Balado URBANIA
Saison 03 - Ép. 09
Faire des enfants pour avoir l’air riche, en couple avec 50 ans d’écart et le booktok avec Nic Marna
Avoir des enfants, c’est rendu chic
Florence commence à magasiner ton donneur de sperme parce qu’une nouvelle affaire qui est à la mode, sache-le, c’est être enceinte.
Les gens ont de moins en moins d’enfants. Au Canada, en 2023, on comptait 1,26 enfants par femme, et en 2024, 1,25. Ça descend! Pour comparer, dans les années 1960, c’était 3,8 enfants par femme.
Tranquillement, avoir des enfants devient donc une décision qu’on ne prend pas à la légère, voire un luxe. Bref, avoir des enfants, c’est avoir l’air riche et vivre dans l’abondance de ressources sociales, financières et matérielles.
Et ça, des marques de luxe l’ont compris. En 2024, Louis Vuitton a fait une campagne printemps/été avec Rihanna super enceinte et Victoria Secret a fait défiler une mannequin enceinte pas plus tard que cet automne à son dernier défilé.
Parallèlement à ça, le marché de la mode « children’s wear » de luxe est en pleine expansion. On maintenant droit à Gucci Kids ou Dolce & Gabbana Mini, ou, à plus petite échelle, à des marques comme Bobo Choses ou Mini Rodini, qui sont le comble du cool pour les parents, mais qui coûtent quand même près de 100$/morceau.
Tout ça c’est tant mieux, parce que pendant longtemps, la femme enceinte n’était pas synonyme de glam, mais on peut se demander si le hype de la femme enceinte profite réellement aux femmes.
Y’a deux critiques principales à cette esthétisation de la femme enceinte et c’est d’abord et évidemment qu’on présente souvent des grossesses « idéales » : femme jeune, mince (hormis le ventre), maquillage impeccable, vie facile. Or la réalité est beaucoup plus complexe, avec des symptômes comme : nausées, fatigue, grossesse à haut risque, changements corporels, récupération postpartum.
L’autre, c’est qu’avec la montée de la droite et des valeurs conservatrices dans plusieurs pays, surtout aux États-Unis, combiné avec le recul du droit à l’avortement là-bas, la célébration de la grossesse devient une genre d’idéalisation du rôle traditionnel des femmes, comme si on les félicitait de remplir leur devoir conjugal et sociétal de repeupler nos pays qui se vident.

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