. J’ai vécu avec lui l’angoisse, les manquements et les imperfections d’un gars supposé vivre le plus beau jour de sa vie et j’ai été charmé par ce personnage qui me défiait de l’aimer tout en se présentant d’entrée de jeu comme quelqu’un de difficile. J’aime ça, me battre contre ma propre mauvaise foi.

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À quelques jours du Salon du livre de Montréal, j’ai décidé de rencontrer Alain Farah pour une raison bien précise: découvrir si le protagoniste de Mille secrets, mille dangers et le vrai de vrai Alain Farah, c’est la même personne, au risque de me retrouver dans son prochain livre!

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Ce qu’on ferait pas pour l’information!

"},{"id":"5","type":"heading","body":"Les romances du métier d’écrivain","size":4},{"id":"6","type":"text","body":"

Le bureau d’Alain Farah au pavillon McCall MacBain de l’université McGill est grand et lumineux, même s’il fait gris, dehors. Buzz Lightyear et les pavés de James Joyce s’y côtoient tout naturellement. Des artéfacts de la série jeunesse Pokémon jonchent le rebord de la fenêtre. C’est pas parce qu’on écrit des livres qu’on ne vit pas dans le monde, après tout. Vêtu d’un complet et d’une casquette des Expos (qu’il enlève avant de commencer l’entrevue), il me serre la pince et m’invite à m’asseoir. Farah est professeur agrégé au Département de littérature et langues de McGill depuis 2009. Il a aimablement accepté de me recevoir une heure avant son prochain cours.

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Avant de commencer, il me demande si je suis journaliste. Je lui pardonne immédiatement. Chez URBANIA, on se fait encore souvent dire qu’on a « un blogue ben ben le fun ». Oui, je suis journaliste, mais mon parcours académique est plus proche du sien que de celui de quelqu’un qui a fait les jeux de la comm.

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En explorant le pavillon avant l’entrevue, j’ai trouvé une succursale Subway au sous-sol. On est loin du cauchemar goth psychédélique de son roman Pourquoi Bologne?

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« Si tu décides d’écrire un roman, il faut vraiment avoir l’humilité d’accepter que tout le monde s’en fout. La première chose qui écrème ceux qui vont le faire de ceux qui ne vont pas le faire, c’est de travailler sur quelque chose que personne n’attend, dont personne n’a besoin et que personne ne veut, et de se mettre au boulot dans ces paramètres-là, » m’explique-t-il candidement à propos de son métier.

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« Aussi, quand un livre arrive à publication, c’est certain qu’il ne donnera jamais un retour proportionnel à l’investissement. On donne en pure perte, et c’est normal. On élève pas ses enfants en se disant comment ça va nous revenir. Des fois, ça revient sous la forme d’un câlin, des fois c’est un bisou, des fois c’est une gentillesse, mais beaucoup, beaucoup de fois c’est rien et la plupart du temps, ça coûte. Financièrement, psychiquement ou autres. »

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Avec son image publique de professeur de littérature jeune et cool qui intervient dans les médias pour parler de culture et qui écrit des romans super profonds et atypiques, Alain Farah répond un peu à la vision romancée qu’on a de l’auteur. En tout cas, dans mon imaginaire à moi.

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« Comme j’ai commencé très tôt et très collé au processus d’édition, j’ai pas vraiment vécu dans ces romances-là. Mon éditeur, c’est un ami à moi. On était tellement occupés avec ça que l’expérience a toujours été à la hauteur de mes rêves. On a vraiment fait les choses étape par étape. On progressait de projets en projets. » me répond-t-il lorsque je lui demande c’était quoi ses idées à propos du métier avant de s’y mettre.

