Balado URBANIA
Saison 04 - Ép. 11
Comment briser la culture toxique au hockey?
Le dark side de notre sport national.
« On veut comprendre aussi la racine de cette culture-là qui est toxique. Ça va au-delà des joueurs. » C’est par ces mots que Stéphanie Loubert, réalisatrice pour URBANIA, résume l’essence du Micromag en lien avec le documentaire Code of Misconduct.
Dans ce nouvel épisode du balado, animé par Gabrielle Tremblay-Baillargeon, elle plonge dans les coulisses d’un sujet brûlant : la culture de violence et de silence qui gangrène le hockey mineur et junior au Canada.
Le point de départ de cette réflexion : le 24 juillet 2025, cinq anciens joueurs d’Équipe Canada Junior ont été acquittés d’agression sexuelle pour des événements survenus en 2018. Ce procès est au cœur du documentaire Code of Misconduct (disponible sur Prime Video), qui a inspiré le reportage d’URBANIA.
Une table ronde pour libérer la parole
Pour aller au-delà du faits divers, Stéphanie Loubert a choisi de réunir trois voix fortes autour d’une table ronde. On y retrouve Catherine Laroche, cofondatrice d’Égaux sans égo — une entreprise dédiée à la gestion des émotions chez les jeunes joueurs — ainsi que Joey Sansoni et Samuel Tétreault, deux anciens joueurs ayant évolué au niveau junior majeur.
Catherine Laroche, elle-même victime d’agression sexuelle de la part d’un joueur de hockey par le passé, explique sa démarche avec Égaux sans égo :
« C’est comme un safe space pour eux, pour apprendre à mieux gérer les émotions, pouvoir leur donner la parole. Ils vivent beaucoup de pression dans ce milieu-là. »
Des rites d’initiation dégradants
L’un des segments les plus troublants du balado concerne le harcèlement et les initiations entre joueurs. On y évoque le « Dick Beer », un rituel où les joueurs font des push-ups au-dessus d’un verre de bière jusqu’à ce que leur sexe y trempe, le perdant devant boire le mélange. D’autres témoignages mentionnent des joueurs forcés de manger des céréales dans les fesses d’un coéquipier.
Comme le souligne Samuel Tétreault : « Le jeune qui arrive, il essaie juste de se faire aimer. Tu vas être prêt à faire des affaires [même avec lesquelles| tu n’es pas nécessairement en accord. » Cette pression du groupe, couplée à l’éloignement familial dès l’adolescence, crée un terrain fertile pour des comportements déviants.
Le système de protection du « talent »
Au-delà des joueurs, c’est tout un système qui est montré du doigt. La découverte d’un fonds secret chez Hockey Canada, destiné à payer des poursuites pour agression sexuelle, a agi comme une onde de choc. « On a un système vraiment intense qui les protège. C’est comme un domaine pratiquement intouchable », explique Stéphanie Loubert.
L’épisode souligne également la difficulté de recruter des joueurs actifs ou de la LNH pour parler de ces enjeux. La peur du rejet et de « se mouiller » reste omniprésente, confirmant que le tabou est loin d’être levé.
L’après-hockey : une quête d’identité
Le balado se conclut sur une réflexion concernant la fin de carrière de ces jeunes athlètes. Pour plusieurs, le hockey est leur seule identité depuis l’enfance. Lorsqu’ils quittent la glace à 20 ou 23 ans, ils doivent tout réapprendre. « Faut que t’apprennes à te connaître en tant que personne… qu’est-ce que t’aimes, qu’est-ce que tu veux faire dans la vie », expliquent les ex-joueurs.
En mettant en lumière ces zones d’ombre, URBANIA espère inspirer d’autres joueurs à briser le silence et à trouver des espaces sécuritaires pour évoluer, loin de la masculinité toxique et des secrets de vestiaire.
Le documentaire Code of Misconduct est disponible sur Prime Video. Le Micromag complet est à voir ici.
Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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