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Balado URBANIA
Saison 04 - Ép. 04

La masculinité avec Myriam Daguzan Bernier

19:01

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Balado URBANIA
Saison 04 - Ép. 04

La masculinité avec Myriam Daguzan Bernier

23 mars 2026

« Il y a mille et une façons d’être un homme. » La sexologue Myriam Daguzan Bernier vient explorer les nuances souvent ignorées de la virilité moderne. Dans cet épisode du balado URBANIA animé par Benoît Lelièvre, elle revient sur son article viral traitant des masculinités — au pluriel — et sur la fascination collective pour les nouvelles représentations masculines qui bousculent les codes traditionnels.

Le phénomène Heartstopper et la fluidité assumée

Le point de départ de sa réflexion ? Le succès retentissant de la série Heartstopper, qui met en scène des jeunes hommes tendres, physiques et émotionnellement ouverts. Myriam souligne que voir des acteurs se donner des câlins ou être proches physiquement en dehors de l’écran a créé une sorte de « masculinité décomplexée » qui fascine le public.

Toutefois, cette fascination s’accompagne d’une tendance plus sombre : l’obsession de mettre des étiquettes. Dès qu’un homme sort des sentiers de la virilité traditionnelle, la toile s’enflamme.

Est-il gai ? Bisexuel ? « On dirait qu’un “vrai gars” hétéro ne pourrait pas jouer ces rôles-là », observe la sexologue avec une pointe d’ironie.

Elle cite l’exemple de l’acteur Kit Connor (qui a dû faire son coming out sous la pression des réseaux sociaux) pour illustrer ce besoin incessant de « pinpoint » l’orientation sexuelle des artistes.

L’étiquette : Libération ou carcan ?

L’obsession de classer les individus dans des cases ne date pas d’hier. Pour Myriam Daguzan Bernier, l’étiquette est une arme à double tranchant. Dans sa pratique clinique, elle constate que pour certaines personnes, notamment au sein des communautés trans ou non binaires, l’étiquette est « salvatrice ». Elle permet de se comprendre, de se nommer et de trouver une communauté.

À l’inverse, l’étiquetage peut devenir une contrainte lorsqu’il est imposé par la société pour rassurer la majorité. « C’est rassurant de mettre des étiquettes sur les gens… Si c’est fluide, les gens sont en mode : “Oh my god, je ne comprends pas trop ce qui se passe” », explique-t-elle. Elle plaide plutôt pour une normalisation de la diversité et de la fluidité, où l’orientation sexuelle d’une personne serait aussi anodine que la couleur de ses yeux.

De David Beckham à la “Manosphere” : Un recul ?

La discussion aborde également l’évolution du concept de « métrosexualité », autrefois incarné par David Beckham. Si le joueur de soccer a aidé à normaliser l’idée qu’un homme puisse prendre soin de son apparence sans que sa virilité soit remise en question, Myriam note que cette étiquette a souvent été utilisée comme une moquerie.

Plus inquiétant encore, elle observe actuellement un retour de bâton. Entre la montée de la manosphère sur les réseaux sociaux et l’influence de figures comme Donald Trump ou Elon Musk, une vision très traditionnelle et rigide de la masculinité regagne du terrain, même chez les plus jeunes. « On a fait trop de chemin pour revenir vers quelque chose comme ça », s’inquiète-t-elle, soulignant que cette polarisation nuit à l’épanouissement des garçons.

Un souhait pour l’avenir

En conclusion, Myriam Daguzan Bernier souhaite que l’on permette aux jeunes garçons d’explorer « tout le spectre des émotions qui est possible pour les êtres humains ». En les enfermant dans une boîte restreinte, on les prive de leur vulnérabilité et de leur authenticité. Son message est clair : la pluralité des masculinités n’est pas une menace, mais un bénéfice pour toute la société.

Et si, pour une fois, on laissait les hommes être simplement humains, loin des camisoles de force de la performance virile ?

Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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