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« C’est vrai, par exemple, qu’il y a beaucoup de méprise à propos de ce que c’est, le métier d’écrivain à proprement parler. C’est pas tout le monde qui en prend la mesure avant de plonger. »

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Il me raconte aussi avoir eu la chance de côtoyer Gaétan Soucy, l’auteur de La petite fille qui aimait trop les allumettes à ses débuts dans le métier. La sobriété du personnage et le manque d’artifice autour de son statut littéraire pourtant important lui ont alors révélé l’écart entre le fantasme et la réalité du métier d’écrivain.

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Vous me direz qu’il ne vend pas très bien son métier. Pourtant, lorsqu’il parle d’écriture, les yeux d’Alain Farah s’illuminent. La conversation devient plus fluide, comme si on prenait une bière, ensemble, au bar du coin. Écrire, c’est pas quelque chose qu’il fait pour le statut ou l’argent. Disons que si c’était le cas, il ne serait certainement pas dans le domaine intimiste de l’autofiction.

"},{"id":"17","type":"heading","body":"« L’autofiction, pour moi, est ancrée dans le réel, mais elle ne s’arrête pas quand la fiction lui permet d’aller plus loin dans sa compréhension de ce même réel. »","size":4},{"id":"18","type":"text","body":"

Parler de fiction avec Alain Farah n’est pas exactement le même exercice que d’aborder le sujet avec Patrick Senécal, ou même mon très estimé collègue Hugo Meunier. Le personnage principal des romans de Farah, c’est lui-même et ce serait mal comprendre la nature de son écriture de le qualifier de héros. Le Alain Farah de Mille secrets, mille dangers, c’est un gars rempli de blessures et de poison qui essaie de survivre à une série d’attaques réelles et imaginées.

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C’est cette honnêteté crue et courageuse qui rend le personnage et son auteur si attachants. Peu de gens sont capables de se regarder dans le miroir avec autant de sang froid. Les méchancetés qu’Alain lance à son cousin, dans Mille Secrets, mille dangers, ce sont des choses que le commun des mortels choisit d’oublier à propos d’eux-mêmes.

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« C’était pas prévu que le Alain du livre apparaisse sous ce jour-là. Quand il finit par dire certaines choses, c’est dur d’accepter de voir le personnage d’Alain dire ça. »

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Il m’explique que sans l’aide de son éditeur, Éric de la Rochellière, il ne serait peut-être jamais arrivé à rejoindre ces zones d’ombres qui demeurent inaccessibles à la plupart d’entre nous.

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« Pour faire une métaphore de rap, c’est un peu comme mon producer. C’est le Ajust de mon Loud. Il me demande toujours d’aller plus loin, au point ou je viens à me demander ce qu’il veut vraiment, mais quand tu livres le truc, ça devient clair. J’évoque ça parce qu’à propos de la relation Alain-Édouard, les choses les plus difficiles sont liées au fait qu’Alain a tellement peur de faire face à une certaine partie de lui-même qu’il tente de la maintenir à distance. Mais c’est un peu ça, le jeu de la littérature, de faire apparaître des choses. »

"},{"id":"23","type":"heading","body":"« J’ai longtemps été ce lecteur-là, qui regardait la programmation du Salon pour voir qui y était. J’ai encore ce réflexe-là, souvent. »","size":4},{"id":"24","type":"text","body":"

Alain Farah aime le Salon du livre. Mille secrets, mille dangers en est à sa troisième année d’existence, alors, sa présence à l’événement à titre d’écrivain est moins nécessaire à des fins professionnelles, mais il y sera quand même parce qu’il aime ça. Sincèrement.

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« Je trouve ça le fun, de prendre ça au sérieux. Je ne prends pas ça pour acquis du tout. Pour avoir fait beaucoup de salons du livre où tu signes trois exemplaires à des gens de ta famille et que tu trouves ça long et pénible, c’est le fun de vivre l’expérience en tant que personne qui a un lectorat, »

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« Dans ma trajectoire littéraire, j’ai vécu cette transition et j’ai un sentiment de responsabilité lors de ces événements. Peu importe la journée que tu as eu, tu t’accroches un sourire dans le visage et tu y vas, » raconte-t-il, le regarde fixé sur son bureau.

