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Pierrot et l’instinct de survie

23 juin 2026

Contre toute attente, l’autrice ne qualifie pas l’expérience de traumatisante. Elle confie avoir bénéficié d’un excellent entourage ce soir-là pour évacuer la tension. Reste que l’événement rappelle l’imprévisibilité crue de la détresse humaine.

« La vie, elle te demande pas ton consentement pour te picher des hommes éventrés dans la face », lance-t-elle au micro du journaliste Benoît Lelièvre.

Briser l’omertà de la violence conjugale

Récemment, le fils de la victime a contacté Pierrot pour lui donner des nouvelles rassurantes sur la santé de son père, tout en la remerciant d’avoir exposé l’événement. Pour l’écrivaine, ce dénouement confirme l’importance de son geste, elle qui craignait initialement de bafouer la pudeur de cet homme. Cette paix retrouvée n’atténue pas pour autant ses vives critiques face aux structures actuelles de protection.

Une rééducation collective et masculine

Au-delà des réformes législatives, Pierrot appelle à un changement radical des mentalités, y compris dans la capacité des femmes à se défendre activement. S’appuyant sur les mécanismes de riposte que les hommes déploient plus naturellement entre eux, elle soutient qu’il est impératif d’intégrer cette possibilité.

« Dans notre cerveau, il faut unlock la fonction poignarder », explique-t-elle, insistant sur le fait que la peur doit changer de camp. L’écrivaine refuse toutefois de sombrer dans une posture de haine généralisée, rappelant que la misogynie est une socialisation inconsciente qui habite tout le monde.

L’émancipation passe aussi, selon elle, par la réappropriation d’une intimité saine et égalitaire, loin des rapports de force traditionnels.

En vue des prochaines élections, elle exhorte la population à soutenir les partis politiques qui défendent les ressources pour femmes, tout en lançant un appel direct à la solidarité masculine. Selon elle, le respect sacré de la vie privée ne doit plus servir d’excuse pour fermer les yeux sur les drames humains. « Arrêtez de respecter l’intime quand c’est… au détriment de la sécurité des victimes », conclut-elle.

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