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Les entrevues d’Hugo Meunier
Saison 02 - Ép. 17

Ariane Brunet: GenZ VS médias traditionnels?

Le fossé culturel n'est pas une fatalité

Pour Ariane, le problème n’est pas l’absence de culture, mais plutôt l’aveuglement des institutions face à la manière dont elle est consommée aujourd’hui. « C’est pas qu’il n’y a pas de culture en ce moment, c’est que vous ne vous intéressez pas à la manière dont on fait de la culture », lance-t-elle, soulignant que cette vitalité existe, mais en dehors des cadres institutionnels classiques.

Trois Québec qui coexistent

Ce troisième Québec, bien que massivement suivi — Ariane mentionne des vidéos de créateurs comme Kinj00i qui atteignent des millions de vues — reste largement invisible pour les décideurs culturels. Elle déplore un certain snobisme envers cette nouvelle garde : « On m’a shamé de ne pas connaître Olivier Guimond… Où est-ce que j’aurais pu le connaître ? » demande-t-elle, pointant du doigt le manque de transmission et d’adaptation des diffuseurs.

Le délaissement des diffuseurs

Ariane Brunet ne mâche pas ses mots : elle a l’impression que les diffuseurs traditionnels ont, d’une certaine manière, jeté l’éponge auprès des jeunes. Elle note la disparition de chaînes spécialisées comme VRAK.TV et le manque flagrant de contenu jeunesse sur les grandes ondes. « Il y a une manière de faire la culture que des fois on échappe… C’est notre travail collectif de les rattraper », affirme-t-elle.

Elle refuse cependant l’étiquette de « combattante » contre les institutions, préférant parler d’un travail d’équipe nécessaire. Pour elle, intégrer des jeunes dans des émissions traditionnelles ne doit pas être une simple stratégie marketing ou de l’instrumentalisation. L’authenticité doit primer sur le décorum : « Il faut que ça soit réfléchi pour que ça puisse être écouté par les gens de ma génération ».

Accepter d’être « loser » pour réussir

Malgré les obstacles et la difficulté pour sa génération de se projeter dans l’avenir — entre la crise du logement et l’intelligence artificielle — Ariane reste ambitieuse. Son conseil pour les jeunes qui veulent percer dans ce milieu ? L’audace et l’acceptation de l’échec. « Accepte d’être super loser… C’est long le bout où t’es loser avant d’être cool ».

Dans dix ans, Ariane Brunet espère faire rayonner son humour et sa vision partout dans la francophonie. Elle incarne cette génération qui, tout en respectant ses racines (elle cite son amour pour Daniel Bélanger ou les CD des Cranberries de sa mère), exige une place à table pour définir le Québec de demain.

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