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Pour Farah, il s’agit d’un exercice basé sur le plaisir d’aller à la rencontre de l’autre. Jadis celle de ses auteurs préférés, aujourd’hui des collègues du milieu qu’il n’a pas toujours l’opportunité de côtoyer et le plus important, de ses lecteurs.

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« Le plaisir d’y être convié depuis longtemps, c’est de voir les gens à différents moments de ma carrière. C’est de voir des lecteurs qui avaient lu Pourquoi Bologne? revenir me voir pour Mille secrets, mille dangers et me partager leur appréciation. Contrairement à tant de relations qui sont difficiles et exigeantes, c’est une relation éphémère, qui dure quelques minutes, mais qui est liée à des heures et des heures qu’ils ont consacré à mon œuvre. »

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Pendant notre entretien, je n’ai pas eu l’impression de traverser ce fameux quatrième mur qui sépare le Alain Farah fictif du Alain Farah réel. Le gars sur la page et le gars dans la vraie vie, c’est la même personne. L’autofiction, c’est le moyen qu’il a choisi pour faire tomber ce quatrième mur qu’on a tous dans nos vies et qui nous fait sentir si seuls pour nous montrer que c’est possible de vivre sans.

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*

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Si vous voulez rencontrer vous aussi Alain Farah (ou peu importe votre auteur préféré), le Salon du livre de Montréal, ça se passe du 22 au 26 novembre au Palais des Congrès!

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\nVous me pardonnerez cette infolettre plutôt brève : je suis actuellement dans un chalet, question de décrocher un brin et de savoir une fois pour toutes combien de sacs de chips Miss Vickies fittent dans mon corps de femme de 35 ans. 

Cette infolettre ayant été rédigée d'avance en raison de la Journée nationale des patriotes, voici le décompte en date du vendredi après-midi: un et demi. Je garde toutefois espoir ; le séjour ne fait que commencer.\n

\nCependant, le chalet où je me trouve se trouvant à proximité d'un pays aux prises avec une dictature tout droit sortie d'une comédie des ZAZ, j'avoue que c'est assez difficile de décompresser. Ce commentaire précédent pourrait-il faire en sorte qu'une équipe de la SWAT débarque sur mes amies et moi? Aurons-nous le temps de nous brosser les dents avant de nous faire peu gracieusement pitcher à l'arrière d'une fourgonnette aux vitres teintées? \n

Voilà des questions qui me hantent depuis que j'ai lu le dernier article de mon plus-si-nouveau-patron, Jean-Philippe Cipriani. Ce dernier a rencontré la juge Kimberly Prost qui a vu ses comptes en banque figés et cartes de crédit annulées après qu'elle ait osé penser sanctionner les États-Unis pour des crimes de guerre en Afghanistan

\nJe sais. Moi aussi, j'ai pensé des affaires pas mal pires du pays de l'oncle Donald. Une chance que je garde mon argent sous mon lit dans une vieille cannisse de café Folgers. 

Profitez bien de votre congé et rappelez-vous : les États-Unis vous ont à l'œil.

Audrey B.,
Adjointe à la rédaction et grande prêtresse des infolettres URBANIA
💜🦇

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Enjeux

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\n« Ça fait mal, parce qu’on travaille tous pour la justice et les droits de la personne, et on nous liste aux côtés de criminels. Ça fait mal, parce qu’on travaille tous pour la justice et les droits de la personne, et on nous liste aux côtés de criminels. » – La juge Kimberly Prost, victime de sanctions des États-Unis

 

\nPar Jean-Philippe Cipriani

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\nUne juge canadienne dans la mire de l'administration Trump\n

\nLire l'article\n

\nThéâtre

\nAvec Lumières, lumières, lumières, la plume d'Évelyne de la Chenelière rencontre celle de Virginia Woolf. Alors que la pièce foule les planches de la légendaire Comédie-Française (une première en 25 ans pour du théâtre québécois), on a eu un accès exclusif aux coulisses de la production.

