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Balado URBANIA
Saison 04 - Ép. 09

Apprendre à vivre avec le feu: reportage à Pukatawagan

« Est-ce que vous êtes le gouvernement ? ». C’est la première question que les habitants de Pukatawagan ont posée à Clément Hamelin lorsqu’il a débarqué dans cette communauté crie isolée du nord du Manitoba. Une fois l’identité de journaliste indépendant établie, les barrières sont tombées, laissant place à un récit poignant sur la résilience face aux changements climatiques.

Dans ce nouvel épisode du balado URBANIA, Florence La Rochelle reçoit Clément pour discuter des coulisses de son reportage sur les conséquences des feux de forêt pour la communauté de Pukatawagan. Loin des bilans de superficie brûlée et de la qualité de l’air en ville, il est allé à la rencontre du visage humain de la catastrophe.

Une logistique de l’extrême

Se rendre à Pukatawagan n’est pas une mince affaire. Située à plus de 800 km de Winnipeg, la communauté n’est pas accessible par la route, sauf durant une courte fenêtre hivernale via les « winter roads ». Pour Clément, le périple a commencé par 14 heures de train jusqu’à la ville de Le Pas (The Pas), suivies d’une rencontre providentielle avec Father Dana, un prêtre local devenu leur fixeur improvisé.

Le trajet final s’est fait dans un contexte solennel : un convoi funéraire. « C’était spécial. On nous a donné accès à ce pan de leur vie, les traditions, ramener le corps à sa communauté d’origine à travers les terres ». Sur place, pas d’hôtel : Clément et son réalisateur ont été logés dans des conteneurs de chantier, partageant leur quotidien avec des travailleurs de la construction et des employés de Statistique Canada.

Le feu, entre destruction et renaissance

L’été dernier, le Canada a connu l’une de ses pires saisons de feux de forêt. À Pukatawagan, l’impact a été brutal, forçant l’évacuation de la communauté pendant quatre mois. Pourtant, la perspective des habitants sur le feu diffère radicalement de la nôtre.

Keith, l’un des intervenants du reportage, exprime cette vision avec une sérénité désarmante.

« Ta cour arrière brûle. Est-ce que tu vas quitter ta cour ou tu vas te dire : “Ben, de nouveaux arbres vont pousser et ça va redevenir beau”? C’est ce que je vois ici. C’est juste la Terre Mère qui se régénère ».

Cette régénération apporte même une note d’espoir paradoxal : la promesse d’une saison de bleuets exceptionnelle, le feu nettoyant le sol et favorisant la repousse de ces petits fruits essentiels à l’alimentation locale.

Les chiens fantômes de l’évacuation

Un enjeu inattendu a marqué le séjour de Clément : les chiens. Durant les mois d’évacuation, les quelque 400 à 500 chiens de la communauté sont retournés à l’état sauvage. « Leur instinct est devenu la survie ».

À leur retour, les habitants ont dû composer avec une meute agressive et imprévisible. Le conseil donné aux journalistes ? Toujours marcher avec un bâton pour faire croire aux chiens qu’ils portent un fusil.

Prendre le « Indian Time »

Le succès de ce reportage repose sur un choix crucial : celui de prendre son temps. Clément a passé 10 jours sur place, respectant ce qu’on appelle là-bas le « Indian Time ». « Chaque chose en son temps. Sii on donnait rendez-vous à une heure, c’était pas vraiment à une heure ».

Ce séjour prolongé a permis de dépasser le simple constat de la catastrophe pour filmer la vie qui continue : des compétitions de pêche où l’on gagne un VUS, des courses sur neige pour les enfants, et une résilience qui ne demande pas de pitié, mais de l’écoute.

Ce résumé a été rédigé en partie avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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