Les entrevues d’Hugo Meunier
Saison 02 - Ép. 12
Ruba Ghazal: avancer face au vent
Un nouveau souffle pour Québec solidaire?
« Bienvenue Rita Gamache! » C’est avec ce surnom improbable, hérité de ses années à travailler en usine chez Bombardier, que Ruba Ghazal entame sa petite révolution interne. Celle qui est co-porte-parole de Québec solidaire aux côtés du nouvellement élu Sol Zanetti a le sens de l’autodérision, mais surtout une mission claire : redonner du mordant à la gauche québécoise.
De passage au balado pour présenter son essai Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs, la députée de Mercier ne s’en cache pas : son parti a mangé ses bas dans la dernière année. Mais pour elle, l’heure n’est plus aux larmes ni aux chicanes de famille. Place à la reconquête.
De réfugiée palestinienne à leader souverainiste
Le parcours de Ruba Ghazal est tout sauf linéaire. Née de parents réfugiés palestiniens au Liban, ayant grandi aux Émirats arabes unis avant d’atterrir à Montréal, elle incarne cette complexité identitaire qui fait peur à certains, mais qui, selon elle, enrichit le Québec.
La fin de la « tour d’ivoire »
Consciente que Québec solidaire a parfois donné l’impression de parler davantage à ses militants qu’à la population, Ruba Ghazal veut changer de ton. Fini les débats théoriques dans la bulle parlementaire; elle veut parler de la vraie vie.
« Le prix du panier d’épicerie, la crise du logement, l’itinérance : ce sont ça, les vraies crises », martèle-t-elle. Face à un gouvernement caquiste qu’elle juge déconnecté et à un Parti québécois qui surfe sur les sondages, elle propose un indépendantisme de gauche, axé sur la justice sociale. Son message aux sceptiques? Le Québec n’a pas viré à droite; il cherche simplement une option crédible qui s’occupe de son monde.
Combattre le cynisme avec lucidité
Interrogée sur la montée de la haine en ligne et le climat politique toxique, particulièrement envers une femme d’origine palestinienne, Ghazal reste de marbre. Elle est « lucide », mais refuse de se laisser abattre. Son carburant, c’est cette connexion avec le terrain, loin des algorithmes de Facebook qui polarisent le débat.
Avec son franc-parler et son énergie débordante, elle espère prouver qu’on peut être fière de ses origines, fièrement québécoise, et prête à prendre le pouvoir. Reste à voir si ce nouveau duo à la tête de QS réussira à transformer cette lucidité en votes aux prochaines élections.

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