Yannick Golay : le design, des Alpes au Mont-Royal

Vanessa Duval est directrice artistique, designer et rédactrice. Elle a fondé le Studio Couleur Vive il y a quelques années et quand elle nous a proposé de nous faire découvrir, à travers un petit questionnaire, des créatrices et des créateurs qu’elle aime et dont elle admire le travail, on a dit : « ben oui, c’est sûr! Quand est-ce qu’on commence? » Cette semaine, c’est Yannick Golay quelle a passé au crible, un designer aussi habile en décoration qu’en design d’avions.

Né à Lausanne, Yannick Golay grandit dans les Alpes vaudoises et passe le plus clair de ses temps libres à dessiner ou à dévaler les pistes de ski. Très tôt, la création s’impose comme une seconde nature chez lui, ce qui l’amènera à travailler comme décorateur à Lausanne et Genève, avant d’entamer une formation artistique classique.

À 20 ans, il quitte sa Suisse natale pour s’installer au Québec. Une recherche Google «Montréal» + «design» + «Université» plus tard, le voilà inscrit à l’Université de Montréal, en design (true story). Après des études où il se distingue considérablement, il évoluera comme motion designer et s’impliquera dans le regroupement de designers de meubles Coop Établi.

Et au moment d’écrire ces lignes? Il est designer industriel en transport chez Brio.

Comment décris-tu ton travail à ta mère?

[Après une hésitation] Je ne sais pas si je lui ai déjà dit ce que je faisais exactement haha! Ma mère croit beaucoup en mes capacités créatives mais ne se soucie pas vraiment de la façon dont je l’actualise dans le détail. Lorsque je lui en parle, j’essaye de lui montrer que mon métier c’est de créer tout, de la brosse à dents à l’avion.

Comment as-tu su que tu voulais devenir designer?

Plus jeune, dans le bureau où j’étais décorateur, on créait des enseignes lumineuses pour des magasins. C’était proche du design industriel, mais tellement plus artisanal! Les limites du métier de décorateur m’ont vite motivées à repousser mes propres limites créatives et à devenir designer.

Par-dessus tout, la compagnie où je travaillais à Lausanne était voisine des Ateliers du Nord, un bureau de design très reconnu de la région. Ils sont les designers, entres autres, des machines Nespresso. C’était très inspirant pour le jeune artiste que j’étais.

Quels projets, créés par toi et/ ou le bureau où tu travailles, pouvons-nous voir dans la ville?

Le projet le plus visible sur lequel je travaille chez Brio est sans contredit le design d’autobus-voyageurs de marque Prévost. On peut les voir à travers le province. Aussi, on planche sur un projet assez révolutionnaire, en collaboration avec plusieurs compagnies québécoises, afin de créer un avion à décollage vertical 100% électrique (Google that people) appelé E-VTOL (Electric Vertical Take-Off and Landing) pour Unither Biotechnology. Celles-ci serviront à la livraison d’organes pour les transplantations. (C’est pas de la p’tite bière!)

 

Un bonheur simple que tu vis au quotidien?

Cuisiner. Parce que je suis un faiseur dans la vie. Et la cuisine me permet de fabriquer quelque chose, pour les autres, chaque jour.

Les gens se rapprochent autour d’une table, et la cuisine est l’art des choses bien faites.

J’aime Montréal parce que…?

J’ai vécu en Suisse là où la ville est belle, mais les gens sont froids, ici la ville est froide (et pas nécessairement belle), mais les gens sont beaux. Les Montréalais sont chaleureux, la beauté de Montréal est d’y vivre et d’interagir avec son monde.

Une phrase, une personne ou un fait qui t’a marqué personnellement ou artistiquement? Pourquoi?

Le réalisateur Alan Alda: « Art requires rigor, science requires creativity »

Ça évoque pour moi l’importance des opposés et de la complémentarité dans la vie. C’est aussi valable dans le design et la création: le mélange d’expertises et de connaissances ainsi que les divergences de points de vue sont vitales au développement des idées.

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