Balado URBANIA
Saison 01 - Ép. 03
Les amis de marde, dater un conservateur et comment faire l’amour
Saison #1 | Épisode #1
Cette semaine, Flo se demande comment dater un conservateur (mais surtout, si on devrait vraiment faire ça), Gab réalise qu’on est tous.tes devenu.e.s des ami.e.s de marde, et elles invitent leur collègue réalisatrice Marie-Christine Roussel pour jaser d’une série vidéo qui prouve qu’il n’y a pas de bonne, ou de mauvaise, réponse à la question « Comment faire l’amour? ».
Florence : 😬 Dater un conservateur
Bref, des conservateurs, on n’est pas à veille d’en manquer. Ils occupent de plus en plus d’espace dans les lieux de pouvoir et d’influence, mais aussi dans nos vies, nos quotidiens, nos cercles. Quand on est de gauche, quand on est progressistes, qu’est-ce qu’on fait avec ça? C’est quoi la place des opinions politiques dans nos rapports intimes?
C’est une grande question qui me fascine. Personnellement, j’y ai été beaucoup confrontée dans les dernières années. Moi j’avais des amies antivax pendant la COVID, j’ai des ami.e.s qui ont des valeurs plus conservatrices, notamment sur la question de la langue et de l’immigration, pis évidemment, je les aime pareil. Gab, je sais que tu as des ami.e.s hétéros.
Faque j’ai envie de dire « Yes, dump-le ton chum pro-Trump », mais peut-être fais-toi un ami conservateur, par simple curiosité intellectuelle.
Gabrielle : 💩 est-ce qu’on est devenu des amis de marde?
Te considères-tu comme une bonne amie ? Moi pas tout le temps.
Cette semaine, j’ai lu un article sur le média américain DAZED qui s’intitule « Y’a tu du monde qui ont encore le temps d’être des bons amis ? » qui parle du fait que les jeunes professionnels – donc nous – manquent de temps pour entretenir leurs amitiés.
Pourquoi ? Parce qu’on est fatigués socialement, Florence : de parler à nos collègues toute la journée, de s’occuper des enfants, quand on en a, ou de passer du temps avec notre partenaire à jaser du travail.
Les gens n’ont pas moins d’amis qu’avant, mais passent beaucoup moins de temps avec eux (3 heures par semaine en moyenne contre 6 heures par semaine il y a dix ans).
En vieillissant, on a toustes moins de temps, moins d’espace mental (occupé par la job, les factures à payer, la to-do list) et moins d’énergie à consacrer à nos amitiés qu’avant, et ça rend l’organisation avec nos potes plus compliquée.
C’est peut-être pour ça qu’on traite nos amitiés comme des tâches, en rentrant nos sorties avec des amis dans nos calendriers Google ou en s’organisant des petites séances de coworking dans un café les après-midis. (Je fais les deux).
L’autre affaire qui nuit à nos amitiés, c’est la pression de performance amicale. Moi on dirait que si je vois mon amie pour un café à 7$, mais que je me sens un peu down, ou moins sociable cette journée-là, donc que je sens que je ne vais pas performer ma sortie, j’ai envie d’annuler.
C’est vrai : on se met de la pression pour performer nos amitiés, pis c’est peut-être à cause des représentations idéalisées qu’on voit sur les médias sociaux – genre les groupes d’amis sur Instagram qui se font des beaux soupers – ou même à la télé, dans des séries comme Bellefleur au Québec, ou Broad City aux États-Unis.
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Le Micromag « Comment faire l’amour » de Marie-Christine : https://urbania.ca/micromag/comment-faire-lamour-micromag-92

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