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We Are Wolves dévoile leur EP ensoleillé

Les loups dans la main de Dieu.

Par
Jean-Philippe Tremblay
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Plus aigüe, plus intense, définitif. C’est le refrain scandé dans la pièce éponyme du EP que présente aujourd’hui le trio montréalais We Are Wolves. On serait tentés d’ajouter « décomplexés ». On a rencontré Alex Ortiz et Vincent Lévesque, les cerveaux derrière cette nouvelle proposition.

C’est peu connu, mais We Are Wolves, héros locaux du post-punk saccadé et des explosions live, ont une carrière chez nos voisins du sud maintenant. Pas le pays de Trump, là; le Sud pour vrai.

L’intérêt mutuel est né il y a maintenant trois ans après une série de showcases organisés au Chili et au Brésil qui a mené à la rencontre d’une agente sud-américaine qui après avoir vu le groupe en concert s’est dévouée à le faire tourner un peu partout au Mexique, au Chili, en Colombie et en Équateur. Le groupe vit depuis une succession d’allers-retours non-stop entre le Québec et le sud de l’Amérique, son horaire de la semaine incluant de plus en plus souvent Quito et Jonquière…

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« La musique qu’on fait, depuis quand même un bout maintenant, est bien définie et naturelle pour nous. Le drummer debout, la guitare et les synthés, l’électronique distorsionnée… Par contre, eux découvrent ce son juste maintenant! C’est un peu comme si on avait une chance de redevenir la nouveauté qu’on a déjà été à Montréal, mais cette fois avec plusieurs années de pratique dans le delivery », explique Vincent. « Ils connaissent et aiment l’énergie, mais les références sont très différentes; on nous compare à Muse ou Deep Purple, le classique rock c’est encore très in, c’est quand même comique. »

C’est de cette expérience aussi déstabilisante que nourrissante qu’est né le EP La main de Dieu, qui parait aujourd’hui chez Simone Records. On y retrouve un band décomplexé qui s’aventure à donner un caractère unique à chaque pièce, à élargir le surprenant espace aussi mélodique qu’agressif qu’il s’est créé, et même à composer en espagnol et en français alors qu’il n’avait réalisé que trois pièces dans la langue de Molière en presque vingt ans de carrière. « C’est beaucoup le fait de tourner en Amérique du Sud qui m’a allumé sur l’idée d’écrire en espagnol. C’est un challenge pour moi… c’est drôle parce qu’au fond c’est ma langue maternelle, mais justement. C’est une langue que j’ai toujours utilisée, mais juste dans ma famille. Le français c’est un peu la même chose. Ça existe dans un contexte précis qui n’est pas la musique que je crée. On dirait que passer du temps dans des pays hispanophones a rallumé quelque chose, a fait tomber un mur », explique Alex Ortiz.

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C’est en tous cas tout un évènement de retrouver les loups, qui en ont fait du chemin depuis les partys d’apparts enfumés et louches du début des années 2000, en très grande forme et armés d’une énergie renouvelée. Explorant de nouveaux horizons, les cinq pièces qu’ils nous présentent ici sont autant d’univers uniques peuplés d’images fortes et de rythmes décapants.