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\nDu théâtre québécois à la Comédie-Française

\n\nVoir la vidéo\n

\nLa fièvre des séries

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Ce petit périple a coûté au bas mot quelques 50 000 $ aux parents de Bobby, incluant notamment les billets pour le match, les billets d’avion, la réservation des chambres d’hôtel et le chandail de Carey Price acheté pour l’occasion.

 

\nPar Philippe Côté-Giguère

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\nLes plus folles dépenses de fans du Canadien de Montréal

\nLire l'article\n

\nFamille

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Temu, c’est une application de magasinage qui vend à peu près n’importe quoi à des prix illusoires. Est-ce que la qualité y est? « Non, mais ça n’a presque rien coûté! », semblent se dire des milliers de grands-parents en offrant des jouets achetés sur la plateforme à leurs petits-enfants. 

 

Par Florence Tison

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\nCes grands-parents accros à Temu

\n\nLire l'article\n

Conseils et recommandations

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\n4 choses que j'aurais aimé comprendre plus tôt sur les écrans et les enfants\n
\nLire l'article\n
\nPRÉSENTÉ PAR FIZZ\n

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Dans cette série, Catherine St-Laurent célèbre la bouffe en bonne compagnie. 

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Catherine St-Laurent reçoit l’humoriste et créatrice de contenu Pascale de Blois pour un questionnaire 100 % gourmand et sans filtre.

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« C’est vraiment difficile de demander à quelqu’un s’il ou elle a des idées suicidaires », me dit ma conjointe, fraîchement sortie d’une formation de sept heures sur le sujet.

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Pour illustrer son propos, elle m’explique avoir participé à une mise en situation où elle devait demander à une collègue si elle avait des idées suicidaires. La collègue en question (qui n’a pas d’idées suicidaires du tout dans la vraie vie) avait comme mission de jouer la personne avec des idées noires. Non seulement ça a pris tout son petit change à ma bien-aimée pour poser la maudite question, mais sa collègue n’a même pas été capable de répondre par l’affirmative.

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« Sarah, as-tu… heu, t’sais, des idées suicidaires? »

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Sarah grimace, hésite longtemps pour finalement répondre « Mmmm… non? J’pense pas, en tout cas. »

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J’ai été abasourdi par l’anecdote. Si deux personnes articulées en bonne santé mentale ont de la difficulté à aborder le sujet dans une situation fictive, imaginez comment ça doit être difficile lorsqu’on doit poser la question à quelqu’un véritablement en détresse.

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Étant anxieux de nature (comme tout le monde de ma génération), le film de ma propre incapacité à aider un.e hypothétique ami.e ayant des idées suicidaires s’est immédiatement mis à jouer dans ma tête. Je suis donc allé consulter un expert pour essayer de comprendre pourquoi c’est si difficile et surtout, comment être utile dans ce genre de situation.

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« Ton histoire ne me surprend pas totalement », affirme d’entrée de jeu Jonathan MacArthur, superviseur clinique des services d’intervention chez Suicide Action Montréal. « Malgré les efforts pour briser les tabous, ça demeure un sujet difficile à aborder. On reçoit beaucoup d’appels de personnes qui ont les mêmes inquiétudes. Des gens qui veulent soutenir un proche en détresse, mais qui ne savent pas comment. »

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Jonathan m’explique que si c’est encore aussi difficile de parler de suicide en 2022, c’est qu’il n’existe pas de signaux d’alarme universels qui s’appliquent systématiquement à chaque cas. Les proches se mettent beaucoup de pression sur les épaules pour trouver les mots exacts, mais il n’y a pas de méthode d’intervention parfaite.

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«Malgré les efforts pour briser les tabous, ça demeure un sujet difficile à aborder.»

