Visite de la Mission Old Brewery : l’itinérance au féminin en hiver
Vous n’avez pas la berlue. Il y a de plus en plus d’itinérance à Montréal (et partout au Québec). Pourquoi? Qui se retrouve à la rue comme ça? Comment ça se passe dans les ressources? On est allés faire un tour au pavillon Patricia Mackenzie de la Mission Old Brewery pour en parler avec des personnes en situation d’itinérance et du personnel de première ligne.
Au cœur de l’hiver montréalais, quand les trottoirs se transforment en patinoires et que le froid mordant devient un ennemi, certaines femmes n’ont nulle part où aller. La Mission Old Brewery, un refuge bien connu dans le paysage montréalais, devient alors bien plus qu’un toit : un lieu de survie et de répit.
Un système d’accueil, mais des places limitées
À leur arrivée, les femmes itinérantes doivent accepter un certain cadre. « On a un code de vie », explique une intervenante. « Si quelqu’un n’occupe pas son lit, une autre en a probablement besoin. » Dans un contexte où les demandes explosent, chaque espace compte.
Le profil des femmes qui arrivent ici est varié. Certaines sont des « chroniques » de la rue, d’autres viennent de perdre leur logement, victimes de la hausse insoutenable des loyers. Entre celles qui passent entre les mailles du système et les nouvelles arrivées en ville sans réseau, le refuge devient leur premier point de contact.
Les parcours chaotiques des femmes accueillies
Un témoignage bouleversant met en lumière l’ampleur du problème. Une résidente raconte : « J’étais dehors depuis décembre. J’ai essayé des centres de crise, des gîtes, même chez un ami. Ça n’a pas marché. » Souffrant de douleurs neuropathiques chroniques et d’une condition intersexe, elle a dû affronter l’isolement familial et la méconnaissance.
Ici, elle trouve non seulement un lit, mais aussi une oreille attentive. « Les intervenantes aident à se stabiliser, mettre à jour les dossiers administratifs. Petit à petit, je sors de l’état de survie. » Cette stabilisation est cruciale pour éviter que les femmes ne retombent dans l’itinérance.
Un lieu de transition
Malgré les ressources limitées, les intervenants travaillent fort pour offrir des activités et des solutions à long terme. Une résidente évoque son désir de participer à des ateliers de danse ou de chant. « Il y a le comité social, pour 5 $, ou le Café du milieu, où tu peux faire des dessins, des peintures. » Ces initiatives, bien que modestes, offrent un peu de lumière dans des quotidiens souvent assombris par la précarité.
Mais le chemin reste ardu. Le manque de logements abordables prolonge les séjours au refuge. « Les dames attendent un logement, donc on fait plus de refus à l’accueil », déplore une intervenante.
Un pas vers la résilience
Malgré tout, l’espoir perce. « J’ai cette petite oasis, la Mission Old Brewery. Je suis au cégep en sciences humaines, en psychologie. Ça m’aide à mieux comprendre les gens et m’intégrer. » Cette résidente, qui se dit neurodivergente, résume bien la philosophie de la Mission : offrir un tremplin, pas seulement un abri.
Pour ces femmes, la Mission est bien plus qu’un refuge. C’est un lieu où elles reconstruisent lentement un réseau, une dignité, et, pour certaines, une nouvelle vie.
L’hiver est encore long, mais à la Mission Old Brewery, on n’oublie pas d’être « awesome ». Et ça, ça fait toute la différence.
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