Yso, styliste

Yso est styliste pour les créations de Denis Gagnon. C’est lui qui a encouragé Denis à lancer sa première collection. À la fois passionnés et déterminés, les deux hommes entretiennent une relation professionnelle pour le moins… mouvementée. Tantôt ils forment un duo du tonnerre, tantôt ils s’arrachent les cheveux sur la tête. Mais au-delà des prises de becs, ce que l’histoire retiendra, c’est le remarquable fruit de leur collaboration.

Comment a débuté l’histoire professionnelle entre Denis et toi ?
Il y a 10 ans, on a travaillé ensemble sur des costumes pour un spectacle de travelos. Après, je l’ai revu dans un défilé de Dubuc à l’ancienne Fonderie Darling et, comme je commençais à produire ma ligne, je l’ai engagé pour qu’il travaille avec moi.  Par la suite, c’est lui qui m’a embauché comme styliste.

Pourquoi l’avez-vous incité à créer sa propre ligne ? Gut feeling ou volonté divine ?
Alors que Denis m’aidait à travailler sur ma ligne pour femme, je sentais sa frustration de ne pas créer les pièces lui-même. Toutes les idées créatives  qu’il avait toujours refoulées étaient maintenant sur le point d’exploser. Je l’ai donc poussé à se lancer dans la création, en lui disant qu’il ne pouvait pas échapper à sa nature profonde et qu’il devait aller au bout de cette pulsion à l’intérieur de lui. Pour être honnête, j’avais aussi le goût qu’il me foute la paix !

Votre relation n’est pas toujours empreinte d’allégresse, n’est-ce pas ?
Disons qu’on a tous les deux des personnalités très fortes et très différentes. Lorsqu’on travaille ensemble, c’est intense et émotif. On est orgueilleux et on remet souvent tout en question. À l’extérieur du travail, c’est autre chose. Il a beaucoup d’amis et la plupart du temps, j’attends qu’il m’appelle au lieu de l’appeler. J’aime qu’il attendait d’avoir vraiment envie de me voir et qu’il ressente un certain manque. De cette manière-là, je sais que je ne suis pas juste une décoration pour lui. On est comme un vieux couple ; malgré nos différends, on essaie de s’accorder pour faire une bonne job.

Comment on se sent, quand on est une des influences de Gagnon ?

Oh ! Il a dit ça ? Je trouve ça flatteur. C’est intéressant d’avoir une influence dans le travail de Denis et de sentir qu’il me fait confiance. Il sait que j’ai du goût, un bon feeling et que je visualise bien les choses. Essayer ses vêtements est amusant, mais je le fais seulement parce qu’il a besoin de les voir sur une silhouette mince et il n’y a personne d’autre de ce gabarit dans l’atelier.

En quoi est-ce stimulant de travailler sur le stylisme de la collection de Denis Gagnon?

J’aime le côté brut et raw edge de son travail. J’apprécie toute la liberté qu’il me donne durant le processus. On s’alimente l’un l’autre de concepts et on décide ensemble de la direction que prend la création, même si c’est lui qui tranche à la fin. J’aime lui donner des idées puis voir comment il les interprète.

Les créations de Gagnon sont-elles une fidèle représentation de sa personne ?

Oui, il est vraiment spontané et à fleur de peau, et c’est ce que ses vêtements expriment. J’essaie d’ailleurs d’adoucir son travail pour que les gens puissent mieux le comprendre. Ses créations sont très brutes et théâtrales et il faut souvent adoucir, filtrer et les polir. On se complète en ce sens.

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