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Il y a cependant une limite à ce qu’une personne qui n’est pas professionnellement formée peut faire. « Il y a d’autres manières de venir en aide sans se mettre toute cette pression si on se sent capable de le faire, indique Jonathan. Par exemple, s’intéresser à la personne en détresse. L’inviter à faire une activité. Si on est le moindrement proche, on peut aussi l’aider avec ses tâches ménagères ou l’assister dans ses démarches pour trouver de l’aide. Passer des coups de fil. Prendre de l’information. Des choses du genre. L’idée étant de faire comprendre à la personne que sa vie a de la valeur pour vous. »

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Une personne en détresse aura souvent beaucoup de difficulté à s’affirmer et à s’exprimer sur le sujet, alors c’est important de faire preuve d’accueil et d’ouverture. Que la personne ait des idées suicidaires ou soit simplement dans une mauvaise passe, il y a une limite à ce qu’on peut faire. Quand la vie de quelqu’un devient trop lourde, on peut s’impliquer et l’aider à la vivre pendant un moment.

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On souhaite que votre ami.e en détresse s’ouvrira alors à vous, mais si ça ne fonctionne pas, vous n’êtes pas à bout de solutions.

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C’est très noble de vouloir apporter son soutien à un.e proche en détresse, mais qu’est-ce qu’on fait quand on a le pressentiment que le pire pourrait se produire? C’est quand, le bon moment pour poser LA question difficile?

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Selon Jonathan, ce n’est pas nécessairement à nous de faire ça.

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«il ne faut pas se mettre toute la pression sur les épaules. Il y a des services pour venir en aide aux gens avec des idées suicidaires.»

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« Si on pense qu’un proche souhaite s’enlever la vie de façon imminente, il faut appeler le 911 », m’explique-t-il en choisissant bien chacun de ses mots. « Les policiers et les services de secours vont évaluer l’urgence de la situation et agir en conséquence. Ils sont formés pour ça. Quand on est pas certain, on peut référer la personne au centre de prévention du suicide. Je le répète, il ne faut pas se mettre toute la pression sur les épaules. Il y a des services pour venir en aide aux gens avec des idées suicidaires. On en est un. »

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Même chose si la personne pour laquelle on s’inquiète nous en parle ouvertement. Jonathan m’explique qu’il persiste encore aujourd’hui un mythe selon lequel les personnes qui parlent de suicide ne passeront pas à l’acte, qu’elles font ça pour avoir de l’attention. C’est là une idée extrêmement dangereuse.

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Si la personne ne veut pas s’entretenir directement au téléphone avec quelqu’un , Suicide Action a implémenté depuis quelques années un outil de clavardage pour offrir un point de contact différent. Pour certaines personnes, c’est plus facile de s’exprimer par écrit.

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Jonathan me raconte que les interventions sont en hausse chez Suicide Action Montréal depuis 2018. « Dans la dernière année seulement, on a eu une augmentation d’environ 24 % », me dit-il.

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La pandémie et l’isolement ont assurément joué un rôle dans cette hausse, mais celle-ci pourrait aussi être reliée au fait que les gens sont de plus en plus à l’aise de parler de leur détresse et d’aller chercher de l’aide.

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Jonathan voit d’ailleurs le futur d’un bon œil. « J’ose croire qu’on a progressé. Regarde juste le partenariat avec la STM. On affiche dans le métro et en échange, on forme leur personnel. On rejoint de plus en plus de gens. Le dialogue s’ouvre de plus en plus, même si ce n’est pas toujours directement. »

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L’important dans cette histoire, c’est de comprendre que vous n’êtes pas seul.e. Si vous avez des idées noires ou si vous vous inquiétez pour un.e proche, il existe des services pour ça. Si vous vous sentez concerné.e par cet article, votre premier pas est d’appeler au 1 866 APPELLE (277-3553) pour aller chercher de l’aide.

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