\nJe n’ai jamais été à l’aise avec les armes à feu. Quand le policier faisait la visite annuelle à l’école primaire, mes camarades s’extasiaient à l’idée de voir le gun qu’il portait à la ceinture. Moi, j’imaginais tous les drames qui pourraient se produire.
\nDisons que le kid de la ville comprenait mal l’opposition au contrôle des armes dans des coins ruraux, où on apprend à manier la carabine quand on est ado. Alors, quand notre collaborateur Jules Falardeau nous a parlé d’accompagner des jeunes au Nunavik qui apprennent la chasse à l’école, j’ai trouvé l‘idée aussi confrontante qu’éclairante. Là-bas, c’est non seulement une question de culture, mais de survie.
\nJules les a suivis pendant une excursion de chasse aux lagopèdes dans le village d’Umiujaq*. La plongée est saisissante, mais il s’en dégage aussi quelque chose de poétique. Comme un respect envers le sacrifice animal qu’on a collectivement éteint en achetant nos poitrines de poulet dans une barquette en styromousse.
\nBonus : il a aussi profité de son passage là-bas pour faire le portrait d’un sculpteur inuit qui pratique depuis une cinquantaine d’années. Vous ne verrez plus jamais cet art de la même façon.
*Ce Micromag comporte quelques images d’animaux morts, soyez averti·e·s.